SCÈNE VII
d'erigny.
Lieutenant au régiment de Poitou ; mais dès demain, je donne ma démission , afin de me consacrer tout entier au bonheur de mon ménage.
LOUISE
Il a du bon, ce jeune homme.
MARGUERITE
N'est-ce pas, ma cousine?
louise, à d'Erigny.
Mais où donc avez-vous vu Marguerite?
d'erigny.
A Château-Thierry, où j'étais occupé...
LOUISE
A Château-Thierry! lors de ma visite à mon ancien couvent ! sous mes yeux, sans que je m'en sois doutée !
MARGUERITE
Ma cousine...
louise, s'animant.
Et il t'a suivie jusqu'ici.
d'erigny.
C'était mon chemin.
Pour arriver jusqu'à elle, n'est-ce pas ? Et vous avez bravé, renversé tous les obstacles?
d'erigny.
Mon Dieu l non !... je n'ai rien renversé du tout.
LOUISE
Oh ï ne le niez pas , je le vois dans vos yeux. Vous êtes un téméraire, un audacieux jeune homme... Vous avez entraîné, subjugué cette pauvre enfant. d'erigny.
Elle m'a subjugé aussi.
LOUISE
Oh ! les hommes! les hommes ! Ils se ressemblent donc tous?
MARGUERITE
Nous n'avons rien, du moins, à reprocher à celui-ci, puisqu'il vient vous demander ma main, et attend, tout tremblant, votre réponse.
LOUISE
Nous en reparlerons.
MARGUERITE
Bientôt?
LOUISE
Un de ces jours.
marguerite , lui montrant le chapeau de Champagnac. Oh ! tout de suite, je vous en prie !
LOUISE
Demain... aujourd'hui même... si tu le désires.
d'erigny, à part.
Elle est un peu girouette, la cousine.
saget, entrant.
Mademoiselle est servie!
marguerite.
Oh ! ma bonne cousine... est-ce que vous ne l'invitez pas ?
louise, vivement.
J'allais te le proposer... (A d'Erigny.) Si monsieur voulait nous faire l'honneur de nous tenir compagnie... d'erigny, bas à Marguerite.
Je n'ose pas accepter.
MARGUERITE, O LoUîSe.
Monsieur accepte avec reconnaissance... il meurt de faim.
saget, à part.
Comment, mademoiselle va déjeuner avec le filou!