‹ Le chateau de CompiègneChapitre 21 sur 40 · DE · texte numérisé non relu

DE

Marque du camp et choix du quartier du Roy.

Assemblée de Tarmée.

Manière de donner les ordres.

Police de l'armée.

Distribution du pain, de la viande et du fourage aux troupes.

Destail des distributions de poudre , de plomb , d'outils et de toutte autre ^hose, de quelque nature que ce soit.

Gardes aux environs du camp pour empeacher les soldats, cavaliers et dragons, de s'escarter.

Connoistre les environs du camp, les passages, les ponts , les bois , les ravines , les lieux où Ton a des gardes de cavalerie et d'infanterie.

Dans toutes les actions qui se passeront, {les grenadiers auront des grenades que l'on a préparées. Voir le maniement des armes.

Avoir soin de l'hospital , et le visiter. Une revue de commissaire.

L'armée en bataille sur deux lignes^ avec la réserve, fera trois salves générales des troupes et du canon quand on arrivera, et trois autres salves à l'entrée de la nuit, comme l'on fait d'ordinaire pour une réjouissance.

58o PIÈCES JUSTIFICATIVES.

Une marche ordinaire de toutte Tarniée et de l'artillerie , avec une halte posant de petites gardes pour n'estre pas environnés de partis ennemis.

Un fourage avec les troupes nécessaires pour faire un cordon autour du lieu où Ton devra fouragei*.

Une allarrae avec une fuite de fou rageurs , après un coup de canon que Ton tirera du camp pour les rapeller.

L'escorte se retirera en bon ordre devant les troupes qui auront paru vouloir tomber sur les fourages.

Séparation de l'armée en deux , et marche des deux armées s' observant et essaiant de prendre quelque [avantage] Tune sur l'autre ^ avec plusieurs partis sur les aisles et aux arrières gardes ; les armées se mettront en bataille dans les postes qu'elles choisiront ; l'on recannera et l'on escarmouchera à la teste des gardes entre les deux armées ; quelques officiers demanderont à parler sur parole.

Vï

On poussera les gardes de l'armée qui seront soustenues par le piquet , qui obligera ceux qui auront poussé à se retirer un peu brusquement , mais avec quelque ordre , au corps qui les aura destachés ; l'allarme sera dans le camp , l'infanterie prendra les armes, la cavalerie montera précipitamment à cheval , et quand le piquet se retirera y les troupes rentreront dans le camp.

On pourra faire gaigner diligeament quelque poste par des dragons, soutenus par un corps de troupes considérable; à la veue des ennemis , un combat général ; après , se postant départ et d'autre le mieux que Ton pourra^ se servant de l'infanterie , des dragons et du canon dans les lieux où ils pourront servir utilement, une des armées pourra se retirer, avec ordre, devant l'autre. Dans tous les mouvemens que Ton fera , on marquera bien le$ lieux jusques où Ton devra pousser, et ceux d'où l'on devra se retirer. 11 faut en bien instruire les officiers, afin qu'il n'y ajit point de confusion ny de désordre , et qu'il n'arrive rien de fâcheux.

Un passage de rivière en marchant aux ennemis «t en se retirant.

Une armée se retranchera, et l'autre l'attaquera ; les lignes seront forcées , mais l'armée chassera l'autre des retranchemens , et l'obligera à se retirer.

On investii*a une place , on ouvrira la tranchée , on fera une batterie, le canon tirera de part et d'autre, la cavalerie portera les fassines , les travailleurs aussi avec leurs outils ; on battera une chamade , on fera une capitulation -, et s'il y a du temps, on prendra les postes et l'on verra sortir la garnison.

Un conyoy avec son escorte inquiestée à la teste, dans le$ Qanç^ et la queue de la marche, par des partis.

58a PliCES JUSTIFICATIVES.

xn.

On changera de camp , marcbant sur plusieurs collonnes arec les destachemens à Tordinaire , pour assurer sa marche et pour aller au campement. On fera remarquer comment la cavalerie s'esbranle , et comment touttes les troupes doivent passer des défilés en confusion et sans desordre.

Dimanche 7, on poussera les gardes.

Lundy 8 , repos.

Mardy 9, revue généralle.

Mercredy 10, maniement des armes.

Jeudy II, marches , changemens de l'armée. Yendredy 1 2 , investiture de Compiègne , ouverture de la tranchée.

