O. CI
0408. 10.Cam. 1311:
pour lesquelles il exige son consentement. Ainsi Boniface VIII défend aux Mendiants de fonder un nouveau couvent sans autorisation pontificale, autorisation d’ailleurs donnée fréquemment. Le pape se permet aussi d’intervenir de son propre mouvement : Urbain V mitige la règle des Chartreux?, non sans soulever de violentes protestations à la suite desquelles il accorde de conserver la simplicité primitive. Ou bien il se rattache directement un monastère, par exemple Saint-Denis, qui ne pourra recevoir d’autres visiteurs que ceux du Saint-Siège envoyés spécialement ÿ.
Par les appels qui lui sont portés du chapitre général, par la présence à la Curie d’un procurateur du chapitre, par son intervention personnelle, le pape s’occupe donc beaucoup des ordres religieux. Il est conduit à se décharger de cette tâche sur un fonctionnaire. C’est la raison d’être du cardinal protecteur. Le nom de certains est particulièrement célèbre, tels le Cardinal Hugolin pour les Mineurs, le Cardinal Annibaldi pour les Ermites de Saint-Augustin, le Cardinal Fieschi pour les Servites, etc. Ils ont une activité tout particulière au moment de la formation d’un ordre ou dans les moments de crise constitutionnelle : par là ils se montrent le complément nécessaire du chapitre général, dont ils tiennent, avec autorité, sa place alors que le chapitre lui-même s’en trouve démuni. En temps normal, le cardinalprotecteur conserve son utilité : ilest l'intermédiaire entre le chapitre général, ou son procurateur, et le Souverain Pontife. Aussi les règles des ordres mendiants font-elles bien des fois une obligation d’avoir un cardinal protecteur #, que d’ailleurs le chapitre général choisit souvent et demande au Souverain Pontife. Le cardinal peut même compléter l’action du chapitre général dans le gouvernement de l’ordre: il peut être visiteur du monastère principal, correcteur de l’ordre si le grand maître est laïque, du grand maître dans tous les cas, des frères coupables de fautes graves 5 ; il peut
HAVING; chu:
3. 1235. Cf., Berlière, Mélanges d'histoire bénédictine, p. 147. 4, Vg., O.F.M., 1223.