DUCHESSE DE LONGUE VILLE ET REINE D*>ÉCOSSE
Marie de Lorraine, fille de Claude , premier duc de Guise , et d'Antoinette de Bourbon ; née au château de Bar, le 11 novembre i5i5; épousa en premières noces, le 4 août i538, Louis II d'Orléans , duc de Longueville. Devenue veuve , elle se remaria , en 1 54o , à Jacques Stuart V, roi d'Ecosse, a Le roy Jacques V, dit Brantôme, après » qu'il fut veuf de madame Magdelaine , fille de » France, demanda au roy François quelque hon- » neste et vertueuse princesse de son royaume pour » se remarier, ne désirant rien tant que de conti- » nuer l'alliance de la France. Le roy François, ne » sachant mieux choisir pour contenter ce bon » prince, lui donna la fille de M. de Guise, veufve 1. 23
» pour lors de M. Longueville, laquelle fut trouvée » de ce roy si belle, si sage, si vertueuse et si hon- » neste, qu'il en fut fort aise , et s'estima très-heu- » reux de la prendre. » C'est de ce mariage que naquit Marie Stuart, si célèbre par sa beauté et ses infortunes. Henri VIII, qui désirait unir son fils Edouard à cette jeune princesse, afin de joindre la couronne d'Ecosse à celle d'Angleterre, pressa la reine Marie de conclure cet hymen : il employait tantôt la séduction, tantôt la menace; mais la reine régente d'Ecosse , qui avait conservé des liaisons d'intérêt et d'affection avec les Guises, déjoua les manœuvres de Henri VIII, et, croyant faire le bonheur de sa fille, en augmentant en France le crédit et la puissance de la maison de Lorraine, fit conduire Marie Stuart à la cour de Henri II, où elle épousa le dauphin François, qui ne fit qu'apparaître sur le trône et mourir.
Marie de Lorraine, qui, dans sa lutte contre les intrigues de Henri VIII, avait montré beaucoup de caractère et de fierté, n'eut pas la force de supporter le malheur. « Elle mourut de tristesse, » le 2 juin i56o, et voulut être enterrée dans l'église de Saint-Pierre de Reims, dont sa sœur Renée avait
été abbesse.Elle était représentée sur son tombeau, en bronze, revêtue des habits royaux, tenant le sceptre et la main de justice.
80bis.
LA MÊME