‹ Le chapelet de virginité. Précédé d'une introd de Louis VeuillotChapitre 3 sur 3 · I.E CHAPELET · texte numérisé non relu

I.E CHAPELET

Le tiers ordre des feulles, qui sont les plus petites et joignent à lajauneur de la rose, signifie l'amour que nous devons avoir à nous mesmes, le quel doit estre le plus petit quant à la chair. Car de cest amour n'avons point de commandement, pour ce que chascun y est assés enclin, comme dit sainct Pol : Nemo uniiuam carnem suam od'io hahuit ; Nulz ne haist oncques sa chair. L'amour que nous devons avoir à nostre chair doit estre joint à la jauneur : c'est à la mortification. Car nous la devons chastier comme l'an fait l'asne. affin qui ne regiebbe et qui voise legièrement a ses asnes. C'est assavoir, selon le Saige, à nostre corps nous devons trois choses : premièrement viandes modérées pour le soustenir, verge de discipline pour l'esmouvoir à bien l'aire, et le fardel de pénitence, qui ne regebhe contre l'esperit, qui ne soit trop dissolut après. Plusieurs au jourduy font le contraire, qui font du maistre le varlet ; c'est adiré qui font du corps le maistre, et de l'esperit le var-

DE VIlKilXITK. o9

lot , comme dit Jéréniio : Cursus corum dissimilis.

Sagement et pnulentemeut est la rose assise ou milieu du ehapellet. Car elle donne vigueur et fait resplendir toutes les aultres fleurs qui sont environ luy. Ainsi est de charité, (jui fait avoir vigueur et resplendissement à toutes les vertus ; et sans elle toutes les aultres ne proffitent pas pour estre sauvés. Ce tesmognc sainct Pol , qui dit que, s'il sçavoit parler toutes les langues du monde et des angelz, et qu'il sceust tous les secrés de Dieu, et qu'il eust le don de profécie et de toutes sciences et de toutes vertus ; et s'il bailloit son corps à martire et il n'avoit charité . cest amour à Dieu et à son prochain : que tout ne luy proffiteroit riens. Pour ce, ame dévote, se tu veulx que ton ehapellet soit bien fait et resi>londissant, estudie fort d'acquérir ceste lleurettc. Car, ce tu la veulx avoir, tu auras les aultres de légier, et acompliras toute la loy, comme dit sainct Pol : Qui ca-

ritatem habet, legem implevit; Qui a charité, il acomplit la loy.

Charité est vestement nupcial, sans lo quel nulz ne doit présumer d'aler aux nopces du Dieu d'amours. Car se aucun y est trouvé sans avoir se vestement, il sera liez piez et mains, et jette en la chartre tresobscure du puis d'enfer, dont Dieu nous veulle ffarder.

Sie la Itoblc Soussic

PRÈS la rose doit estre assise la noble soussie , qui signifie pacience , pour plusieurs propriétés qui sont-en elle.

Premièrement, elle a odeur vertueuse, tellement que nulles bestes venimeuses ne l'osent approcher, par espécial quant la Heur est ou soussier. Ainsi, nulles mauvaises susjestions ou temptacions de l'ennemy d'enfer, serpent venimeux, n'osent approucher la personne qui a ceste vertu de pacience. Car il scet bien que du tout il feroit son prouffit. Et promptement le diable ne quiert point que la personne prouffite pour luy.

La seconde est qu'elle a le goiist savoureux, et pour ce met on en aucunes viandes, pour leur donner appétit. Ainsi est il de la personne paciente. Tout ce que Dieu luy envoyé, soit tribulation corporelle ou spirituelle, luy semble bon, doulx, et savoureux ; car elle considère toujours en son exemple, c'est à la pacience que Nostre Seigneur eut en sa vie et en sa passion; et, par ainsi, tout luy est doulx et légier à porter. Et de ce dit sainct Grégoire : Si passio dhnna ad mémoriam reduceretur, nichil est quod non eqno animo tôlier etiir.

