‹ Le Château d'Eu (volume 5)Chapitre 55 sur 90 · REINE D*>ÉCOSSE · texte numérisé non relu

REINE D*>ÉCOSSE

(Peinl d'après un portrait qui est au Musée Royal.)

Magdeleine, fille de François I et de Claude de France, née à Saint -Germain- en -Laye, le 10 août i520.

Elle était d'une grande vertu, d'une beauté et d'un esprit remarquables. Sa réputation fit beaucoup désirer sa main à Jacques V, roi d'Ecosse, qui était un des princes les plus accomplis de son temps. Dans le but de mériter les bonnes grâces de François I, lorsque le roi de France craignait un envahissement de l'empereur Charles -Quint, il avait armé une flotte pour venir le secourir avec 16,000 hommes. La tempête la dispersa, mais Jacques aborda à Dieppe, et vint demander à François I sa fille Magdeleine. François Ja lui accorda , el Magdeleine, malgré les avis qui la détournaient

daller habiter une contrée sauvage, consentit à cette union , répondant : « Pour le moins tant que » je vivrai, je serai reine, ce que j'ai toujours dé- » siré. » Le mariage se fît à Paris le Ier janvier i53y. « Mais quand Magdeleine fut en Ecosse , dit Bran- » tome, elle en trouva le pays tout ainsi qu'on luy » avoit dict et bien différent de la douce France. » Toutesfois, sans autre semblant de sarepentance, » elle ne disoit autre chose, sinon : « Hélas ! j'ay » voulu estre reyne ; » couvrant sa tristesse et le feu » de son ambition d'une cendre de patience le » mieux qu'elle pou voit. »

Elle y mourut de la fièvre, dès le 7 juillet suivant. Ronsard lui avait été donné comme page par le duc d'Orléans, et l'avait suivie en Ecosse. Ce poète a consacré ces vers à sa mémoire :

« La belle Magdeleine, honneur de chasteté,

» Une grâce en beauté , Junon en majesté ,

» A peine de l'Ecosse avait touché le bord ,

» Quand, au lieu d'un royaume, elle y trouva la mort.

» Ni larmes du mari, ni beauté, ni jeunesse,

» Ni vœu, ni oraison ne fléchit la rudesse

»> De la parque! o cruel et pitoyable sort î »

MARGUERITE DE FRANCE

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