AVANTAGES SECONDAIRES
Le chant populaire rehausse la pompe des cérémonies, fait connaître et surgir une foule de belles voix qui s'ignorent. La nef devient comme une grande pépinière où l’on recrute ensuite facilement les chantres dont on a besoin pour former des chœurs au sanctuaire et à l'orgue.
Le chant populaire, en donnant au peuple le goût du beau, devient un excellent agent de civilisation.
Le chant populaire entretient forcément chez les jeunes gens l'habitude de la lecture, les empêche d'oublier le peu qu'ils en ont appris à l’école, et donne le coup de grâce à toutes ces chansons vulgaires, niaises, trop souvent sales ou obscènes, qui courent nos campagnes.
À St-Edouard, au champ, sur les chemins le soir, même dans les veillées, vous n’entendez plus fredonner qué nos superbes chants d'église. |
Ce n'est pas tout. Le chant comme toute chose ici-bas, porte avec lui l'instinct du progrès, C'est ainsi qu'il y a deux ans, vingthuit de nos jeunes gens se sont mis en tête d'étudier la musique vocale. [ls ont généreusement, à prix d'argent, suivi les leçons que venait leur donner l’ organiste de Lotbinière ; aujourd'hui, plusieurs d’entre eux sont en état de déchiffrer la musique de beaux cantiques en parties, quelques chef-d'œuvre profanes de bon goût, avec lesquels ils s'amusent et défraient leurs récréations. Il n’y a pas jusqu'aux enfants qui ne se soient ressentis de cet élan. L'hiver, chaque dimanche entre messe et vêpres, le curé ou l’un des chantres, donne une leçon de plaiu-chant aux clercs réunis, ainsi qu'aux Jeunes filles du chœur de l'orgue. On a soin de peupler le sanctuaire exclusivement avec des enfants doués d’une belle voix. À l'heure qu'il est, nous avons ici des clercs de sept à huit ans aui solfient à première vue. Autant de fruits du chant populaire, qui a encore le secret de détourner remarquablement les jeunes gens de la manie de voyager, en rendant ie fort le lien naturel qui les attache au clocher natal.
Le chant populaire, en usage autrefois chez les Hébreux, Er tard dans la primitive Eglise, aujourd'hui à Paris, en Italie, en Allemagne, éclate spontanément encore dans toutes les grandes manifestations catholiques, par exemple dans les pèlerinages de la Salette,
de Notre-Dame-de-Lourdes, de Ste-Anne de Beaupré au Canada.
Nous n'avons tenté de l’introduire ici à St- Edouard, qu'avec les encouragements de Sa Grandeur Mgr l’Archevêque de Québec.
À l'heure qu’il est, nous apprenons que plusicurs évêques, Mer de Cléveland, aux-Etats- Unis, Mgr Laflèche au Canada, ete.font un effort pour ressusciter cette magnifique coutume des premiers siècles de l'Eglise,
Qu'on n'oublie pas ceci : St-Edouard de Lotbinière, qui a essayé le chant populaire avec un très beau succès n’est qu'une jeune petite paroisse et n’a eu pour professeur de chant qu'un amateur très pauvrement doué: à quel résultat merveilleux l’on arriverait, dans nos grandes paroisses de ville, dans nos vieilles et populeuses paroisses de campagne! Donc, vive le Chant Populaire! À l’œuvre tout le monde! Et Dieu nous bénira !
Le chant,—mais c'est la moitié du culte extérieur! Donc, à l’œuvre toutes les paroisses! Dans les villes d’abord, que l’on donne l'exemple: c’est aux églises de ville à mettre la chose à la mode. Leur exemple, si souvent contagieux pour le mal, l’est également pour le bien, et si les plus belles paroisses donnent le-branle, tout le Canada fera bientôt monter vers le ciel comme un immense concert de louanges et d’adoration,
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