LOUIS I
DUC DE BOURBO*
( Peint par Charles Kauch , 1822. )
Louis 1er du nom , duc de Bourbon , pair et chani* brier de France, comte de Clermont, de la Marche et de Castres, etc., dit le Boiteux et le Grand , fils aîné de Robert de France, comte de Clermont, et de Beatrix de Bourgogne; marié, en juin i3io, à Marie de Hainault, fille puînée de Jean II, comte de Hainault, et de Philippe de Luxembourg; mort en janvier 1 34 1 •
Après avoir été armé chevalier par Philippe-le- Bel, il servit en Flandre, sous le comte d’Artois, se signala à la bataille de Fûmes en 1297, à l’attaque du pont à Vendin , à la fatale journée de Courtray en i3o2 , à la victoire de Mons en Puelle, en i364
Lorsque la guerre fut déclarée aux Anglais, il fut
chargé du commandement de l’armée française en Guienne; et plus tard, lorsque le roi Philippe-le- Bel termina cette guerre par le mariage de sa fille Isabelle avec Édouard 11, roi d’Angleterre, il y eut à Boulogne un magnifique tournoi où Louis fut, avec son frère Jean , vainqueur de tous les chevaliers. Le roi les chargea tous deux d’accompagner la nouvelle reine en Angleterre; ils ne la quittèrent pas sans l’avoir vu couronner à Westminster.
En i3i 2, il fut choisi pour diriger la croisade entreprise par Philippe-le-Bel ; mais les seigneurs qui avaient promis de s’y rendre ne se trouvèrent pas à Lyon, comme ils en étaient convenus : le projet n’eut pas de suite; toutefois, dans l’espoir d’aller un jour venger son aïeul, Louis acheta d’Eude , duc de Bourgogne , ses droits à la couronne de Thessalonique.
Il fut admis au conseil de Philippe V dit le Ixmg.
Le 27 décembre 1327, Charles IV érigea pour lui le Bourbonnais en duché - pairie : les lettres portaient : « Nous espérons que la postérité du nouveau duc, marchant sur ses traces, sera dans tous les temps l’appui et l’ornement du trône. »
En 13^8, il contribua puissamment à la victoire remportée par Philippe de Valois à Cassel sur les
Flamands commandés par un marchand de poisson nommé Zannequin , et qui, par bravade, avaient mis sur leurs remparts un étendard où était peint un coq, avec cé distique écrit en gros caractères :
« Quand le coq chanté aura ,
•» Le roi Casselconquêtera. »
En i3^9, il fut envoyé à Londres auprès du roi Edouard, qui prétendait ne pas devoir foi et hommage à Philippe; il s’acquitta de cette mission délicate à l’applaudissement unanime de la France.
Il mourut à l’âge de soixante-deux ans, regretté de tout le royaume, qui perdait en lui un grand homme de guerre et un grand homme d’état.