‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 124 sur 146 · Arch. nat., T. 20(i · texte numérisé non relu

Arch. nat., T. 20(i

4. Id., T. 2(M^^ N'oublions pas le sieur Pharaon, boulangera Passy.

APPENDICKS

(Calendrier Fidel y \ei^ (jeuvres de Foiitenellc : le Roman de Clelia ; les Œuvres du Sentimenl,\ydr Darnaud ; \e Roman de Circé ' les romans historiques de Mlle de la P'orce ; les œuvres de Mme de la F'ayetle ; les mémoires de Cécile, par M. de la Place ; la Nouvelle Ilèloïse ; les œuvres d'IIamilton ; les Aventures de Rohinson Crusoé : les Mémoires d'un homme de (fualilé, par l'abbé Prévôt et huit volumes de la bibliothèque des français, de l'abbé Gouj^et.

Tout cela estimé fut vendu aux enchères, et le montant fut intégralement })arta';é entre les deux s(curs : Mme de la Tour du Pin et Mme la princesse dTIénin.

La maison de la rue Basse fut abandonnée par les iilles de Mme de Monconseil. et connaître quels furent les autres locataires sort du cadre de cette petite notice.

APPENDICE XXVm

Dix-huitième conseil de Monseigneur le comte d'Artois tenu à Versailles le 20 août 1775*.

Monseigneur

à la droite à la (fauche

M. le Chancelier. M. Laurentde Villedeuil, sccr.

M. de Montcrif, h"' conseiller. des commandements.

M. Danjou, intendant des M. Guyot de Fremont, con-

finances.

M. Elie de Beaumont, intendant des linances.

M. Nogarel, trésorier général.

conseillers.

trôleur général.

M. de Cheveru j intendants M. de Beauvoir j des finances.

M. Kousselot M. Delaune

! conseillers.

M. Doilot )

M. Bourboulon )

M. de la RoboUe, avocat général.

M. Silvestrc, procureur général.

Et à une table placé à costé de la cheminée et de Mgr. derrière le tabouret de M. le chancelier, M. Bourdin secrétaire du conseir-^.

3 — Arrêt pour la nomination des commissaires de Mgr pour l'acquisition de Bagatelle dans le bois de Boulogne.

Mgr, désirant acquérir de M. Pierre-Gabriel-Maurice Joseph

H. Une note dit ({uc cet arrcl ct^t Uu l'i sept. 1775.

'2/0 iiiSKui'.i; 1)1' (:ii\ii:\|- di; iîac \ ii;i.i,i;

(rAlsacc (le llcinii i.icLurd cointc de iiossii piiiicc do. (]|iim;iv Grand (rr'spaj^nio de la première classe, cl, inadaine Laiii-e Auj^usle de Fil/ .James son épouse l'usuriuil, par eux acquise du sieur de la Requière d'une maison cour el jarrlin af)pelée liaj^atellc située près d'une des jjorLes du hois de l>oulo;:iic eulre le château de Madrid et la porte de Lon^^chamj) le dit usufruit placé sur la tête et pendant la vie de la dame marquise de Monconseil à (jui le feu Hoi en avait l'ait don par deux brevets du :28 may I7i7 et :2.") octobre I7i8 et l'intention de Mj;r étant que les «places, ornements, meubles et elFets mobiliers qui seront dans la dite maison soient compris dans l'acquisition qu'il entend en faire aux conditions cv après exprimées ouï le rapport du sieur Danjou conseiller en tiers des conseils et intendant de ses maisons domaines et linances et en le brevet sus datte et les ventes successives faites par la dite dame de Monconseil au sieur comte de Iir)isf^elin, par lui au sieur de la Re^^nière et par le dit sieur de la Rej^nière aux dits sieurs et dame prince et princesse de Chimav les 30 juin 1772, 21 mars, 18 et 22 sept. 1774.