La tierce propriété est que son fruit est amou" reux : car elle a tel amour au soleil qu'elle l'en suit partout où il va, et soy encline envers luy, en espanissant la fleur quand il se liève, en signe d'amour et de joye qu'elle a de sa venue. Et pareillement, au soir, quand le souleil escousse, elle se clost et retraict ses feullettes dedens soy, en signe de tristesse, pour l'absence de son amy. Et pour

DE VIRGINITÉ. 'l:>

ce l'appelle t'oii en latin sohequium, fleur ensuyvant le soleil. Ainsi est il de la saincte personne paciente, que, quant le vray soleil de justice commence à jetter ses rais sur elle, c'est assavoir en luy envolant consolations spirituelles, ou tribulations , ou angoisses , ou nuiladies corporelles , — adonc s'espanist en le remerciant de ces grâces et liénéfices, et qu'il luy plaist de la venir visiter en sa propre personne. Car en la personne qui est en tribulation il vient en propre personne, comme il dist par le prophète David : Ctun ipso sum in irïbulatione; .Je suis, dist il, avec la personne tribulée. Pour ce disoit ung sainct homme : Sire, puis que tu es avec ceulx qui sont en tribnlation, je te prie que tu la m'envoyes, aftin que tousjours tu soies avec moy. Après, quant le dit soleil de justice retraict ses raies, c'est à entendre quant il luy retraict ces consolations spirituelles et il luy laisse venir corporelles, comme honneurs, richesses et aultres telles choses mondaiunes , adoncques la

saincte personne s'enfuit dedans soy et se tient sur sa garde , et doulte que Dieu la veulle laissier quant il luy permet venir telles mondanités. Car elle scet bien que c'est fort de user par mesure de telles consolations corporelles , et sans pécher ; et, pour ce, elle retire ses feullettes et monstre signe de tristesse, affin que son amy apersoive clèrement que telles consolations ne luy plaisent point.

Geste fleur a la couleur d'or, le quel entre tous les aultres métaulx peult plus souffrir de coulx de marteaulx sans rompre. Ainçois tant plus est batu et plust s'esclarsist. Aussi, tant plus le met on en la fournaise, et tant plus est précieulx, plus resplendissant, et mieulx vault. Ainsi est il de la personne pacientc : car de tant plus qu'elle seuffre le feu de tribulation, de tant plus est clerc et précieuse devant Dieu; et de tant que Dieu frappe plus de coups sur elle, en la laissant persécuter par les péchés, de tant se esclarsist plus en l'amour

de Dieu et de ceulx qui luy font persécution. Car elle scet bien que Dieu luy permet, et tout pour son prouffit et salvation de l'anie, comme dit David : Supra dorsttm mcum fahricaverunt peccatores ; Les pécheurs ont forgié sur mon dost. C'est à dire ilz m'ont liaillé à souffrir, et par ce ilz m'ont forgié la couronne de pacience.

Ceste fleur est bien ordonnéement assise après la rose, et pacience après charité. Car, comme dit sainct Pol , tous ceulx qui veulent vivre selon Dieu, ilz souffriront plusieurs persécutions : Omnes qui pie volunt vivere, perseculionem patïunlur.

Pour ce , est moult nécessaire ceste vertu de pacience à la personne qui se met à servir Dieu, comme dit sainct Pol (ad Hebreos) : Vohxs est neccssar'ia.

La personne qui a ceste vertu est de grant bonté et de perfection, comme dit sainct Jacques : Pacientia opiis perfectum liabet.

Celuy est vray pacient , qui ayme chacun et

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pourchasse 1(^ salut de sou arac tout ainsi que à soy mesmes, comme dit sainct Orépcoire.

Nul n'est parfaictement bon, se entre les maulvaiz n'est l)on.

Pour ressembler à ton amy, fay que ceste fleur soit assise en ton chapollet. Car c'est là où toutes les merceries de vertus doivent estre portées parmy la grant mer de ce monde; la quelle, se par impacience est cassée ou trouée, tout sera perdu, comme dist l'escriture, de eis qui perdidenint pacienciam.