Samedy 1 3, repos.

Dimanche 14 9 fourage.

Lundy i5, repos.

Mardy 16 y séparation d'armée , combat général.

Mercredy 17, repos.

Jeudy 1 8 , repos.

Yendredy 19, passage de rivières.

Samedy 20 , despart.

LETmE DU DOC DB BOUFFLERS A M. D AN6BftTILUEBS, Bl« LUI BNVOTAlfT LE MANUSCRIT DE LOUIS XIV QU'iL AVAIT BRTBE LES MAINS.

Peut-être , Monsieur, serès-vous bien aise de faire voir au Roy (Louis XY) les dispositions de l'ancien camp de Com-

PJÈCES JUSTIFICATIVES. 583

piègne , éciites de la main inéine du feu Roy, et teHes que je les ai depuis peu dans des papiers de mon père.

J'ay l'honneur d'être très parfaitement , Monsieur, votre très iHimble et très obéissant serviteur ,

Le duc DE BOUFFLERS.

ÉLOGE MONOSTLLÂBIQUE DE LOUIS XIY, PAB M. HONGNANT.

a Grand Roy, tout est grand dans toy, le cœur, l'air, le port, le bras. La Paix et Mars sont dans tes mains , et n'y sont plus quand il te plaist. Tout est plein de ton nom ; tu fais ce que tu veux , et tu veux tout ce qui est droit et saint. Ton joug est très doux ; nul ne te sert qu'il n'ait le prix qui lui est dû. Tu sçais et fais le fin des arts; ton œil et tes soins vont fort loin ; sous toy le pur sang de tes lys ne sort plus du corps sur le pré pour un point fort vain; on ne boit pas la mort dans un jus trop froid ou trop chaud ; et la Foy n'a que du bon grain dans son champ. Ce que tu fais n'est pas moins grand que toy. Tu joins les bords du Rhin sans pont ; les bords du Mein et de la Lys , teints du sang de ceux qui sont en tout moins que toy, sont à ce jour pleins de tes gens de cœur , et ceux à qui le poids de ton bras a fait un grand tort sont dans la peur pour leurs forts , que ta main a prîs il y a près de dix ans. En vain ceux dont le Turc est las fontils un grand feu vers le Rhin : un seul de nous^ sous ton œil plein du feu de Mars, vaut cent Turcs. Si tu es grand dans ce qui sert à tes vœux , tu ne l'es pas moins dans un mal ' qui ne

* Maladie du roi.

584 PIÈCES JUSTIFJCATIVKS.

t'a pas fait des loix. Ahi dans ce temps tout fut pour toi dans le deuil ; mais ton cœur, plus que Fart et le temps, mit fin -à ce mal qui fut le mal de tous par la part que Ton y prit. Que de vœux ! que de feuic ! que de ris ! que de jeux ne viton point? £t Ton n'en fit pas trop. Je ne dis pas que des Rois qui sont loin de nous ' nous ont fait voir, par des dons que leurs gens t'ont faits de leur part, et de droit, en quel haut rang tu es dans leur cœur et dans leur cour. £n ce temps-là , le sort du chef d'un grand corps ', mais trop vain, fut le sort d'un ver. Quels fei*s ne romps-tu pas^? Je vois la mer et ceux qui y font des vols , pour qui tu mets leurs murs en feu , sous tes loix^. Ton fils , en qui tu te vois peint , va sur tes pas où ton cœur s'est fait voir. A sa voix les forts sont pris tout d'un coup , et les tours sont à bas. En moins d'un mois , un grand et gras champ de Mars se rend à luy ^ : qui ne le sçait ? N'a-t-il pas eu tous les cœui's de ses gens à soy ? Par sa main il rend doux les coups de Mars ; à ce prix-là , ils sont prêts de voir la mort sans peur. Mais ces hauts faits sont moins grands que ce que tu as fait pour un Roy ^ à qui des cœurs bas, sans loy et sans foy , font un grand tort. Tu luy tens les bras j son fils, et le sein à qui il doit ses jours , sont sous tes soins ; tu romps le cours de leurs vrais maux par tant et tant de dons que tu leur fais tous les jours ; ils ont chez toi leur cour, leur train , et tout ce qui est dû à leur rang. Ce Roy qui t'est si cher, part pour voir si les cœurs des Lords ne sont plus si durs , et par tes

I Ambassade du roi de Siam, 3 Doge de Gènes.

