‹ Le chaperon, comédie-vaudeville en un acteChapitre 22 sur 22 · LB DE BRUXELLES ■ STAD BRU · texte numérisé non relu

LB DE BRUXELLES ■ STAD BRU

Tamour pour moi , est-ce que ça serait devenu vrai?.,. Pauvre Anténor!

M*"* DE TRE^EU1L , sc remettant à peine de son trouble.

Quoi! monsieur... {avec dépit,) un refus!... après tant d'instances ?... Ainsi, vous m'avez trompée, moi, nous tous!... et dans quel but ?

ANTÉISOR.

Le plaisir de faire de la peine... il n'en a pas'dautre.

U^^ DE TRENEUIL.

Répondez donc , monsieur.

DE PRESLE

Et que VOUS dirais-je, quand je me vois si mal jugé par vous... pouviez-vous croire que je voudrais d'une main que le cœur ne suivrait pas?... que je me contenterais de ne lire dans vos yeux que la haine en échange ie ma tendresse? d'enchaîner à mon sort une victime au lieu d'une amie ; de savoir

enfin que je vous ai vouée pour jamais au malheur... {Vivement,) Oh! vous venez de le dire... et par-là vous avez presque fait en un moment ce que n'avaient pu faire ni létems , ni la séparation , ni la perte de toute espérance... Ah! si je vous avais obtenue de vous - même ; si mon amour pour vous avait triomphé d'un vain scrupule , d'un serment nul aux yeux de Dieu et des hommes... si un seul mot échappé du cœur, un gesle, un regard , m'avaient appris que je ne vous suis pas indifférent... ah! Julie! c'est alors qu'à l'ivresse, au délire de ma joie , vous auriez connu tout votre empire.. . Tantôt même en venant à vous , à quelles illusions je me livrais.' ... Ce bouquet , ce gage que j'ai payé de mon sang , je me disais : qu'elle ne le voie pas, qu'elle ignore tout... et si mes vœux sont exaucés , le jour de notre union comme je jouirai de sa surprise, en lui offrant cette preuve de mon dévoûment , cet emblème plus beau , plus digne d'elle que tous les bouquets de mariée.., Ce

^ILLE DE RJînvv-...

COMEDIE-VAUDEVILLE. I OQ

jour-là , elle le portera pour moi... et ensuite il ne me quittera plus... Vain espoir ! maintenant je vous le rends. . . reprenez-le. . . il ne peut plus rester sur mon sein... car pour l'y placer encore , il faudrait l'avoir reçu des mains de l'amour... tenez, mii'' dame.,, {Il le Lui présente,)

m"^ DE TREKEUiL , apvés avoiv liéslU un instant.

Ah ! gardez -le.

DE PRESLE , tombant à ses pieds.

Qu'entends-je?

DELPHINE

Ma sœur î ANTÉNOR , passant auprès de Delphine et à sa gauche.

Ah ! c'est bien fait , mademoiselle... vous aussi , on vous trahit ! ... ça vous apprendra.

DELPHINE , sautant de Joie,

Que je suis contente ! ... mon petit Anté^ nor , voi;is voilà agent-de-change... voilà

lîO LE CHAPERON,

votre fortune faite... Remerciez votre beaufrère; car il l'est... ce n'est pas sans peine...

AN TÉNOR

Plaît-il? qu'est-ce qu'il lui prend ? Oh mon Dieu ! il Ta tant séduite, que de désespoir, elle en perd la raison.

DELPHINE

Du tout... ni la raison, ni mon amitié pour vous... car je n"ai pas changé un seul instant,

ANTÉNOR

Qu'entendsje? quoi! de Presleî ah! je devine... et à présent, je crois aux amis , aux femmes... à tout.

M™^ DE TRENEUiL , d Delphine,

Tu étais donc du complot?

DELPHINE

Dam' ! vous deviez faire mon mariage... eh bien... c'est moi qui fais le vôtre.

(On entend la musique,)

C03IEDIE-VAUDEV1LLE. II I

DELPHINE , à Anténor,

La musique... vite, vite, Anténor... et vos gants !...

3^me jQj. TRE]\EUIL.

•v. Ai^ de la galope.

D^un premier mariage Oubliant les tourmens , : De nouveau je m'engage ,

Maigre tous mes sermens ; J'attends votre suffrage :

Ah ! qu'au gré de mes vœux , Mon second mariage j Grâce à vous , soit heureux !

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