Eternelle dampnatiou sera à ceulx qui perdu aront pacience. Et, au contraire, le réanime des cieulx est promis à ceux qui la garderont.

Beat'i qui persecutionen pacinntur propter jusliciam, quoniam ipsorum est regnuni celoriim ! Bien eureulx sont ceulx qui seufFrent persécution pour l'amour de Dieu, car le réaulnïe des cieulx est à eulx!

Et dist Nostre Seigneur en l'évangille : In pa-

ciencia vestra possidebilis animas vestras ; Vous possiderés vos âmes en pacieiice. C'est que nulle adversité ne les vous otera.

Ce îolîj iîtuguct

PRÈS la soussie amoureuse, cueilleras le ^^^! july muguet pour assoir eu tou chapellet, ^-""^^^"^ qui signifie la vertu àe vraye foy. Car ainsi que le muguet est tousjours vert et de plus longue durée que les aultres fleurs, ainsi doit estre la foy, en tout loyal ehrestien. vive et verte per bonne opération. Car il ne souffist pas avoir foy de bouche, mais la convient aussy avoir de cueur et de opération; aultrement. elle seroit morte, comme dist sainct Jacques : Fides sine operibus moriua est. C'est la vertu qui fait vivre l'ame (ce dist sainct Pol et Abacut le prophète : Jastus ex jide vm<), et sans laquelle il est impossible de plaire

à Dieu : Impossible est sine pde placere Dro. Saiiict

Pol AD HeBREOS.)

Foy, comme dist sainct Augustin, est illumination de la pensée à congnoistre Dieu. Pou.r ce, convient il que en ce joly chapellet soit assize.

Et comme le joly muguet, en croissant, monte en hault par pctis neux, aussy fait \o cueur ramply de vraye foy : il s'en va de vertu en vertu, jusques à ce qu'il vient en la hautesse et perfection, et puis en la gloire de Paradis.

Le joly muguet a en ses neux des jolies petites fleullettes, par les quelles sont entendus les XII articles de la foy, dont les VI appertieunent à la divinité, et les aultres YI à l'humanité de Xostre Seigneur Jhesucrist ; lesquieulx articles tous bons chrestiens doivent fermement croire et tenir, ainsi que nostre mère saincte Eglise les tient et croit. Hz sont contenus ou CREDO IN DEUM que les apostres firent et composèrent. Et pour ce, doit tout oristien. à tout le moins une foys ou deux le

jour, au matin et au soir, dire Credo, en recognoissaut qu'il est vray cristien et fils de saincte Eglise.

Et ce doit songneusement garder de mettre son cueur en foies créances, comme sont sorceries, divinemens, conjurations, et aultres telles choses; car, par ainsi, il seroit hors de la foy chrestienne et excommunié de droit canon.

Par ceste vertu ont pieu à Dieu tous les saints du vieil testament (ce dist sainct Pol : Hii testimonium fidelii probati inventi suut], et aussi ceulx du nouvel; ne aultrement ne peut à Dieu plaire.quelque personne que ce soit, comme dit est.

Pourtant, ame dévote, fais tant que ce joly muguet soit mis en ton chapellet.

^t raîôclicettc et bu Jil août ks jricitrô 00nt Uéc0 sxxx l'(Ê0cUccttc

ME dévote, après que, par la grâce de ton loyal aiuy, tu auras cueilly ces belles fleurs, il te les convient arrenger sur une belle et gente esclicette. Mais tu me pourroye demander où tu la prendras : Je te respons que toy mesmes pourras estre l'esclicette , se tu as en toy les conditions que une gente esclicette doit avoir.

Premièrement, elle doit estre bien tenue; après, ploiant; et puis, onnie et bien planée.

