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BËATIUX-HIÉRONYME DE LORRAINE

ABBESSE DE REMIREMOXT.

Beatrix-Hiéronvme de Lorraine, fille de François-Marie de Lorraine, eomte de Lislebonne, et d'Anne de Lorraine, née le r r juillet 1662, fut abbesse de Remiremont. « Cette abbaye fut fondée, » en 620, par saint Romaric,qui lui a donné son » nom. Vers Fan 920, cette abbaye fut ruinée par » les Huns. Louis IV, fils de l'empereur Arnoul, la » rétablit sur les bords de la Moselle. Les dames » de Remiremont , quoique bien éloignées de pra- » tiquer la règle de saint Benoît, s'appelaient en- » core religieuses au commencement du seizième » siècle; mais, depuis, elles ne se sont appelées » que chanoinesses séculières : l'abbesse avait la » qualité de princesse de l'empire depuis l'an 1307. » Après elle venaient la doyenne, la secrette ou

» sacristine, la tourière ou cellière, et l'aumônier*. » Toutes ces dignités étaient conférées par le cha- » pitre assemblé. Il y en avait d'autres qui étaient » à la nomination de Fabbesse. Il est sûr qu'en- » core au quatorzième siècle les ducs de Lorraine » étaient féables du monastère de Remiremont; » mais il Test aussi que peu après ils prétendi- »rent avoir droit de souveraineté dans la ville; » et, en ï566, les dames reconnurent cette souve- » raineté. Elles étaient au nombre de soixante- » douze; et, pour perpétuer les prébendes, elles » présentaient des demoiselles nobles qu'elles adop- » taient pour nièces, afin de servir et faire l'office » avec elles dans l'église, et maintenir entre elles » une succession légitime. Ces nièces prenaient la » place des dames qui les avaient adoptées lors- » qu'elles mouraient ou qu'elles quittaient le cha- » pitre pour se marier (i). »

Béatrix mourut dans l'année 171 1. Elle avait été aimée du chevalier de Lorraine, favori de Monsieur. On croit même qu'elle l'avait épousé secrètement.

Lorsqu'elle était à la cour de France, où elle resta long-temps, elle avait de l'influence sur l'es-

(1) Moréri, édition de 1759.

prit du grand-dauphin; mais, lorsqu'elle s'aperçut que sa faveur diminuait, elle prit le parti d'aller faire un voyage en Lorraine. « Là, dit Saint-Simon, » qui ne l'aimait pas, la fortune secourut cette fée : » car la petite-vérole enleva tout de suite plusieurs » enfans à madame de Lorraine , entre autres une » fille de sept ou huit ans, qu'elle avait fait élire » abbesse de Remiremont après la mort de la prin- » cesse de Salin. Mademoiselle de Lislebonne fut » élue, à la place de cette jeune princesse, abbesse » de Remiremont. La dauphine, charmée de cette » retraite, me demanda en riant ce que j'en disais. « Ce que j'en dis, madame, lui répondis-je; j'en » suis ravi, pourvu que cela nous en délivre ici; et » à cette condition , j'en souhaiterais autant à sa » sœur (madame d'Épinay). » Et la princesse de rire » aux éclats. »

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