‹ Le Château-Bigot [microforme]Chapitre 3 sur 6 · EN A · texte numérisé non relu

EN A

Le temps a tout détruit ! Et la tendre hirondelle

. Ne vient plus se jouer à l’antique tourelle !

Mon front touchait la pierre où l’ange est endormi, L'automne souriait ; les côteaux vers la plaine Penchaient leurs bois charmants qui jaunissaient à peine. Le parfum des fruits mûrs dans les airs ruisselait, Et du nid maternel le petit s’envolait.

C'était le soir, à l’héure, où de la jeune fille

Le doux penser d'amour, qui dans son œil pétille, S’endort dans un soupir. Sur un ciel argenté,

La lune se glissait, pleine de volupté ;

Et ses pâles rayons, à la terre ravie,

lisaient des mots d'amour et de mélancolie, Quand soudain écartant le feuillage du bois

Une ombre m’apparut qui de sa douce voix Comme une harpe d’or jetait à mon oreille

Des sons mélodieux ! Jeune femme, ou merveille, Elle pencha sur moi son front pur et rêveur, Murmurant ses accens qu’enivrait le bonheur :

‘ Puisque, seul en ce monde, Tu viens souvent Pleurer sur cette tombe

‘Au bruit du vent.

‘6 Que ton âme, brisée Par le malheur,

Erre, sur moi penchée, Dans la douleur.

‘6 Reçois de ma pensée Qui vient du Ciel, La céleste rosée D'où naît le miel,

‘5 Je veux que cette vie, Où tout est pleurs, A ton âme flétrie Jette des fleurs,

‘* Entre sous ce feuillage, Tu goutteras,

La douceur de l’ombrage .

Du blanc lilas.

hirondelle elle !

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uniésaient à peine.

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