Tu seras bien tenue, se tu es poure d'esperit, et

que tu ensuives ce que dit sainct Pol ad Timo- THEUM : Habentes alimenta et quibus tegamur, hiis contenu sjimns ; se nous avons nostre vivre et nostre vestement, il nous doit bien soufiîre.

En après, tu dois estre bien ploiant, par bonne et vraye obédience, en obéissant doulcement, sans dilatation oumurrauration, au commandement de Dieu, de saincte Eglise et de tes souverains, et ne faire riens que bon conseil, affm que après ne t'en repentes. Omnia fuc cum consiUo, et post fadum non pejiitebis. Mieulx vault obédience que sacrifice : ce dit Samuel a Saul.

Après, tu dois estre bien onnie et bien planée, car aultrement on ne pourroit bien agencer les fleurs par dessus. C'est adiré que tu te dois garder de hors de bailler raaulvais exemple par maulvaisement vivre ; et en ta conscience qu'il n'y ait nulz péchés, ne en ton cueur maulvaises pensées. Et ainsi pourras tu estre esclicette bien planée.

Les deux bous de ceste esclicette sont la nativité

de ton corps et sa mort — l'entrée et l'issue — lesquelz bous tu dois fermement lier et joindre ensemble par le fil de ta mémoyre, en remembrant tousjours comment ton corps est formé de si poure et orde matière qu'il n'y a plus orde en ce monde ; et pourras le pécliié d'orgueil éviter, et absenter humblement de toy.

En après, tu dois songneusement penser à la mort qui est si certaine, et au jugement de Dieu qui aprouche chascun jour, et ne savons l'iieure ne le jour.

Se tu lies ces deulx bous du 111 de remembrance, jamais tu ne feras péché . comme dit le Saige : Fili, memorare novisshna tua, et non peccea.

La longueur est la vie humaine de puis la nativité jusques à la mort, qui (1) est moult ennoieuse et périlleuse, comme dist .Job, et de la quelle sainct Pol désiroit moult estre délivré, pour estre avec son bon maistre Jhesucrist, quand il disoit :

(1) La vie humaine.

Cupio dissoh'i et esse ciim Christo. Et à bon droit, il le désiroit, car il est impossible de y estre, que on ne face plusieurs offenses, comme dit l'escripture : que sept fois le jour chiet le juste; et est à entendre en petiz et vénielz péchés.

La rondeur du cercle de l'esclicette signifie la persécution de vie.

Le fil dont les fleurs sont liéez est persévérance. Car, comme dist Nostreseigneur, celuy seul sauvé sera, qui en vivant persévérera. Et, comme nous véons que quant le fil du chapellet est rompu ou pourri, les fleurs et les feulles chéent, et s'en va tout l'ung après l'autre ; ainsi est il quand on pert persévérance.

Certes, ame dévote, si tu peus ce chapellet faire en la dessudite et composée manière, et que tu lo gardes tousjours en sa beauté jusques en la fin, adonc pourras tu venir sc-eurement à ton espoux, qui si doulcement t'appelle sa sœur et son espousc, en disant : Veni in ortiim meum, soror mea, sponsa.

DE VIRGI>'ITÉ. 5D

Et liiy présenteras en grant joye ce chapellet d'amours, composé en tant de belles fleurettes, qui sont si belles et si nettes. Lors viendra ton loyal amy et recevra ce joly chapellet que tu luy présenteras. Puis te prendra par la main et te mènera en sa gloire, la quelle est sans tlner.

Bien eureuse seras : avec tous les sages vierges chansons nouvelles chanteras ; et l'agneil de Dieu par tout ensuyvras, connue dit saint Jehan en l'apocalipce.

Mai?, tandis que tu es en ceste mortelle vie, il te convient songneusement garder ce joly chapellet par dame prudence, accompagnée de force, justice et attranpence. Et les dois souvant arouser de larmes, compunction et compassion dégoutans de la cruche et chantepleure évaugélique de dévote oraison et de bonne espérance.

