Chez Ilaclu-lLo, juin 1!)UT
Il IMMÔKACK
(juri il CDUsiLci'Uil un chnitilrc à l'tujj nielle et à ses Unlfs. Il nous ('cr'wnil nussiln/ et nous uif/if/uaif. les misons (ful lui faisnicnl croire (fue Mlle de (^luirolnis n'urnil ni ]>()Ssédc ni loué Jinf/fi/cllr. A eeffe lec/iire, noire rrjni'ie/ifjn, fut éhranlce. L^n/J'airc devenail inijjorL'uite. ()r,f/uelffues jours après, nous nous niellions à la rrc/terchc de, nouveaux documents. Ce (jui prouve une fois de plus f/u un ouvrage d'iiisloire nu jamais trop de pièces juslificatlves et n'est jamais Iroj) annoté.
Après quelf/ues jours de labeur agréable.^ soit au./- Archives de la Seine, soit aux Archives nationales, f/uidé par M. Lazare et par nos amis, nous étions obligé de passer dans le camp de M. (iailhj de Taurines. Xous allions le visiter dans sa four d'ivoire et nous lui faisions amende honorable : Mlle de Charolais n'a pas habité Bagatelle.
Il flous fallait le dire et le prouver, c'est la raison de
cette préface.
On n'est même pas d'accord sur l'époque où Mlle de Charolais aurait pris possession de cette propriété.
M. Circaud, dont nous venons d'avoir le plaisir de faire la connaissance, — M. Circaud, cependant très documenté sur les questions ayant trait à l'histoire de Neuillij , — écrit récemment ' ; « On dit que Mlle de Charolais, ne voulant plus habiter le Petit-Madrid dont elle était propriétaire, obtint de Louis XV la concession de 17 arpents situés dans le bois de Boulogne et quelle g fit un somptueux pavillon connu sous le nom de Pavillon de Mademoiselle, mais qui prit bientôt le nom de Bagatelle. » Ceci soi-disant en 1135.
M. F. Bournon insiste sur ce point que Mlle de Charolais vint à Bagatelle quelques années après 1736- : « Le nom de Bagatel apparaît pour la première fois, à la date du 18 mars 1136^ dans les registres paroissiaux de Villiers. Quelques années plus tard, Mlle de Charolais unissait
1 . IkilleLiii de la Commission municipale historique et artistique de Ncuilly-sur-Seine, 1901, p. (il).
t. Etat des commîmes à la lin du wx" siècle publié sous les auspices du Conseil j^éncral, Neuilly-sur-Seine, Montourain, 1904, p. 20 et -7.
la possession do celle résidence à celle de Madrid ; elle la sous- loue à divers propriétaires, et finalement^ en i777, elle appartenait au comte d\[rtois, » Et il dit ailleurs ' ; «... Mlle de C/iarolais, châtelaine de Bagatelle... »
Or, aucune pièce manuscrite de l époque ne dit que la princesse possédât ou habitât cette propriété, comme nous allons avoir l occasion de te démontrer.
MM. E. Circaud et E. liouiiion sont d'accord en ce que Mademoiselle fit construire un j)avillon à Madrid, mais aucun document ne dit que ce pavilloti soit Bagatelle (fui existait déjà. Xous avons trouvé la preuve de cette construction, et nous aurons l'occasion d'en ])arler dans un prochain ouvrage.
Mais, avant dédier plus loin, voijons pourquoi ces deux auteurs, auxquels nous nous bornons, ont pu écrire les lignes (/ue nous avons citées?
En il S,), dans le ^'oyag■e pittoresque de la France-, ouvrage très intéressant au point de vue des estampes, on lit sur la notice qui accompagne une vue du Pavillon de Bagatelle, celui du comte d'Artois : a Bagatelle était autrefois un petit château qui fut longtemps occupé par Mlle de Charolais, dans l'enceinte duquel elle donnait des fêtes où les garçons et jeunes //lies du voisinage venaient danser '. »
C'est Mme la mar(fuise de Monconseil qui donnait des fêtes à Bagatelle ; elles sont co?înues et nous en parlons au cours de cet ouvrage ; mais c'est de cet écrit que sont parties les erreurs qui ont été si souvent reproduites qu elles ont pu tromper deux hommes au Jugement si sûr, MM. E. Circaud et E. Bournon ; et cela parce que Mlle de Charolais était plus connue de Mme de Monconseil. La gracieuse marquise aurait pu relever l'erreur, car elle ne mourut (/u en 1787, deux ans après Uapparition du Voyag-e pittoresque de la France.
Befaisons rapidement l'histoire du c/iâteau. Cela nous donnera de nouvelles j)reuves.