PORTRAIT DE FORÇAT A VIE
Oh! quel horrible front et quels regards haineux î Sous la chaîne de fer, serpent aux mille nœuds, N'est-ce pas là le crime incarné dans un homme? Il porte avec orgueil la chaîne qui le tord, Depuis qu'il a perdu l'honneur et le remord: C'est un galérien qu'on le nomme !
C'est la troisième fois qu'il vient vautrer ses jours Au bagne; et maintenant, hélas ! c'est pour toujours. L'enfer nous a vomi cette lave écarlate. Son front ne porte pas la ride des regrets : Et pourtant l'échafaud menaça de bien près Cette tète crépue ot plate.