Monseigneur étant dans son conseil a ordonné et ordonne que par le sieur Bastard son chancelier garde des sceaux et surintendant de ses maisons jardins bâtiments domaines et finances et le sieur Danjou conseiller en tous ses conseils intendant de ses maisons domaines et finances qu'il nomme et constitue ses commissaires à l'eiï'et de ce qui suit. Il sera passé pour lui et en son nom avec les dits sieurs Prince et Princesse de Chimav solidairement et sous toute garantie de droit au contrat contenant vente et cession de leur part au proiit de Mgr sous l'acceptation des dits sieurs des commissaires de l'usufruit de la maison appelée Bagatelle et ses dépendances ensemble de tous les meubles meublants, glaces ornements et elfets mobiliers généralement quelconque tels qu'ils sont compris dans l'état qui en a été annexé à la minute de l'acte passé devant Laleu et son confrère notaires au Chatelet de Paris le 21 mars 1/74 entre le sieur comte de Bois Gelaint^ et le sieur de la Regnière lequel contrat sera fait aux conditions et moyennant les prix qui suivent :

1^ A la charge de rendre au décès de Mme de Monconseil

1, Mis pour Hoisgclin.

appkMjici:s 273

la dite maison cL dépendances en tel état de réparation et de la même manière que la dite dame en est tenue en sorte qu'elle ni son représentant et ayant cause n'en soyent inquiétés ni poursuivis ;

2" De payei' les droits auxquels la vente pourra donner lieu ;

',\° De payer pour le prix du dit usufruit la somme de 21.000 livres soit aux dits sieurs Prince et Princesse de Ghimay soit à ceux auxquels ils pourront l'aire délégation de tout ou partie dudit prix;

i*^ De payer pareillement la somme de 15.000 livres pour le prix des glaces, ornements, meubles et ell'ets mobiliers contenus dans Tétat annexé à l'acte sus datte.

Moyennant les dites conditions et payement les dits sieurs commissaires feront subrogerMgrpar les dits sieurs Prince et Princesse de Cliimay dans tous les droits et actions résultant du contrat de vente à eux faite de la susdite maison et déj)endance })ar le dit sieur de la Kegnière par acte passé devant Laideguine et son confrère notaires au Chatelet de Paris le 22 septembre 1774 et notamment dans le droit de se faire rendre par la succession et héritiers de la dite dame de Monconseil la somme de 150.000 livres dans le cas où la dite dame prédécéderait le dit sieur prince de Chimay et dans le droit résultant du cautionnement de la dite Marquise de Polignac pour Texécution de la dite condition stipuleront généralement toutes les autres clauses et conditions requises en pareil cas, Mgr lui donnant à cet égard tout pouvoir, signé Bastard et Danjou.

Note sur Jjelangcr.

Bélanger, le célèbre constructeur de Bagatelle, fut admis chez Sophie Arnould, dont les mots sont célèbres i en 177i et,

1. Dans rAriioldiana, nous Irouvons le suivant : Mlle Miré l'ut plus célèbre par les passions quelle inspira que comme danseuse. Un musicien ([uelle avait favorise étant venu à mourir. Sophie composa son épitaphe. qui est bien aussi une épigrammc : la mi ré la mi la (La Miré l'a mis là).

Une autre fois, Sophie disait, en voyant jouer une actrice fort maigre : « Il n'est pas nécessaire d'aller àSaint-Gloud pour voir jouer les eaux.» Elle n'épari;nait pas ses camarades.

iS

Z/\ iiisMtir,!, hi (:ii\ii;\i: hi, i; \(, \ i i,mj;

comme il était jcinic cl jiiiiiahlc. ([iic ! amoureuse cantatricp le prit comme successeur du comte de ].aura*,niès' dont elle avait eu trois enfants dont l'un, (Constant Dioville de Jiraricas. colonel au li® régiment de cuirassiei's. lut tué à l'airaire de l'île de Lol)au.

M. le docteur Chandebois s'exprime ainsi au sujet de cette liaison :

(( Un instant, elle song^ea à (juitter sa vie turbulente j)our épouser ce petit bourj^eois qui ne demandait pas mieux.

(( Mlle Arnould, après s'être cgayée uu.r dépens de Lin/. d'autres^ vient de fournir matière aux rieurs par le niaria(je le pjlus sol.