3 Esclaves délivrés.

4 Algériens bombardés.

3 Palatioat du Rhiu.

^Réception du roi, de la reine de la Graiidc-Bretague et du prince de Galles.

soins il pleut de Tor sar cent mâts qui vont au gré des vents. Six vingts chefs que Mars voit de bon œil , et deux grands corps de gens à qui le fer et le feu ne font point de peur, sont pou» luy près de Brest. Fais-luy voir, grand Roy, ce qui fait ses vœux ; tu le peux toy seul fais : ce grand coup , et n'en fais plus; car je n'ay plus de mots si courts 9 et ils font tort à ton grand nom. Je me tais.

MARIAGE DU ROI ET DE LA REINE DES BELGES- (Extrait des registres de Fétat civil de la maison royale.)

L'an mil h«it cent trente-deux , le jeudi , neuvième jour du mois d'août , à huit heures et demie du soir :

Nous , Ëtienne-Denis , baron Pasquier, pair de France , président de la Chambre des Pairs, grand-croix de la Légion d'honneur, remplissant , aux termes de l'ordonnance royale du !i3 mars 1816, les fonctions d'officier de l'état civil à l'égard des piînces et princesses de la maison royale , accompagné seulement (attendu l'absence de Charles-Louis Huguet, marquis de Sémonville^ pair de France, grand référendaire de la Chambre des Pairs ) de Eugène-François Cauchy, auditeur au conseil d'État , gai'de des registres et archives de ladite Chambre des Pairs, remplissant les fonctions de greffier dudit état civil, nous sommes transportés, d'après les ordres du Roi , au Château royal de Compiègne, dans le grand cabinet de Sa Majesté , où s'étaient également rendus , par ordre du Roi , Horace-François-Bastien , comte Sébastiani de la Porta, ministre secrétaire d*État au dépar-

tement des affaires étrangères , lieutenant général des armées dn Roi, grand-^croix de la Légion d'honneur; Félix Barthe, garde des sceaux de France , ministre-secrétaire au département de la justice ; Charles-Amé-Joseph Lehon , envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Sa Majesté le roi des Belges, officier de la Légion d'honneur ;

Où étant , avons procédé à l'acte de mariage du très-haut , très-puissant et très-excellent prince Léopold, premier du nom (Léopold-George- Chrétien-Frédéric), roi des Belges , duc de Saxe, prince de Cohourg- Gotha , né à Gobourg le seize décembre mil sept cent quatre-vingt-dix , fils majeur de très-haut et très-puissant prince François- Antoine , duc de Saxe , prince de Gobourg et Sallfeld , et de très-haute et très-puissante princesse Auguste-Gàroline -Sophie , duchesse de Saxe, veuf, le six décembre mil huit cent dix-sept, de très-haute, ti*ès-puissante et ti'ès-excellente princesse Gharlotte-Augusta , fille de très-haut, très-puissant et très-excellent prince George lY, roi du royaume-uni de la Grande- Bretagne et de l'Irlande , d'une part ;

£t très-haute et ti*ès-puis&ante princesse Louise-Marie^Thérèse-Garoline-Isabelle, princesse d'Orléans, néeàPalerme le trois avril mil huit cent douze , fille mineure de très- haut, très-pijussant et très-excellent prince Louis-Philippe, premier du nom , roi des Français, et de très-haute, très^puîssanté et très-excellente princesse Marie- Amélie» reine des Français , d'autre part.

£t à cet effet , en présence dudit très-haut , très-puissant et très-excellent prince Louis-<Philippe, premier du nom, Roi des Français , et de très -haute 9 très-puissante et trèsexcellente princesse Marie - Amélie , Reine des Français , comme aussi en présence de très-hauts et très-puissants princes Ferdinand -Philippe - Louis - Gharles - Rosolin d'Orléans , duc d'Orléans , prince royal ; Louis-Charles-Phi-

