VOYELLES ET CONSONNES
D'autres timbres que celui de Va appellent votre attention. Hàtez-vous d'étudier les voyelles.
Prenez-les d'abord séparément :
Allegretto (J = 9fi)
Du Ion I T Ml ti'fi Ml !>
Sur ces neuvièmes, attaquez successivement vos voyelles : a, à, e, eu, é, è, i, o, ô, u, ou; puis les nasales : an, in, on, un.
(Vous savez que, au-dessus du fa supérieur, il est impossible d'articuler nettement une nasale.)
Liez, maintenant, vos voyelles sur toutes les notes de la gamme :
N" Il
a a e eu e e
ou ou
a a e eu e e
10 ou
etc.
(De ut" à fa' pour les hommes — de ut' à fa' pour les femmes.)
Ces différents timbres doivent avoir la même identité, appartenir au même individu. N'en laissez échapper aucun de nasonnant ou de guttural.
Chez certains sujets, i, u, e sont plus faibles que les autres timbres. Dans ce cas, l'ordre adopté ci-dessus sera observé. Pour le cas inverse, il vaut mieux choisir l'ordre suivant : i, u, é, eu, o, a, etc., qui peut être lui-même renversé, car il importe d'articuler d'abord les voyelles sonores, afin de faire bénéficier les autres de leur voisinage.
On se rappelle que l'i et l'e rapprochent les cordes et soulèvent le voile du palais. Le travail de ces deux voyelles timbre donc la voix et lui donne ime bonne résonance.
L'a est la voyelle la plus sonore. Un i, par exemple, ne s'articule qu'avec une occlusion de la langue remontée assez près des lèvres, tandis que dans Va tout est ouvert (revoir le tableau au chapitre des voyelles).
Afin d'égaliser, autant que possible, les diflerenles sonorités. 1'/ trouvera dans le timbre une compensation qui lui est nécessaire pour s'homogénéiser avec l'éclat de 1'^.
Souvent, l'élève, (;royant en augmenter le volume, tourne Vi vers Ve'. Cirav^ erreur qui obscurcit la prononciation, dénature la formation verbale
et compromet la justesse. Lorsque l'j paraît trop aigrelet, il faut penser un peu à Vu et l'attitude nouvelle adoucit la sonorité.
Nous n'avons donné ici que les principales voyelles, les principaux timbres, dont le nombre réel est plus grand (on peut les varier et les nuancer à l'infini). Chaque voyelle résulte d'une position spéciale, dune attitude qui lui est particulièrement appropriée.
L'élève apprendra à chanter chaque note avec toutes les voyelles et toutes les nuances. Il sera maître, alors, du fonctionnement de la cavité buccopharyngienne et connaîtra les attitudes pro{)res aux différents timbres, ce qui constitue l'une des parties les plus essentielles de l'art du chant.
.\pp!ique/. votre travail de voyelles et de consonnes en formant des mots. La consonne sera un moyen naturel d'attacpie de la voyelle. Elle lui donnera sa force — tel un coup de marteau — et aussi sa couleur spontanée. Nous l'avons dit : la consonne est le coup de marteau et le coup de pinceau. Ce travail remplacera avantageusement les mélodies sans paroles que l'on appelle « vocalises » : exercices sur une seule voyelle, où la gorge ne tarde pas à se contracter, où sont accumulés tous les « agréments » de l'art vocal, toutes les prétendues difficultés, aussi tous les heurts, toutes les duretés. Alors, on s'habitue à chanter sans aucun sentiment ou avec un sentiment faux. Adoptez de préférence des membres de phrases présentant des difficultés à vaincre et où l'élève pourra travailler l'articulation et former son goût.
Voici un fragment choisi à dessein parmi les airs populaires. L'élève mettra du goût dans une simple chanson, même si elle lui est présentée comme un travail. (A chanter en dilférenls tons.)
Andant ino
Al CLAIR DE LA JJJytC
y VI
Au clair de la lu . ne, Mon a . mi Pier . rot,
M^ i'i fi Ji I J ^
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Pré . te moi ta plu . me Pour é . crire un mot.
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