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COMTE D'ARMAGNAC

Louis de Lorraine, comte d'Armagnac, fils de Henri de Lorraine, comte d'Armagnac et d'Harcourt, et de Philippe du Cambout-Coaslin , naquit à Paris, le 7 décembre 164 1.

Il se montra digne héritier de la valeur de son père, et se signala à la prise des villes de Tournay , de Douai et de Lille, en 1667. Q ua * re ans après, il accompagna le roi à la conquête de la Hollande, et se distingua au siège de Zutphen. Louis XIV le nomma grand-écuyer de France, et lui donna le collier des ordres le I er janvier 1689. Il mourut dans l'abbaye de Royaumont, le 1 3 juin 17 18.

Il avait épousé, le 7 octobre 1661 , Catherine de Neu (Ville- Villeroy.

Le comte d'Armagnac étaitein des hommes les

mieux faits de la cour, et Ben se rade se plaisait à répéter quil ne se consolerait jamais de n'être pas M. d Armagnac l

11 aimait beaucoup les courses de chevaux, et madame de Sévigné raconte qu'il en fit une dans le bois de Boulogne avec le maréchal de Bellefonds, sur des chevaux vifs comme des éclairs , et qu'il y avait trois mille pistoles de pari.

11 lui arriva une aventure fort désagréable pour un grand-écuyer. Dans la nuit du 3 au 4 juin 1699, le roi étant à Versailles, toutes les housses et caparaçons furent volés dans la grande écurie. 1^ perte fut estimée plus de cinquante mille écus.

« Les mesures furent si bien prises , dit Saint-Si- » mon, que qui que ce fût ne s'en aperçut dans » une maison si habitée, et que, dans une nuit » si courte, tout fut emporté sans que jamais on « ait pu en avoir de nouvelles. M. Le Grand entra • en fiirie; on fouilla Paris et Versailles, mais le » tout inutilement. »

11 parait que ces vols hardis étaient à la mode à Versailles; car un jour le grand appartement, depuis la galerie jusqu'à la tribune, qui était meublé de velours cramoisi avec des crépines et des franges d'or, se trou vajâéva lise. l ui. , les franges

avaient été coupées. Cinq ou six jours après, au souper du roi, un gros paquet tomba tout-à-coup sur la table; un billet s'y trouvait attaché, qui contenait ces mots : « Reprends tes franges, Bon- » tems (i) , la peine en passe le plaisir : mes baise- » mains au roi. » — « Voilà, dit le roi, qui est bien » insolent; » et il se leva de table. Jamais, dit Saint-Simon , qui était présent à cette scène extraordinaire, on n'a pu rien découvrir de ce vol , ni de la hardiesse singulière de la restitution.

(1) Valet de chambre du roi.

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