MARGUERITE DE VALOIS
REINE DE NAVARUE.
( Peint d'après un portrait qui est au Musée Royal. )
Marguerite de Valois , reine de Navarre , fille de Charles d'Orléans, duc d'Angoulême, et de Louise de Savoie, née à Angoulême le 21 décembre i492 •> mariée en 1 509 à Charles, duc d'Alençon, connétable de France, qui mourut en i525; remariée à Henri d'Albret, roi de Navarre, dont elle eut Jeanne d'Albret, mère de Henri IV.
L'histoire, la peinture, la poésie se sont plu tour à tour à immortaliser la beauté, les grâces et l'esprit de cette princesse : c'est en son honneur qu'on a ajouté à la mythologie une quatrième grâce et une dixième muse. S'il faut en croire ses panégyristes, elle réunissait, comme femme et comme reine, toutes les qualités qui inspirent l'amour et toutes les vertus qui commandent le respect. Amie
des arts qu'elle protégeait, des lettres qu'elle cultivait, généreuse, bienfaisante, noble de caractère, elle n'employait son pouvoir qu'à faire bénir son nom. Elle aimait tendrement François I, son frère, qui l'appelait sa mignonne. Lorsqu'elle sut qu'il était tombé malade dans sa prison de Madrid, elle s'écria : « Quiconque m'annoncera la » guérison du roi, tel courrier, fût-il las, harassé, » malpropre, j'irai l'embrasser et l'accoler comme » le plus gentil chevalier! »
Mais elle ne borna pas à cette saillie son inquiétude, elle se rendit à Madrid, fit rougir Charles- Quint de la dureté avec laquelle il traitait son prisonnier, et prodigua à son frère les plus aimables soins, les plus douces consolations.
Cette princesse a laissé plusieurs écrits qu'on a recueillis sous le titre des Marguerites de la Marguerite des princesses. La galanterie s'y présente sous les formes les plus transparentes de la naïveté; le bon La Fontaine n'a pas dédaigné d'y puiser quelques sujets, notamment celui de la Servante justifiée. Mais la poésie n'occupait pas seule ses loisirs : le Miroir de Pâme pécheresse, qu'elle composa, atteste que les matières Idéologiques avaient aussi quelque attrait pour elle. File v défendait
les intérêts des protestans?dont elle avait embrassé la foi; mais ce n'était pas la peine de se faire consacrer par la Sorbonne pour abjurer ensuite ces mêmes principes, et revenir à la religion catholique. Elle mourut dans cette religion, le 2 décembre i549 5 e^e ^ta^ âgée ^e cinquante-sept ans.
Le nom de Marguerite aidait trop bien au goût du temps pour ne point avoir donné lieu à diverses allusions. On admira surtout la devise où elle était représentée au milieu d'une couronne de perles d'Orient ? avec ces mots : « Notre Marguerite (Margarita) surpasse toutes les autres. »