PRÉFECTURE DE LA SEINE
21 floréal, an IX
Vu le mémoire d'Adélaïde-Félicité-Henriette Guinot Monconseil, veuve fie Charles-Alexandre-Marc-Marcelin d'Alsace Liétard Ghimay d'Hénin tendant à ce que, conformément à l'arrêté du consulat de la République française du six lloréal présent mois, portant radiation de la liste des émii^rés... Elle avait donné pouvoir à Charles-Hein^y Roux pour suivre la liquidation de toutes créances sur la République française exigibles et résultantes de constitution de rentes perpétuelles
1. Ils habitaienl lors de la Hr-Nolnlion, lO" mairie, domicile rue de Varennes, n° 404. division de la l'onlaine de (îrenelle, secticm de la Ooix-Rouge. Pour cette pièce et les états que Ion voit ensuite, Arch. nal., I. I(i3i, n° "21.
LES AMIS Di: MADAMt: DE MONCOiNSElL 109
cl viagères et de pensions (arrêté du 1() floréal au {))... au sujet d'un contrat de S. 000 livres de rentes au f)i-incii)al de 160.000 livres sur la succession de M. le comte de Hroglie au profit de Mme la princesse d'IIénin '.
Déjà elle avait reçu des arrérag-es de cette rente, notamment en 1792(1. (100 livres), mais elle ne toucha le capital qu'en 1801.
Après avoir vécu à Técart pendant tout l'empire, après avoir vu les jardins de Bag-atelle envahis par les incroyables et le peuple de Paris ([ui s'y donnaient rendez-vous ])our y faire de larges boml)ances dans le restaurant du sieur Born, Mme d'IIénin rentra à la cour à la seconde abdication.
Voici le portrait qu'en trace Mme la vicomtesse de Noailles ' :
J'ai vu en la princesse d'IIénin une chaleur et une vivacité qui étonneraient bien aujourd'hui. Notre tante avait été i)elle, à la mode, et, je pense, un peu coquette. A ce dernier fait près, Tàj^e n'avait rien chan<^é en elle. La ligure resla noble et a<^réable jusqu'à la fin de sa vie, et son caractère ne subit pas la plus petite modification.
C'était une personne toute en mouvement, je nai rien vu de si vif. Quand la dispute s'échauffait entre elle et mes parents je ne pouvais m'empôcher de trembler pour eux. Les cris, les interruptions, les démentis, les sorties furibondes en brisant les portes, tout faisait croire qu'ils ne se reverraient de la vie.
1. CxlLc rente veiiail de la vente qui fut laite par Mme d'IIénin aux C.oui'hon de Blrnac de la terre et de la seigneurie de Courcoucy en Saintonf::e. cjui l'avaient payé par une rente qui leur venait des de Hrofilic. Arch. nal.. t. l()34, n» 27. Les Courbon de Blénac étaient des allies de Mme d'IIénin par les de Polij;nac et pnv une sceur de son père N. de Monconseil qui avait épousé en KiilO X. de (Bourbon de St-Lé}j;er, seigneur de Berneuil, capitaine de vaisseau du Roi qui eut : (^harles-Marc-Antoine, né en \(\9o, (jui épousa en 171!) N. du Clerc, et Estelle de ('ourbon de Saint-Léger, née en HiîKS, mariée en 1711 à N. d'Aiguières, gentilhonnne d'Arles.C^liarles-Marc-Antoinc; eut: I" N. de Gourbon, appelé marquis de la Roclie-Courbon ; 2° Jean-IIippolyte, né en 1721, clerc du diocèse de La Hochelle. reçu chanoine de l'Eglise métropolitaine de Paris le 20 mai 17;)7 et 3"^ N. deCourbon, né en 1724, pensionnaire à l'abbaye de Reaumont-lcs-Tours.
2. Vie de l;i princesse de Poi.v. par Mme la vicomtesse de Noailles, sa petite-tille ; publiée en 1855 par Mme la duchesse de Mouchy. fille de la vicomtesse de Noailles. (Ribliot. nat., L n" 71t).44ij, p. 20 à 28.)
110 iiis'ioiiti; Di CHAINAI i)i: I!A(;a'h;lm-:
Il csL vpiii (jiH', lo moniotil diipros, ou liaiL de soi et des ;iu- Ires et qu'on ne s'en ;iiinaiL (jH(; mieux...
l^llc fui dame du j)alais de la Heine, extrêmemeriL à la mode. eL resta toute sa vie volontaire, impétueuse, irascible ; mais, avec tout cela, si bonne, si {.généreuse, si dévouée à ses amis et aux plus nobles sentiments, et puis si spirituelle, et, par suite de son extrême naturel, si parfaitement orij^inale, qu'elle excitait constamment l'airection, l'admiration et en même temps la j^aieté.
Sa réputation fut attaquée en deux occasions : d'aboid au sujet du chevalier de Coij^ny ', et ensuite du marquis de Lally-Tollendal. La première de ces médisances l'ut à peine l'ondée : la seconde devint respectable, car il s'ensuivit une amitié dévouée qui dura jusqu'à la mort de ma tante devenue fort pieuse plusieurs années avant la lin.
On reconnaît bien Ik la petite fille g-àtée de Mme de Monconseil qui lui accordait ses quatre volontés.
Mme de Monconseil ne vit pas la Révolution. Quand elle abandonna sa jolie maison de Bagatelle, ne pouvant plus subvenir aux frais qu'occasionnait sa vétusté, elle en loua la jouissance à M. de Boisgelin par acte passé devant notaires le 30 juin 1772.
M. de Bois2relin «r-arda cette maison deux ans ; et, le 2J mars 1774, il en passa la location de jouissance à M. de la Regnière par acte passé devant Laleu et son confrère, notaires au Ghàtelet de Paris -.
M. de la Regnière passa seulement l'été de 1774 à Bagatelle, et, par actes du 22 septembre 1774, il en repassa la location de jouissance à Pierre-Gabriel-Maurice- Joseph d'Alsace d'Henin Liétard, comte de Bossu, prince de Chimay, grand d'Espagne de première classe, beau-frère de Mlle Adéla'ide de Monconseil qui, comme nous l'avons dit, avait épousé Gharles-Alexandre-^Iarc- Marcellin d'Alsace.
G'est Pierre d'Hénin, dit prince de Ghimay ' qui céda