‹ Le Chapitre des informations, comédie en un acteChapitre 8 sur 21 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

M" LAUNOY, JADELOT.

JADELOT. Ce jeune homme est un de TOI parens , madame ?

M— LAU.MOV. Nou, monsieur, c’est un ami... il est aussi très-lié avec votre geudre futur.

JAOEI.OT. Je le savais déjà par Denisart... Nous n'avons parlé que du jeune Prosper.

M"' i.AUüOY. Vous en a-t-il dit beaucoup de mal ?

JADF.LOT. Pas de mal précisément; mais il a répondu à mes questions d'une manière si évasive.

M'"* LAUNOY. Je n'en suis pas surprise , mon frère est d’une légèreté d’esprit impardonnable à son âge. Il n'y a aucun fonds â faire sur ses paroles ; mais il ne

faut pas vous décourager Je viens de

voir mademoiselle votre fille... cbaimaiite personne !.. je lui ai parlé de son prétendu , et francliement , je serais bien trompée si ces deux jeunes gens ne se convenaient à merveille.

JADELOT. Je ledésirc de tout mon cœur. . .

Aûisi vous pensez que M . Prosper. . .

LAUNOY. Est le gendre qu'il tous

faut... et voici sur quoi je me fonde. Vous ne voulez sans doute domier votre Qlle qu’A un bomine riche ?

JADELOT. Je ne dis pas cela.

M"' LAU.NOY. Non , mais cela s’entend.

Tous les parens tiennent à la fortune , et j'approuve complètement leur système. 11 y a une vérité contre laquelle on se révolte en vain , c'est que l’arijcnt est nécessaire à l'ainoiir, surtout à i'aiiioiir conjugal , qui ne vit pas d'illusiuiis..

JADELOT. Je vois que vous êtes pour les idées positives... Mallieiii eiiseinciit le jeune Prosper est assez mal p.n'tagé du côté de la fortune.

*“• LAUNOY J'en conviens... mais il a tout ce qu’il faut pour l'arqiiérir.. . Il possède inilie qualités qui doivent lui assurer par la suite une belle existence.

JADELOT. Je vous comprends des

mœurs, de la conduite , des talciis disliiigués.

M— LAUNOY. Oui, ce sont des préeédens fort estimables; et pourtant, vous le savez comme moi , tout cela est d'un faible secours pour celui qui veut faire un cliemin rapide.

JADELOT. Permettez!., moi, j'étais persuadé jusqu’ici.

M"" LAUNOY. Ob ! certainement, si tout le monde avait nos principes , notre aucienne droiture, cela n'en vaudrait que mieux., mais que voulez-vous?., la corruption, l'immoralité... il y aurait de la démence â lutter contre l'entrainement général.

JADELOT. Vous m’étonnez beaucoup, et je m’aperçois qu’en province nous sommes fort arriérés.

m*' LAUNOY, 11 y a sans doute une mesure à garder; mais aujourd'hui, lorsqu’on est décidé à parvenir , lorsqu’on vise un but d’une certaine élévation , on doit s'affranchir de bien des préjugés, et fermer l’oreille à des scrupules hors de saison.

JADELOT. C'est peut être la roule la plus

facile et vous croyez que M. l’ios-

pcr?..

M"' LAUNOY. Est trop habile pour s’en écarter. A part.) Excellent moyeu de le servir.

JADELOT, à part. C'est bon à savoir.

M"' LAUNOY. Son caractère m’est bien connu... il est ambitieux, hardi, entreprenant... Sa place au ministère le met en position d'arriver à tout, et sa manière de penser ne sera jamais un obstacle... ses opinions sont celles de tout le monde.

LE CHAfITEB DES INTOEMATIONS.

lADELOT. Qu’app«tez-vous celles de tout le inonde ?

M™' lACSiOY. C’est-à-dire , ces opinions que l'on garde jusqu’à ce qu’on en trouve de meilleures... en un mot, ce n’est pas un homme qui afTiclie ses convictions.

JADELOT, à part. L’éloge est original, et je comiiience à comprendre pourquoi Denisart... mais je ne veux pas de ce gendrelà.

M"' LAUNOV. Vous voyez que je ne vous épargne aucun détail ; et , grâce à moi , vous pourrez juger en connabsance de cquse.

XADELOT. Vous me rendez service ; car, dans l’incertitude où j’étais sur ce jeune homme, j'aurais peut-être commis l’imprudence...

M“' LAUXOT. Dr repousser sa demande...

Je m’applaudis d’avoir empêché un refus dont vous n’auriez pas manqué de vous repentir.

JADELOT, à part. Nous ne nous entendons pas du tout.

M"' LAUNOY, ù part. Il est enchanté.

(Haut.) Ainsi nous pouvons espérer votre consentement?

JADELOT. Il ne devrait me rester aucun doute. ..Souffrez cependant que pour l’acquit de ma conscience, je me procure encore quelques éclaircisseniens.

H"' LALXOY'. Comment donc?., je vous y engage c’est nous assurer la vic-

toire.

Bgoormor KTiT — ----- — —

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