(( Ainsi s'exprime Bacbaumont, et comme lui tout le monde crut à ce mariage. On cria à la mésalliance. Une reine de rOpéra épouser un architecte! Quelle chute alIVeuse! VAie laissa croire assez longtemps quelle était devenue Mme Bélanger et ne se lâcha point des plaisanteries quand on lui demanda ce qu'elle comptait faire de cet architecte :

(( // utilisera, répondit-elle, les pierres quon lance dans mon jardin.

« Sophie neut jamais un ami plus dévoué que ce mari de comédie. Le secret connu, il resta son défenseur et son conseiller, veillant sur elle de près ou de loin. Intendant de sa fortune et de sa gloire, il Tempéchait d'emprunter à trop gros intérêts, il lui organisait des triomphes au théâtre ; il défendait sa réputation l'épée à la main. N'exagérons pas, son duel avec le marquis de Villette ne fut pas terrible; il avait été convenu que les deux rivaux se présenteraient l'un contre l'autre, Fépée à la main, qu'on les séparerait; ce qui a été fait. Ce fut un duel pour <( semblant ».

« Bélanger voulait faire plus, il rêva un temple pour sa divinité. Chassée de son hôtel de la rue des Petits-Champs par l'incendie de l'Opéra, Sophie s'était réfugiée dans un appartement de la rue Caumartin, où elle s'y trouvait à l'étroit. Il résolut de lui bâtir une demeure plus belle encore que le palais de la Guimard. 11 se mit à l'ccuvre et fit merveille. Cet hôtel était un éblouissement, tout de marbre et d'or avec des

1. Il donna à cliacun de ces cnfanls 1.500 livres de renie, comme le témoig'ne la pièce des Arch.. y. 42.).

Al'l>EM)lCi:S 2/5

peintures sjDleiulides, des jardins, clés staLues... Mallieui'eusement, il n'exista jamais que sur le papier'.

« lielan^er bâtissait en l^^spa^ne. Sophie s'y était prise trop tard; suivant une expression de l'époque, le Pactole commençait à tarir dans son boudoir. Déjà, en [Il A, l'étoile de notre héroïne était à son déclin: une à une. la fortune lui reprenait toutes les faveurs dont elle l'avait comblée. Son premier revers date de 1 "()('). c'était un avertissement, elle ne songea pas à en tenir compte. Cduitée, dans Sylvie, elle dut abandonner ce rôle.

u Deux ans plus tard, elle eut la malencontreuse idée de prendre celui de Colette, dans le Devin du Village, composé par Jean-Jacques Rousseau, à Passy, lorsqu'il y prit les eaux. 1011e y fut détestable, de l'avis même de ses amis. Ne voulant pas s'avouer vaincue, elle désira alors interpréter Colin dans la même pièce, rôle que Mme de Pompadour avait joué au chàleau de Hellevue, avec le plus i;rand succès. Sophie échoua encore et ne fut pas applaudie comme elle s'y attendait.

(( Ah! dit-elle en rentrant au foi/er, je le sens maintenant IhaJjit ne [ail pas le moine.

((. En 1778, elle fut forcée de quitter le théâtre : sa voix lavait trahie. 11 lui restait son esprit, et on ne manqua pas de le lui dire pour la consoler. Marin, doyen des ^ens de lettres, lui adressa les vers suivants :

(Jiiand on a tant d"es|)ril, de <^ràce, de finesse, Comment peul-on éprouver des regrets!

Les ag-réments de la femme...

\'aIenL-ils tous les dons (pie le ciel vous a faits, (les mois lieureux. ces vives réi)arties Ces traits ])rillants, ces aimables saillies, (lel ail de raconter ([uon n'imite jamais : C'est ainsi (pie par ces bienfaits La Nature vous dédommage.

Qu'elle vous venge de lOulrage Que les ans fonl à vos allrails.

(( Chose curieuse, cet impromptu est écril au dos des deux billets d'entrée que Bélanger avait fait graver pour les personnes désireuses de visiter l^agatelle après l'achèvement des travaux. Ce sont deux petites cartes à la Fragonard, tirées en

l. lîibliolh. liai.. (-ahiiK'l lies l'islampes. Top()t;raphic de Paris. 1.8U.