PIÈGBS JUSTIFICATIVES. 687

lippe-Raphaël d'Orléans , dac de Nemours ; François- Ferdinand-Philippe-Louis-Marie d'Orléans , prince de Join- ▼ille ; Henri-£ugène-Philippe-Louis d'Orléans , duc d'Auniale; Antoine-Marie -Philippe -Louis d'Orléans, duc de Montpensier, fils de LL. MM.; et de très-hautes et très-puissantes princesses Marie-Christiae-Caroline— Adélaïde- Françoise-Léopoldine , princesse d'Orléans; Marie-Clémentine- Caroline-Léopoldine-Clotilde , princesse d'Orléans , filles de LL. MM. ; et de très-haute et très-puissante princesse Eugénie-Adélaïde-Louise , princesse d'Orléans» sœur du Roi y

£t aussi , en présence des témoins désignés par le Roi , savoir : Pour Sa Majesté le Roi des Belges , Philippe- Jean- Michel, comte d'Arschot, membre du sénat belge, grand maréchal de la cour ; et Philippe-Félix-Balthazar Othon , comte de Mérode , membre de la chambre des représentants de la Belgique^ ministre d'État;

Et pour Son Altesse royale la princesse , future épouse , Claude-Antoine-Gabriel , duc de Choiseul , pair de France , lieutenant général des armées du Roi , aide de camp de Sa Majesté, commandeur de la Légion d'honneur; François, marquis de Barbé-Marbois , pair de France, premier président de la cour des comptes, grand-croix de la Légion d'honneur; Joseph-Marie, comte Portalis, pair de France, premier président de la cour de cassation , grand officier de la Légion d'honneur; Hugues-Beinard Maret, duc de Bassano , pair de France, grand-croix de la Légion d'honneur ; Maurice-Etienne , comte Gérard , membre de la Chambre des Députés, maréchal de France, grand-croix de la Légion d'honneur ; Alphonse-Marie-Marcelin-Thomas Bérenger , membre de la Chambre des Députés ; André-Marie-Jean-Jacques Dupin, membre de la Chambre des Députés, procureur général du Roi près la cour de cassation; et Jules-Paul- Benjamin Delessert , membre de la Chambre des Députés.

588 PIKGES JUSTIFICATIVES.

Après avoir pns les ordres du Roi , avons fait aux hautes parties contractantes les demandes ci-après :

\0i Très-haut , très-puissant et très-excellent prince Léopold I**", Roi des Belges, duc de Saxe, prince de Cobourg-Gotha , déclarez-vous prendre en mariage très-haute et très-puissante princesse Louise-Marie-Thérèse-Caroline-Isabelle , princesse d'Orléans , ici présente ? lit à ce , ledit très-haut , très-puissant et très-excellent prince a répondu : Oui , Monsieur.

Très-haute et très-puissante princesse Louise-Marie-Thérèse-Caroline-Isabelle , princesse d'Orléans , déclarez- vous prendre en mariage très-haut , très-puissant et très-excellent prince Léopold V^ Roi des Belges , duc de Saxe, prince de Cobourg-Gotha , ici présent ? Et à ce , ladite très-haute et très-puissante princesse a répondu : Oui , Monsieur.

Sur quoi nous avons dit :

Par ordre du Roi , et au nom dé la loi , nous déclarons que très-haut , très-puissant et très-excellent prince Léopold , premier du nom , Roi des Belges , duc de Saxe , prince de Cobourg-Gotha , et que très-haute et très-puissante princesse Louise-Marie-Thérèse-Caroline-Isabelle, princesse d'Orléans, sont unis en mariage.

De tout quoi nous avons rédigé le présent acte; et ont signé avec nous 9 après lecture faite ,

LoUIS-PHILtPPE ,

Marie- Amélie ,

Léopold ,

Louise d'ORLÉANs ,

Ferdinand-Philippe d'ORLÉANS , Louis-Charles d'ORLÉANs , François-Ferdinand d'OaLÉANs , Henri-Eugène-Philippe d'OBLÉANs , Antoine-Marie-Philippe d'ORLÉANs , Clémentine d'ORLÉANS, E. Adélaïde d'ORLÉANs , comte d'ARscHOT, comte Félix de Mérode , le duc de Choiseul , Barré'

PifîCKS JUSTIFICATIVES. 589

Mabbois, le comte Po&talis, le duc de Bassaiïo, le maréchal comte Gérard, Marcelin Bérenger, Dupin aîné, B. Delessert , H. Ses ASTI ANi , Barthe , comte Lehon , le baron Pasquier , £. Cauchy.

Pour copie conforme ,

T^ garde des registres de la Chambre des Paû's ,

£. Caught.

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