‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 55 sur 146 · Voir appendices, u" IG · texte numérisé non relu

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;>. Voir appendices, ii" 20.

A g-uider son enfance :

Que son berceau soit orné Des roses de Gythère.

\'ive, vive reniant nouveau-né Et qu'en tout il prospère!

^''énus Ta déjà doté De l'a<;Tément des grâces.

Il sera vif, enjoué.

L'amour suivra sa trace :

Qu'à jamais lui soit donné L'heureux talent de plaire.

Vive, vive l'enfant nouveau-né !

Qu'il ressemble à sa mère !

De même il recevra

Goût, génie et sagesse.

La prudence éclatera

Dès sa tendre jeunesse :

Que des arts environné

Son esprit les éclaire.

Il faut que le petit nouveau-né

Ressemble à sa <2rrand'mère.

Le don qu'il reçoit de Mars Est l'ardeur pour la gloire.

Et sans craindre les hazards Il suivra la victoire :

Je vois qu'il est destiné Aux honneurs de la guerre.

Vive, vive lenfant nouveau-né !

Qu'il ressemble à son père 1

De sa maman il aura

L'excellent caractère.

La valeur de son papa.

L'esprit de sa grand'mère .

De Bijou l'air fortuné

l^^t la grâce gentille :

Les dieux font du petit nouveau-né

Un portrait de famille.

Pendant la révolution, la comtesse de la Tour du Pin fut arrêtée et plus tard enfermée, rue de Charonne, dans

104 IIISTOIIU; l)l' CIIATKAT I)i: l5Af;Alf:LLE

la maison nclhoirîinc, où clh; obtint d alhîr pour des raisons de santé, l^^llc s'y rencontra avec la duchess(* d'Orléans, la citoyenne Eg-alité, qui continuait l(;s charitables bienfaits auxcjuels elle s(; livrait avec tant de i^iràce autrefois '.

La seconde fille de Mme de Monconseil- fut Adélaïde- Félicité-llenriette, baptisée à Saint Sulpice le JO avril 1750''. ]']lle eut pour parrain le marquis de Saint-Simon, représenté par François Berthelot de Baye, et sa marraine fut Marie de Gursay, épouse du marquis de Polif^nac. dont nous avons parlé plus haut. Cette fillette fut liijou'.

Tandis que Mme de Monconseil marquait des sig-ncs évidents de g-rossesse, elle reçut de lord Chesterfield une jolie lettre dont voici un passage :

A propos d'incommodités, vous en avez actuellement une dont vous ne m'avez pas fait part et à laquelle pourtant je m'intéresse, c'est votre grossesse. Je vous supplie de la terminer par l'heureux accouchement dun fils, car je ne veux pas que l'esprit et les talents qui vous disting"uent de votre sexe tomlient en quenouille. Détachez-en quelque petite province pour dot à mademoiselle votre fille ^, mais je veux que ce soit un fils qui hérite de votre empire. Puisse-t-il vous causer le moins de douleur possible à son début dans le monde et toute la joie possible par ses prog'rès \

Et, quelques jours après avoir reçu la réponse de Mme de Monconseil :

Que voulez-vous dire avec vos quarante-trois ans?... Est-ce que les lois de la nature, de pays ou de bienséance ont établi cette époque pour la stérilité ? Je vois an contraire que votre grossesse actuelle est une grossesse de bienséance et de devoir. Vous aviez trop peu travaillé pour la société ; vous lui deviez encore de votre race et vous recommencez à présent à vous acquitter de ce devoir. Je vous en annonce encore quatre ou cinq de suite...''

1. Mme de La Tour du Vin habitait à cette époque rue de \'erneuil. i. Arcti. de la Seine.

;5. Ed. Fournier. Chroniques et Lé(/endes des rues de Paris, p. 182. 4. Mlle de Monconseil, qui épousa le comte de la Tour du Pin. •i. Lettre du 4 décembre 174'J.

(>. Lettre du l" janvier IT.'id. Voir l'ouvrage de M. Gailly de Taurines.

LES AMIS DE :\rADAME DE MONCONSEIL 1 05

Ayant appris Iheureuse naissance, lord Chosterfield put écrire :

Me voici hors d'inquiétude, Madame... Si vous acceptez de continuer la fabrique d'enfants, n'y mettez plus, s'il vous plaîl, un si lon^- intervalle, mais faites-le tout de suite...

Son vœu no fut j)as accompli, mademoisello la seconde fut mademoiselle la dernière, Hijou fut actrice à presque toutes les fêtes données à Bagatelle ^ Et M. Tablée de Boufïlers lui fit la chanson suivante:

(Chanson (]e M. ra))bé de Boulïlers i)()ur liijoii.

Sur l'air : Mnnian, Je vriir Colin.

En vers comme en pastelle S'il vous plaisait, ma l)elle.

Friton entreprendrait Votre joli portrait.

Le pastelle doit craindre De ne pouvoir pas peindre Tous vos-talens divers Aussi bien que les vers.

S'il s'a^nt du visage Ils n'eut plus l'avantap^e.

J^es crayons scauront mieux Imiter vos beaux yeux.

Voilà pour vous bien rendre Le parti qu'il faut prendre.

Il faut plusieurs portraits Pour tracer tous vos traits.