De telz chapelletz furent ornéez les cinq bonnes et saiges vierges dont récite l'évangile, les quelles furent receuesjoeusement, et entrèrent aux nopces

.)h LK CHAPELET

(lu vray espoux de virginité et Dieu d'amours, Nostre Seigneur Jhésucrist. Et les aultres cinq, qui furent foies et négligentes de garder ce chapellet amoureux et sa verdeur, furent laissées dehors la porte; et leur fut dit par l'espoux : Nescio vos, car tout ce que vous avez fait, c'est pour la i:loire du monde.

Or sus doncques, ame dévote, haste toy de parvenir à ceste glorieuse félicité, affin que, sans jamais fmer, tu puisses joeusement chanter la doulce chansonnette que chante es cantiques l'espouse du Dieu d'amours.

Diledus mens mihi, et ego illi : Mon amy est du tout à nioy, et moy à luy.

Leva ejus siib capite meo, et dextera Uliiis amplexabit : Sur mon chief met sa main senestre, et puis m'emhrasse de sa destre.

Tenui eum^ nec dimittam : .Je le tiens et tandray ; pour nulle riens ne le laisseray, ne jamais aultre n'aura v !

0 trc?doiilx Dieu, bien doit e:?tre celle loée et benoite, qui peut présenter à son amy ce joly chapellet, environné de fleurettes tant odorantes, ■comme il requiert à ses amies, ou premier livre <les Cantiques, disant : Fulcite me (lorihus , etc. Filles de Jherusalem, garnisses moy de fleurettes, environnés moy de fleurettes ; car je languis d'amourettes.

O Dieu! comme doulce requesteî Mais à ce faire sommes débiles et fébles ; et avons mestier de vostre aide , Sire doulx Jhésus , la quelle nous veulle oultroyer et donner par grâce. — Le père, le filz, et le sainct Esperit. Ameti.

UEO GRATIAS.

(6loô0airc

DU CHAPELET DE VIRGINITE Par VL. Frédéric Godefroy.

Admonester. Avertir, admonere.

Admchilé. Aiiniliilé. perdu, anéanti.

AiNçois. Mais.

AoRNER, ])onv adorner, qni se disait aussi, du lat. adornare. Orner.

Ap.4roir (s"), comme s'apparaître, pour Se faire voir, qu'on a dit jusqu'au commencement du dix-huitième siècle.

Attrampence, s. f. Tempérance, modération. II. a été dun usage fréquent jusiiuà la fin du seizième siècle.

AviRONES, ^e pevs. sing. de limpératif dai'ironer, environner, entourer; du lat. gyrus, de gûros, cercle, tour, rond, qui a produit aussi virer, tourner. Dans l'ancien français, le g et le v se mettaient souvent l'un pour l'autre.

Avons, que. Nous savons que, nous trouvons que. nous avons appris que.

Bassecr, s. f. Qualité de ce qui est bas, de ce qui ne s'élève pas haut. Se trouve encore dans Cl. Marot. Epistre perdue au jeu, et dans Fauchet, Antiq. gauL, X, 19.

Bénéfice, s. m. Bienfait, heneficium. Cette signification, encore usuelle au seizième siècle, avait vieilli au dixseptième ; cependant on la retrouve dans quelques auteurs de cette époque, en particulier dans le P. le

Jeune : « Le remercier de ses bénéfices. :) {Serin, choisis, XIII, 2« p.)

Benoîte, pari, passé fom. sing. Bénie.

Boiter. Meltre.

Caltement. Avec précaution, cautè.

Ce, au lien de se, pour dire si, (jui a été d'usage jusqu'au coninumcement du dix-septième siècle.

C'est, fréquemment enq)loyé pour c'est-à-dire.

Chantepleire, qu'on écrivait aussi cantepleure. Arrosoir, ou cruche.

Cuapellet. Petit chapel, petit chapeau de fleurs.

Chee.nt, .3'' pers. plur. prés. ind. de cheoir. Tomber.

C0.MPARES, f" pers. sing. du prés, de l'indicatif de comparer, du lat. comparere. Paraître, comparaître.

