‹ Le chateau d'eu notices historiquesChapitre 41 sur 76 · III · texte numérisé non relu

III

Gaston , et lui apporta en dot le duché de Genevois et les baronnies de Faucigny et de Beaufort.

Les États de Charles-Emmanuel, d'abord trèsagités, étaient devenus brillans et tranquilles après le traité des Pyrénées. Ce prince , qui avait accompagné Christine de France, sa mère, dans le voyage qu'elle fit en i658 à Lyon-, avec l'espoir de marier une de ses filles au jeune Louis XIV, avait vu ce monarque, qui était alors à peu près de son âge; ils s'étaient fait mutuellement des confidences sur leur position, sur leurs goûts et sur leurs plaisirs(i); et, comme si ce souvenir avait eu quelque influence sur leur destinée, leur conduite sur le trône offrit plus d'un trait d'analogie. Tous deux, par respect pour leurs mères, ne prirent que tard les rênes du gouvernement, dont elles ne se dessaisissaient qu'à regret; tous deux développèrent de brillans talens. Ils eurent encore de commun l'amour des lettres (a), le goût de la magnificence, la

(1) « lis firent ensemble, dit mademoiselle de Montpensier , qui était du » voyage, de grandes lamentations sur ce que la tendresse excessive de

• leurs mères les avait empêchés jusqu'alors de se signaler à la guerre. >

(2) Une académie de belles-lettres prit naissance à Turin sous le règne de Charles-Emmanuel 11 : « Mais l'engagement de tenir ce corps littéraire » toujours au complet de quarante hommes d'esprit tous nationaux le fil

* bientôt déchoir et tomber dans l'oubli. »

Cetle modestie ultramonlaine n'a point eneore passé les Alpes.

passion de la chasse, le faste des maîtresses. La cour de Turin devint élégante comme la cour de Versailles. La langue, l'étiquette, les usages de France y prévalurent sur les coutumes d'Espagne adoptées par Charles-Emmanuel I. Christine , et après elle Jeanne-Baptiste de Nemours, y introduisirent, comme Anne d'Autriche dans celle de Louis XIV, une politesse recherchée, et le goût des plaisirs nobles et délicats. « Du temps de ma tante, dit » mademoiselle de Montpensier dans ses Mémoires, » la cour de Savoie était magnifique : c'était le sé- » jour des fêtes et de la galanterie (i). »

En 1675, après la mort de son époux, Jeanne- Baptiste, chargée de la régence, administra le duché de Savoie sans troubles pendant neuf années, après lesquelles elle céda, non sans quelques regrets, les rênes de l'État à son fils Victor-Amédée. Elle mourut le i5 mars 1724.

(t) Le comte de Castellamont fait de la vénerie de Charles-Emmanuel une description si séduisante que Ton croit assister à l'une des brillantes féeries de Versailles.

(Voir les notes du volume 11 des Mémoires historiques sur la Savoie par le marquis Costa de BeauregardO

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