1. Ello fui c\\ i)oiision, Li'-nioiiî la i)ièco suivunLe : « X(nis, scrui' Louise de I^ajarie, prieure des ri'li^icuses bénédictines de NoLre-Danie de Consolation du Chasse-Midy, reconnaissons avoir reçu de Mme la marquise de Monconseil la somme de cent vingt-cinq livres pour un quartier de la pension de Mlle sa lille, échue le :28 octobre de lannée 17.)'.l. Fait à Paris ce 24 décembre ITri!), de plus reçu 40 livres pour deux voies de bois. Sij^né : Delajarie. »

Autre pièce de Mme la mar(juise de Monconseil : « reçu

72 livres pour une année de lo^i-r de sa Iribinie éelmi' le [■■' jnillel 1760. Sii^né : Sœur Marie. »

100 IIISTOIBE 1)1 • (JIATKAi; Di: l'.AflA'l KIJj;

Si je (".'lis voti-o mine Jeune, jolie cl line, (^liaenn assui'énient Vous ci'oira un en Tant

Mais si j'ai l'art d'écrire Ce que vous savez dire.

A ces traits mille j^ens Vous donneront vinf,^t ans.

Elle épousa en 17G6 Alexandre-Gharles-Marc-Marcellin d'Alsace Chimav-Liétardd'IIénin, prince du Saint- Empire, né le 17 juin 1744, nommé précédemment le marquis de Verre*. Elle devint, en 1778, dame du palais de la reine Marie- Antoinette.

Charles d'Alsace avait deux frères et quatre sœurs. L'un de ses frères, Thomas-Alexandre-Marc, commandant des gardes du roi de Pologne, grand d'Espagne de 1"' classe, avait épousé le 25 avril 1754 Madeleine-Charlotte Le Pelletier de Saint-Fargeau ; il fut tué k la bataille de Minden le 1 ^^'août 1 7 59 . L'autre , Pierre-Gabriel-Maurice- Joseph, épousa le 25 septembre 1762 Laure de Fitz James-, (juant k ses sœurs, Fune, Anne-Gabrielle, fut mariée le 20 octobre 1750 k Victor Maurice de Piiquet. marquis de Garaman, et une autre, Gabrielle-Charlotte-Françoise,

1. La Ghenaye-Desbois appelle Mlle de Monconseil, P^tiennette do Monconsoil. Les armes de cette famille d'Alsace, branche de Chimay, sont de gueules à la bande d'or.

Elle reçut du roi, à l'occasion de son mariage, une pension de 4.000 livres.

Brevet de 4.000^ de pension en faveur de la D"* de Mojitconseil à compter le 19 septembre 1766.

Aujourd'hui... Le Roi voulant donner au S'" marquis de la Vaire, prince du Saint-Empire Komain une marque de la bienveillance dont Sa Majesté l'honore et sa maison, et voulant d'ailleurs favoriser son établissement, Sa Majesté à cet elï'et a accordé et fait don de la somme de 4.000^ de pension annuelle à la Dlle de Montconseil que le D' S'' M'" de la Vaire est sur le point d'épouser pour lui tenir lieu de douaire, de laquelle somme elle commencera du jour que led. douaire pourroit avoir lieu, et en être alors payée par les gardes du Trésor royal suivant les états ou ordonnances qui en seront expédiées en vertu du présent brevet que pour assurance. Arch. nat. O' 110 p. 488 V".

2. Gaston Maugras, Le Duc de Lanzun et la cour de Marie-Antoinelle, p. H2.

épousa le 18 novembre 175") Jacques-François, vicomte de Gambis.

Son père, Alexandre -Gal)riel -Joseph, avait épousé Gabrielle-Françoise de Beauvau-Graon, fille de René -Marc de Beauvau, prince de Graon, et de Marguerite de Ligniville, née comtesse de Ligniville.

Gette belle alliance ne paraît cependant pas avoir fait le bonheur de la jeune et jolie de Monconseil, (jui suivit les nKPurs relâchées de l'époque. Elle disait : << Il nV a que deux hommes sachant parler aux femmes: le Kain sur le théâtre et M. de Vaudreuil dans le monde'. » VA\c avait à ce moment une li;uson avouée avec le chevalier de Goigny -, tandis que son mari, qu'on appelait le nain des princes, s'était rendu célè])re par sa liaison avec Sophie Arnould.

La mort seule l'avait sép;u\''e de son mari, conmie nous le prouve une procuration qu elle lit à Paris le 7 décembre 1792 devant maître Gibert, notaire, et une autre donnée le 14 du môme mois faite au secrétariat du directoire du district de Ruffec (Gharente) donnant pouvoir à Versailles au nommé Louis-Xicolas Gaillou, et à RufTec au nommé Jean-Baptiste Thorel.

Ges procurations étaient données au sujet d une rente de 8.000 livres qui lui était due par la succession et les héritiers de Gharles de Broq-lie et de dame Louise- Auguste de Montmorency, son épouse.

Gette rente avait été constituée au profit des siens à dame Gourbon de Blénac, par contrat passé devant M'' Le Pot d'Auteuil le 2o avril 1775 et transportée par les Gourbon de Blénac à la dame d'IIénin par contrat passé devant Brehet de Lagrange le 28 décembre 1785 ''.

Le mari de Mme d'IIénin fut ii"uillotiné. Elle émicra

i. Gaston Maupras, le Bue de Lniiznn et la, (Jour infime ,ie Louis X V, p. 1(»7. Le prince d'IIénin de\ail danser au fameux l)al donné par Mme de M^repoix, ayant pour partenaire Mme de Stainville (hiver ITGG-ITC)") Id., p. 17!). qui l'ut enlevée par son mari la veille du bal. à cause de sa liaison avec le duc de Lauzmi. Mme d'IIénin l'ut également remplacée, ayant été prise dans la journée même d'un liei-pès miliaire.

^2. Elle devint dame d'honneur de Marie-Antoinette en 177.').

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