CoNCALQiÉE, part, passé fém. sing. Foulée aux pieds, comme conculquée , de conculcare, composé de calcare, qui vient lui-même de caix , talon du pied. On ne trouve guère que conculqucr.

CoNTEMPNÉE, part, passé fém. sing. Méprisée, de conlemnere.

CuiDE. Croit.

De, DES. mis pour ciue le, que les, après un comparatif. Ceste (leur est plus haute des autres, plus haute que les autres. Cette manière de parler, encore usitée en italien et en espagnol, a été gardée jusque assez avant dans le dix-septième siècle.

DÉLicATivE, adj. f. s., en parlant d'une fleur. Délicate.

DÉLITE (se). Se réjouit, met son plaisir: de délit, délict, plaisir; de deleciare, délecter. Délit, pour dire plaisir, délices, s'est encore employé dans la poésie légère tout à la lin du dix-septième siècle.

Despiteux, adj. m. Qui méprise, qui dédaigne; de despicere. On le trouve encore dans H. Estienne, Apol. pour Ilerod., c. XIV, et dans Brantôme, Grands capit. estrang., I. I .

Desprisée, part, passé fém. sing. Méprisée; de des, négatif, el priser.

Dessirée, p. p. f. S. Déchiroe.

DiLATio.N, S. f. Retard, délai. Ce mot tout latin a été

employé par Henri IV dans ses Lett. miss., par Das-

soucY, par Pascal, etc.

DiviNEMENS, s. m. pi. Divinations, pratiques des devins. Donc, ponr dont : <> On ne trouve gaéres do telz oyseaux,

donc c'est pitié », ce qui fait pitié. DoiTER , connue redouter, craindre, signitication qui a

été très-usitée jusqu'au conniiencement du dix-septicme

siècle, et s'est conservée dans certains patois. Dures, s. f. pi. Des crudités.

En. On.

Enflanber. Enflammer. On disait aussi jlanhe, flambe.

pour Flamme, et ces formes se sont conservées jusqu'au

commencement du dix-septième siècle.

Enoieise, adj. f. s. Ennuyeuse.

EsB.\NoiER (s'). Se réjouir.

EscLicETTE, s. f., diuiin. de esclice. Morceau, éclat de

bois, etc. On appelait esclicettes les brins de bois et les

petits bâtons qui servaient à faire les couronnes de

fleurs appelées chapel ou chapeau.

EscoNDissEMENs, S. m. pi., svu. dc refus. On disait aussi,

et dès les temps les plus anciens de la langue jusqu'à

Cl. Marot, escondire, pour Refuser, do ex et de con-

dicere.

EscoussE (V. n.), 3« pcrs. sing. prés, de l'ind. Se cacbe,

en parlant du soleil. La forme escousser, dans ce sens,

est plus rare que esconser, esconsier, esconcher, etc.,

(Vabscondere.

EspAL, abrév. de especial. Spécial.

EspAMR. Épanouir; formé du lat. expandere, étendre. EsPARSEEs, part, passé fém. pi. de esparser. Disperser,

de spargere.

EivRE, 3« pers. s. ind. prés, de euvrir. Ouvrir. Fardel. Paquet, d'où a été formé notre mot fardeau.

Fardel se trouve encore dans les Antiq. gaul. de Fau-

chel, III, 4.

Félon, adj. Dur, impitoyable. ingi\it. Félon, comme fel, recevait très -souvent, dans l'ancienne langue, celte acception de dur, ((ui est la plus ancienne, et vient du vieil allemand ////a».

FiNER, v. prés, de l'inf. Finir. Sai^s ftner. sans fin.

Flaireurs, s. f. pL, syn. gracieux d'odeurs et de senteurs, du subst. flair ou du verbe flairer.

Fleulettes pour fleurettes. Dans le vieux français, la labiale / remplaçait fréquemment r.

Fort. adj. DitTicile.

Gent, ente, adj. Gentil, le; joli, e.

