CORNÉLIE
Même air.
Vois si j* suis bonne , et si j'ai d' la rancune , Car j" n'y tiens plus, j* te vas tout dire...
PICHARD
Eh bien , ParP donc tout d' suit', car vrai, j' n'y comprends rien , , Est-c' qu'il nous arrive un' fortune ?
CORNELIE.
Justement, t'y v'ià...
PICHARD
Un* fortun' !.. d'où ça?..
T'as donc des parens qui sont morts dans la lune?.. Nous, rich', voyez-vous, Non d'un !.. gar' là d'sousi Nous ferons en c' cas , Le Château cCButteldorf. 3
Des tas d'embarras ; Pions aurons des g< ns ,
CORSÉL1E.
D' beaux appartetnens ;
P1CBARD.
Nous aurons des ch'vaux , Des terres , des châteaux ;
CORÏiÉLlE, PICHARD.
Quand on a l' moyen , Jl faut n' se r'fuser rien.
ENSEMBLE
Nous aurons des ch'vaux, etc.
Pichard tout joyeux , danse avec sa femme et l'embrasse à plusieurs reprises.
JÉRÔME, demi-aparté. Ah ça, est-ce qu'ils sont fous!
PICHARD. Fous!., fous de joie, oui!
JÉRÔME Comment , vous donnez là-dedans?.. (A Corné lie.) Et où c' qu'elle est, c'te fortune?
PICHARD, de même, Ah! oui, au fait, où c' qu'elle est, c'te fortune ?
JÉRÔME. Je gage que c'est quéque charade... quéque couleur pour vous emblêmer encore.
CORNÉLIE. Dites donc, dites donc, jeune homme, soyez plus honnête, entendez-vous... ce que j'ai dit est vrai, et vous allez plutôt voir...
Elle se fouille.
PICHARD. Dame, si elle l'a dans sa poche... des fois...
CORNÉLIE, lui donnant an journal, voilà la chose...
PICHARD. Quéque c'est que ça? un journal...
JEROME. Pure politique.
CORNÉLIE, lui indiquant du. doigt un passage qu'il doit lire, Pichard continue . «22 février 1835... c'est d'aujourd'hui... (Lisant.) « Étude de Me Jumilly, notaire, rue Saint-Martin: le dernier tirage de la loterie de Francfort a eu lieu le 13 de ce mois, voici l'ordre des numéros sortis, et des lots qu'ils ont gagné: (Vivement et avec joie.) le 9, 70° série, premier lot, le château d'Hutteldorf évalué à plus d'un million!..
CORKÉLIE. Là, est-ce positif?. . le neuf, c'est nous qui l'avons... que Dieu merci tu m'as fait pour ca, une scène, qu'est même cause en partie , que nous nous étions quittés.
JÉRÔME. Je n'en reviens pas!
PICHARD. C'est que c'est vrai que c'est la vérité.
C0RNÉL1E. El que c'était pointant une laineuse idér , )V> père?
P1CHARD, hors Ue lui. J' crois benf.. est-ce heureux qu'elle ait eu la passion de la loterie?., plus d'un million!., mille non d'un petit bonhomme! ma Coinélie! ma petite femme!., et quand je pense que pas plus tard que tout à l'heure, j'ai été sur le point de le céder à c'te vieille ganache de M. Pierrolet!.. {Tirant le billet de sa poche. ) Le v'ia... le \'là... et il n'en a pas voulu; ah! va-t-il faire une mine!... c'te tête qu'il aura... (Tapant sur une assiette qu'il brise.) enfoncé le propriétaire!
JÉRÔME, Prenez donc garde, vous cassez les assiettes.
CORNÉLIE, Ëh-ben!*quéque ça vous fait, si c'est son plaisir, à c' t'homme? parbleu! ne v'ia-t-il pas lepérou! de la fayenee, quand on peut manger dans de la vaisselle plate.
Elle en casse à son tour.
PiCHARDj fiant et l'embrassant. Bien! très bien!., amour de femme , va !.. qu'est-ce que je pourrais encorecasser ?.. disdonc, vois-tu ce logement? et ce mobilier... comme j'espère que nous allons déménager plus vite que ça... et ces chaises!.. (Ilcnprend une qu'il brise. ) Je ne veux plus que des canapés, dés fauteuils élastiques, des bergères, moi!.....
CORNÉLIE. Et t'as raison ; dis donc, mon petit Pichard, tu me donneras aussi une voiture, et puis une loge au spectacle, n'estce pas?..
PICHARD. T'auras tout ce que tu voudras : nous irons dan? les théâtres, dans les sociétés, dans les bals : t'auras des bijoux., des marabous, des robes d'or, des diamans, des...
JÉRÔME. Ah ! père Pichard, v'ià la philosophie qui décanille, mon brave homme!
PICHARD. Pourquoi ça?., parce que je veux jouir du bien qui m'arrive? au contraire, nigaud; le vr^i philosophe doit savoir supporter toutes les positions possibles, vois-tu, et ma foi :
Air : Au revoir.
Je suis riche, à présent Faut qu' je m' divertisse , Au diable la bâtisse Le plâtre et 1' ciment.
■A Cornèlie) Je veux te lancei ,
M' pousser, H faut qu'à la ronde Bientôt , dans lJ grand inonde , Nous soyons cités , Fêtés.
ENSEMBLE
L le suis , .
r, , riche a présent .
' Il est '
Fautqu;jem'divcitj3b faut qu il s
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