2/0) iiisroiiu; m: (jiiaikai di; 15a<;a iiij.k

bislre cl reprébcriLaiiL sous de «grands ai-l)res des sj}tiii)\ jcUnil de Teau dans un bassin. An niilicn on lit :

JiAGATIXLI-:

Laissez entrer Ui personne (jin çons reineiira le présent Ce 17

l'OUR QUATR1-; PERSONNES

(( Le comte d'Artois permit, en effet, aux Parisiens de visiter le palais qu'il venait d'improviser; ils y accoururent en foule. Mlle Arnould s'y trouvait avec Belan«^er. Fière de son succès, elle lui murmura à l'oreille :

« Vous devez être bien satisfait de votre ouvrage. Paris s'occupera longtemps de Bagatelle.

« Au moins les revers ne citassent pas Belan^^er; on le retrouve encore auprès de Sophie, faisant ménage avec elle. C'est elle qui veut rompre leur liaison, elle s'éprend de Florence, un des plus tristes acteurs de la Comédie-Française. Bellanger se plaint, essaye de remontrances ; l'ingrate, pour le nouveau venu, congédie le vieil ami, lui écrit pour lui signifier de ne plus remettre les pieds chez elle. Que fait alors l'amant en disgrâce ? Il met sous un nouveau pli la lettre qu'il vient de recevoir, lettre qui ne porte pas de nom et il l'expédie à Florence, Florence se croit congédié, n'ose reparaître. Quand le quiproquo s'expliqua, la fantaisie de Sophie était passée ; elle fut la première à rire de ce bon tour. Murville en fit une pièce : mon compte-rendu^ disait-elle *. »

Les années sombres commencent bientôt après; adieu les jours de fête, le bon temps d'autrefois où tout était beau. Bélanger lui-même l'abandonna pour épouser Mme Dervieux. Sophie se retire à Clichy-la-Garenne où elle est surprise par un camarade, cuisinant, faisant un roux.

— Tu crois que je ne pouvais faire qu'une rousse?

Allusion à la chevelure de sa fille Alexandrine.

J. Bull, de la Sociélé liisLoriquc (.rAuLcuil cL de Pussy.

APPENDICK XXX Note sur Chalgrin

Jean-François-Thérèze. né à Paris en 1739, mort à Paris le :21 janvier 1811. Il appartenait à une ramille honoraI)le de la bour<;eoisie parisienne. 11 obtint en 1758 le <;rand prix de TAcadémie d'Architecture et une pension du Roi pour résider trois années en Italie. A son retour de Rome, il construisit en 170)0, pour le duc de la Vrillière, l'hôtel existant encore aujourd'hui a Tan^le de la rue de saint Florentin et de la rue de Rivoli et qui appartient aujourd'hui à la famille Rothschild. Chalgrin fut admis à TAcadémie royale d'Architecture en 1770 et à l'Institut en 175)9. Architecte du Roi, premier architecte du comte de Provence et intendant des bâtiments du comte d'Artois, Chalgrin épousa en premières noces Marguerite- Kmilie-Pulchérie, lille de Claude-Joseph \'ernet, le célèbre peintre de marines.

APPENDICE XXXI Extrait des registres du conseil d' Etat

Marly, 2 mai 1781'.

Le Roy étant informe que pour rendre les abords du château de Bagatelle appartenant à M. le comte d'Artois, frère de Sa Majesté, plus commodes et plus agréables, il est nécessaire d'ouvrir deux roules dans le bois de Boulogne :

La première : partant de Bagatelle à la porte des Princes ; La deuxième : partant de Bagatelle à la porte Maillot, passant par la croix d'Armenonville ;

Et qu'il serait aussi nécessaire de redresser et d'élargir la route venant du château de Madrid à Bagatelle et allant ii la porte de Longchamp.

Guy le rapport du sieur Moreau de Beaumonl, conseiller d'I'Uat ordinaire et au conseil royaldesiinances... eten présence du sieur Louis-François Du \'aucel, grand maître des Eaux et Forets de Paris...

Signé : Amhlot,

De X'.vrcKL.

pour Monseigneur, comte d'Artois.

Dehov.

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