‹ Le Charbon: Élément de Réparations et de Négociations dans le Traité de Versailles et les Accords qui l'ont suiviChapitre 27 sur 73 · tonnes · texte numérisé non relu

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Le chiffre de la C.D.R. était inférieur à ce chiffre de 300.000 tonnes environ, et cependant il comprenait la priorité due à la France en compensation de la destruction des mines du Nord et du Pas-de-Calais, qui, à cette époque, (janvier 1923) était encore de 800.000 tonnes.

Les ressources de la Sarre et les mines françaises ne fournissaient à la consommation que 38 millions de tonnes et on pouvait estimer que, la crise terminée, les besoins nouveaux pour l’ensemble du pays et les régions dévastées allaient être de 60 millions de tonnes.

« La question, continuait le mémoire, est particulièrement « grave pour le coke. Actuellement nos usines métallurgiques « sont à peu de choses près reconstruites. Mais l’énorme travail « effectué est frappé de stérilité par suite de l'impossibilité d’as- « surer dans la situation actuelle l'alimentation normale en coke « de ces ruines. »

Le Gouvernement allemand, pressentant alors que la C. D. R. constaterait incessamment le manquement, demanda à être entendu, et le 8 janvier son délégué exposa que le Gouvernement français commettait une erreur en comparant les livraisons prévues par le Traité qui étaient des maxima et les livraisons effectives. L'Allemagne, disait-il encore, a produit un effort énorme pour livrer 84 %, des programmes (87 % d’après les statistiques allemandes). De plus le déficit est dû en grande partie au refus de la France de recevoir des charbons prétendus de mauvaises qualités, et aux grèves de février 1922. Si d’autre part comme le déclare le mémoire français les envois de charbon allemand en France sont actuellement inférieurs aux chiffres de 1913, c’est qu’à cette époque l’Allemagne exportait le charbon de la Sarre et de la Lorraine qui appartiennent maintenant à la France, laquelle est ainsi largement dédommagée pour la destruction de ses mines.

Cette argumentation allait à l’encontre de toute statistique. La C.D.R. ne l’accepta pas, et constata le manquement.

En même temps, quelques forces militaires avançaient jusqu’à la limite des territoires non occupés bordant le bassin de la Ruhr. Le 11 elles y pénétraient pour protéger la Mission Interalliée de Contrôle des Usines et des Mines (M.I.C.U.M.)

L’opportunité de l’occupation fut diversement appréciée.

En France même, des voix s'étaient fait entendre qui prêchaient la renonciation aux gages (1), mais l’argument de M. Poincaré, que l’occupation était plus un moyen qu’un but, avait

(1) En décembre, M. Blum déclarait à la Chambre lors du débat sur l’occupation de la Ruhr : « de deux choses l’une, ou bien vous enverrez « le charbon de la Ruhr vers l’étranger pour avoir des devises, et vous « ruinerez l’Allemagne que vous voulez rétablir, ou bien vous vendrez le « charbon en Allemagne, et alors vous feriez beaucoup mieux de deman-

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