DUC DE LORRAINE ET DE BAR
François II, troisième fils de Charles III, duc de Lorraine et de Bar, et de Claude de France, fille de Henri II et de Catherine de Médicis , naquit le 27 février 1572. Il porta d’abord le titre de comte de Vaudémont. Il épousa Christine de Salm le 12 mars 1 597 , et, par cette alliance, 1$ moitié des terres du comté de Salm entra dans la maison de Lorraine. Dès qu’il fut en possession de ces terres, dont les habitans avaient pour la plupart embrassé la religion protestante, il couvrit le pays de missionnaires, persécuta tous ceux qui ne se hâtaient pas de revenir à la foi catholique, et finit par contraindre tous ses sujets à l’adopter.
En vertu d’un traité passé entre Henri IV et Je
duc Charles III de Lorraine, François eut la lieutenance-générale des évêchés de Toul et de Verdun.
En 1606, les Vénitiens s’étaièf, brouillés avec le pape Paul V à l’occasion déçois publiées par la république au préjudice des libertés de l’Église, le souverain pontife lança l’excommunication contre le sénat. Venise résolut d’en tirer vengeance par les armes, et Léonard Donat, son doge, invita le comte de Vaudémont à venir prendre le commandement de leur armée. François, par un sentiment de respect pour le saint-siège, refusa cet emploi, et la république s’accommoda avec Rome par un traité conclu le 21 avril 1607.
Henri, duc de Lorraine, frère de François, mourut à Nancy, le 3i juillet 1624, après seize années de règne. Par son testament il instituait ses filles héritières du duché; l’une d’elles, Nicole, était maliée au prince Charles, fils de François : Charles entra en jouissance de la souveraineté à la mort de son beau-père. Bientôt il montra une dédaigneuse indifférence pour sa femme. Marguer ite de Gonzague, sa belle-mère, songea à marier Claude, sœur de Nicole, à quelque prince puissant , capable de maintenir le droit de ses deux filles aux états du feu duc Henri leur père. Ce projet ne resta pas
tellement secret qu’il ne parvînt à l’oreille de Charles. Ce prince, craignant que, si Nicole venait à mourir sans enfans , le duché ne fût remis à Claude sa sœur, se concerta avec François pour faire revivre le testament du duc René II , du 2 5 mai i5o6, qui avait établi la loi salique en Lorraine. François se fit donc reconnaître héritier du feu duc Henri son frère, en 162 5; se fit conduire en cérémonie à Saint- Georges, où il prêta, comme duc de Lorraine, les sermens accoutumés, et reçut celui de ses sujets. Il fit frapper des médailles à son effigie, et exerça tous les actes de la souveraineté pendant le peu de temps qu’il régna.
Quelques historiens fixent la durée de ce règne à quatre jours; d’autres disent qu’il ne fut que de vingt-quatre heures. Le duc François fit une transaction avec le duc Charles, son fils, en présence des états assemblés à Nancy le 26 novembre 162 5; transaction par laquelle il lui transportait tous ses droits à la souveraineté de Bar et de Lorraine, à la seule condition « que toutes les » dettes passives contractées par le duc François » seraient acquittées. » C’est apparemment à quoi l’on fit allusion en mettant pour devise sur les jetons qui furent frappés à cette époque : Benè nunie -
rat qui nihil debet (compte bien qui ne doit rien).
François fit son testament le io octobre j 63s ; il y dit , en parlant de la cession volontaire qu’il avait faite au duc Charles son fils, « qu’il n’a jamais » eu l’ambition de porter la couronne en ce monde. » Il choisit sa sépulture dans l’église des Cordeliers de Nancy, auprès de la tombe du duc Charles III son père , et fit des legs pieux à plusieurs monastères.
C’est le père de la princesse Marguerite, qui épousa Gaston de France, frère de Louis XIII.
CHRISTINE DE LORRAINE