Hai:tesse. s. f. Hauteur, au sens propre. Était encore usité au dix-septième siècle.

Inconvénient, s. m. Ce mot. outre sa signification actuelle, avait encore celle d'Accident, de malbeur.

Inde, adj. Bleu foncé, indiens.

Issir. Sortir, d'où vient issue, A'exire.

J.u-.NEUR, s. f. Qualité de ce qui est jaune. La jauneur était aussi bien dit que la blancheur.

Legier (DE). Aisément, facilement, bientôt. A la fin du seizième siècle et au commencement du dix-septième, ceUe manière de dire était encore usitée.

Lex, mot composé de le et de en, pour l'on. Il se place après le verbe : ;( Marche len » pour « L'on marche. » Dans cette phrase, comme dans beaucoup d'autres semblables. / représente notre t euphonique.

Mal, adj. m. s. De malus, mauvais. Mal exemple, mauvais exemple.

Merceries, s. f. pi. Marchandises. Cette signification générale est beaucoup plus ancienne que la signification particulière aujourd'hui usitée.

Mestier, s. m. Besoin, de ministerium.

MiERRE. s. m. Nom de plante aromatique, la Myrrhe.

NÉ.\NT. adv. Nullement, pas du tout.

On. Au, dans le. A été conservé dans l'anglais on, sur, dans. On jardin, dans le jardin.

On. Un : en anglais, one.

Onnie, part, passé féni. s. de onnir. Unir.

Ordonxeement, adv. Suivant l'ordre, convenablement.

Ou. Dans, au.

Olltroyer. Octroyer, accorder.

Parement, s. m. Ce qui pare. Ce mot ajoute à l'idée

d'ornement dont il est synonyme.

Partirent (se) de, Se séparèrent de. Séparer, partager,

est le premier sens de partir, comme du latin partior. Planée, part, passé fém. s. Aplanie, unie, en parlant

d'une escUcette.

P.MET, abrév. de Permet.

Pou. Peu.

PouRE, adj. Pauvre.

Que cl qu'il, employés pour gin'. « Qu'il n'y ait riens

qu'il puist. I) Qu'il, que, employé souvent pour ce qui!, ce que. « Es-

coute qu'il dit », pour « Écoute ce qu'il dit. » QuiERT. Cherche; quiérent, cherchent, de quérir, quœ-

rere.

Regibbe, regiebbe, .3*' pers. prés, du subj. de regibber.

Regimbe.

Reme.mbrance, s. f. Ressouvenir, souvenance. Remembrant, part. prés. Qui se souvient; du v. remembrer, reminisci.

Resplendissement. Éclat resplendissant. C'est un des

mots de la vieille langue dont on doit regretter la

perte.

Salvation, s. f. Salut.

Se. Si.

Se. Sa.

Se. ce.

Selle, pour si elle. Celle est employé dans le même sens. Si. Ainsi, aussi, certes, mais. Si que, tellement que. Sorceries, s. f. pi. Sorcelleries, pratiques de sorcier. Soussie, s. f. La fleur que nous appelons l'héliotrope ou

le tournesol. Soussie, du latin solsequium, c'est-à-dire

fleur qui suit le soleil.

64 GLOSSAIRK.

SofssiER. S. m. La plante du tournesol.

StBVERTiR. Bouleverser, subvertere.

Tendreté, s. f. (Jualité de ce qui est tendre, délicat. C'était un des mots familiers à saint François de Sales.

Viandes, s. pi. f., se disait de toute espèce de nourriture.

YoiRRE. s. m. Verre.

VoisE, 3e pers. sing. prés, du subj. Aille. C'est le vieux verbe voiser, voxjser, qui nous a donné la forme je rah. qu'on a écrit et prononcé je vois, comme on le prononce encore dans quelques provinces. Le suljjonctif voise, voyse, était resté d'un usage fréquent au seizième siècle.

Vorx, s. f. Parole. Cestt> doidce roix... récite Salomon.

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