OTTAWA IMPRIMERIE DE L’ÉTAT
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feuilles la ‘leur
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(Salsola Kali, L., var. Tragus, DC.)
Des échantillons incontestables de cette terrible peste des Dakotas et de quelques-uns des États-Unis du Nord-Ouest, m’ayant été envoyés du Manitoba, l’'Honorable Ministre de l'Agriculture a pensé qu’il était judicieux de faire distribuer immédiatement parmi les cultivateurs du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest, une petite circulaire donnant une figure de cette plante, afin de leur faire connaître autant que possible son apparence et sa nature. Il m'a aussi chargé de bien pénétrer tous les cultivateurs de l’idée des dommages énormes qui pourraient résulter si on négligeait de déraciner cette peste avant qu’elle ne devienne fermement implantée. Le gouvernement des Etats-Unis, de même que ceux de divers États du Nord ont publié plusieurs excellents articles illustrés sur ce sujet, et des sommes considérables, s’élevant à près de $2,000,000, ont été votées dans le but d’assurer l’extirpation de cette mauvaise: herbe qui a causé tant de pertes aux cultivateurs en Russie et aux États-Unis. Le gouvernement des États-Unis a publié un bulletin, préparé par M. L. H. Dewey, Aide-Botaniste du Ministère de l'Agriculture des États-Unis, illustré de vignettes, montrant la plante à différentes périodes de croissance, et la graine grossie. Le Farmer’s Advocate, de London, Ont., a sagement publié un avertissement aux cultivateurs canadiens ; il cite des extraits de ce bulletin, et reproduit les vignettes. Les éditeurs m'ont généreusement prêté pour la présente circulaire les vignettes qui ont servi dans cet avertissement. Elles auront l'effet d’attirer l’attention sur la plante, et feront voir à ceux qui n’ont pas eu l’avantage de lire les articles mentionnés plus haut, quelle est sa forme et son apparence, Ce n’est pas un véritable chardon, mais une variété de la soude européenne, et est alliée au chou gras et l’épinard. Son nom de ‘ chardon ” vient de ce que à mesure que ses graines mûrissent, il sort de chaque nœud de la tige, trois piquants au lieu de feuilles. Ces piquants sont plus durs et aussi aigus de ceux du
chardon du Canada, de façon que les cultivateurs lorsqu'ils coupent du grain là où cette herbe croît, sont obligés d’envelopper de cuir les jambes de leurs chevaux. Elle s’est déjà répandue sur une étendue de 30,000 milles carrés, et sur plus des deux tiers de cette étendue elle est abondante et nuisible. M. Dewey dit dans son bulletin : ‘ Dans les régions infestées, au delà de 940,000 acres sont réservés à la culture du blé. La perte moyenne sur ces terres due au chardon russe seul, est de cinq boisseaux par acre au moins, et 3,200,000 boisseaux au prix minimum de 50 centins par boisseau (ce qui est beaucoup moins que le prix moyen) représente une perte de $1,600,000 pour les cultivateurs des deux Dakotas. Et pour les autres moissons, les dommages causés par les piquants, les feux occasionnés par les plantes qui franchissent les garde-feu, chiffreront à $2,000,000 et plus la perte totale éprouvée en l’année 1892.
‘ Ces chiffres paraîtront alarmants, mais ils sont tout de même basés sur des estimations exactes. S'ils ont l’effet d’alarmer les cultivateurs, c’est bien, car ce n’est que lorsque les gens sont alarmés, qu’ils se précautionnent contre le danger.”