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LE DERNIER DEMI-SIÈCLE
Quatre années plus tard, la Muette s’ouvrait dans des circonstances assez remarquables :
A la suite du vote de la loi qui prononçait la rupture du lien séculaire rattachant l’Eglise à l’État, les Évêques de France durent tenir des réunions générales, pour examiner les conséquences de cette mesure et de la cynique spoliation qui l’accompagnait. Les deux premières assemblées avaient été tenues à l’archevêché de Paris, mais, peu après, le gouvernement estima que la République serait en péril, si l’on permettait que le vénérable octogénaire, successeur de Saint Denis, finît ses jours dans la demeure qu’il occupait depuis trente-deux ans*.
Le Cardinal Richard, âgé de quatre-vingt-sept ans, fut expulsé de sa demeure, le 17 décembre 1906. Il ne possédait aucun local, dans lequel il pût offrir l’hospitalité à ses frères de l’Épiscopat. Il accepta donc l’offre que lui faisait M. de Franqueville, de réunir la troisième assemblée de l’Église de France, au château de la Muette.
La séance d’ouverture eut lieu, le lundi 15 janvier 1907. Après s’être rendu à la chapelle, pour y réciter le Veni Creator, les cardinaux, archevêques et évêques se réunirent dans la grande salle et commencèrent leurs travaux. Chaque jour, les prélats tenaient deux séances plénières, outre les réunions de commissions. En fait, de neuf heures du matin à six heures du soir, le travail était à peu près continuel, sauf pendant l’intervalle consacré au déjeuner, suivi d’une courte promenade dans le parc, fort heureuse-
1. Le Cardinal Richard demeurait à l’archevêché depuis 1875, époque où il devint coadjuteur du cardinal Guibert. Il est mort, le 28 janvier 1908, treize mois après son expulsion.