‹ Le chant populaire dans nos églises [microforme]Chapitre 5 sur 22 · CARTON COUVERT DE REFRAINS · texte numérisé non relu

CARTON COUVERT DE REFRAINS

Ce carton est la clef matériclle du succès.

Il importe que le peuple, dès l’origine de la mise en pratique du chant populaire, ait constamment sous les veux et apprenne tout de suite correctement le texte de chaque refrain.

Trois de ces cartons, ainsi couverts de refrains, demeurent suspendus dans chaque banc. On peut s'adresser à nous pour se le procurer: il coûte la bagatelle de deux centins la pièce.

J'ai déposé ce carton dans nos écoles, et les paroissiens ont tous tenu à s’en procurer pour les PRATIQUER à la maison, dans les veillées, | etc. |

Pour les premiers exercices, nous avons volé une couple de vêpres au bon Dieu. Nous avons fait comme le laboureur qui, à l'époque des semailles, se résigne à perdre quelques grains pour regagner des milliers et des millions d'épis.

Pour vainere la timidité, à redouter surtout. au début, il faut, dans les premiers exercices, masser le peuple: c’est le meilleur moyen de briser la glace et de faire disparaître une gêne de mauvais aloi, naturelle aux foules.

Il convient de procéder lentement, de faire apprendre les airs à petites doses: on prend d'abord un refrain, on le chante seul soi-même, ou on le fait chanter, plusieurs fois de suite, par une voix juste, et bien correctement. Car une fois le faux pli donné à un air par le peuple—un fameux fer à repasser !—on peut dire que le faux pli est pour toujours.

La masse est lente à s'ébranler. A cause de cela, le chœur du sanctuaire et celui de l'orgue doivent ne pas partir trop brusquement. Ces deux chœurs sont comme les bateaux remorqueurs appelés à traîner la cage : s'ils partent trop vite, l’'amarre casse, et la nef reste échouée.

Le peuple, à St-Edouard, chante toujours .

debout, excepté au Parce Domine. Le signal .

convenu, un double signal au moyen d'un livre de bois, est donné du Sanctuaire par le maître des cérémonies. Le peuple se rassied sur un simple signal ordinaire.

Détail d'un grand secours: enseigner correctement l'air du cantique aux institutrices réunies, Nos institutrices ont l’ordre de faire chanter à l'issue de la prière qui précède et suit la classe, un ou deux refrains de cantique, et de corriger rigoureusement au fur et à mesure chaque faute qui s’y commet soit au point de vue de la prononciation, soit au point de vue de l'air ou du rythme.

Lez enfants, naturellement, fredonnent ensuite ces refrains à la maison, et les mûrissent insensiblement dans l'oreille des parents. Par 1à, ils deviennent eux-mêmes autant de petits professeurs.

Aux examens publics, les cantiques font partie du programme.

Quand donner au peuple ces exercices de chant ?

À la suite des vêpres, —à la suite des prières du carême,—ou encore à l'issue de la grand'messe le dimanche, en ayant soin ce jour-là d’abréger un peu l'instruction.

Du reste, il suffit de quelques exercices, et le peuple apprend très vite le refrain d’un cantique.

On peut aussi faire chanter, plusieurs dimanches de suite, par le chœur de l’orgue, le <antique nouveau que l’on veut apprendre au peuple.

Dans le chant comme en toute chose, on n'arrive à rien sans travail. |

Une fois le chant populaire établi, il suffira, de temps à autre, d’un mot d'encouragement, Le plus beau feu finit par languir, par s’éteindre tout à fait, si l’on néglige de souftier dessus, de remuer la braise, d’y jeter quelques tagots.

Le démon connaît la puissance du chant sur les masses. Aussi, comme il exploite avec fureur cette mystérieuse puissance! La Révolution a opéré des prodiges avec un hymne populaire. La ‘“ Marseillaise” fait encore chanceler les trônes après avoir gorgé ce sang la monstrueuse guillotine, Serons-nous moins zélés pour les chants de Dieu, qu'on ne l'est pour les chants de l’enfer ?

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