partie du revenu (du prieur te dans une
rent tuelle qui fut créée sur le sic 1 [eu] de la Noue,
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lui faite par le Meu: . prieur, de deux [
En 1701, il fit une banqueroute frauduleuse de près de deux millions. Dans la nuit du i5 février de
fut cernée par des exempts et des archers, qui en brisèrent les port nétrèren.1 arec des armes et des flambeaux
tèrent sa femme, en recourant aux violences, tandis que luimême s'enfuyait par les toits. Deux de ses enfants moururent de saisissement, à la suite de cette scène. Réfugié d'abord au Palais-Royal, puis au Temple, il fut arrêté dans ce dernier asile, le 20 octobre.
Le lieutenant civil Le Camus écrivait à ce sujet au contrôleur général Chamillart : « Je crois, monsieur, que vous sa\ez que la Noue a été arrêté hier dans le Temple ; je l'ai interrog convient d'avoir 1,100,000 livres de bien, il en offre 400,000 à ses créanciers. La question est entre Passerat et lui de savoir qui a trompé son associé; Passerat prétend que la Noue, en faisant renouveler ses billets, a gardé les anciens, qui étaient payables au porteur, et qu'il veut faire revivre sous des sonnes interposées qui s'en disent les créanciers. Cette différence est de 4 ou 5oo,ooo livres. Le procès sera promptement instruit; mais Ion a pris une manière qui le retardera aussi bien que tous les autres, au moyen d'un conflit que l'on fait naître en règlement de juges, entre le Châtelet et la Cour des aides .
Le procès du partisan fut long et retentissant, à cause du nombre de ses complices (3) et de ses relations multiples avec
(1) Arch. nat. MM 826, f» 1 16 et s.
(2) Histoire du diocèse de Paris, tome IV*, p. 99.
(3) Voici la liste des personnes inculpées dans cette affaire: Jean-Baptiste hr
de la Noue; Marguerite Ragot, sa femme; Denis Ragot, prêtre, chevecier de la Sainte-Chapelle; Claude Varoquier, prêtre, officier de la Sainte-Chapelle; Claude Ragot-Dulac ; Jacques Passerat. intéressé dans les affaires du roi : Fran-
les administrations de finance et les compagnies de traitants. Voici une lettre du 21 août 1703, par laquelle Le Camus lait connaître au contrôleur générai l'issue des débats qui s'agitèrent devant le Châtelet :
« Je vous dois rendre compte, Monsieur, du jugement qui a été rendu aujourd'hui sur le procès de La Noue. Il a été condamne à faire amende honorable, à cause de la fausseté qu'il avait fait faire par un de ses commis, qui signait le nom de personnes imaginaires les billets que la Noue mettait sur la place pour avoir de l'argent. Il a été condamne à être au pilori, par trois jours de marché, et à neuf années de galères. Passerai a été renvoyé absous avec dommages-intérêts ; Bourvallais s'est trouvé innocent, et les titres hypothécaires de ses créances ont été jugés bons. La femme de la Noue et le chevecier de la Sainte- Chapelle, son frère, ont été condamnés aux dettes, comme complices de la banqueroute. Le nommé Gense a été mis hors de cour ; je ne vous parle point des autres ni du jugement des procès qui y étaient joints. Je crois, Monsieur, que la justice que l'on a faite ne nuira pas pour empêcher les fréquentes banqueroutes préméditées (1). »
J'ajoute le dispositif du jugement en ce qui concerne l'amende honorable : il porte que la Noue devra être « conduit par l'exécuteur de la haute justice, nu en chemise, la corde au col, ayant écriteau devant et derrière contenant ces mots : banqueroutier et complice de faussetés, et ayant en sa main une torche de cire jaune du poids de deux livres, et, étant nu-tête et agenouillé, déclarer a haute et intelligible voix qu'il a fait une banqueroute préméditée et frauduleuse, qu'il en a eu part, et profité des fausses signatures de Vormes et Bellanger mentionnées aux billets de 4,000 livres et 2,000 livres, et qu'il a abusé de la confiance que le nommé Briand , son commis, avait en lui, dont il demande pardon à Dieu, au roi et à justice.... »
Appel fut interjeté de ce jugement, que le parlement confirma le 3 avril i;o5, en ce qui concerne le principal accusé.
cois Passerat, avocat au Conseil ; Jean-Baptiste Gense, intéressé dans les affaires du roi ; Charles-Louis Dnpré, commis dans le> affaires du roi : Nicolas Fontaine, ci-devant directeur du bureau de la No le ; Pierre (îiron, dit Fribourg, la.] Paul Poisson, sieur de Bourvall l r, conseiller, secrétaire du roi. (Arch.
nat., X^a 53 ! ).
(1) Arch. nat., G7 431. Notes communiquées par M. de Boislisle.
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Piganiol de Ifl Force (l), parlant du pilori, cite ce banquero I
Comme UO des criminels fameux qui y furent Btl
a vu de nos jours, dit-il, un [ insolent et affronteur
insigne, nommé la Noue. 1 Quatrains et chansons furent
sur son aventure. Le Nouveau sicclc de Loin XIV en a donne'
un piquant récit versifié, que je reproduis pour compléter celui
qu'on vient de lire (2),
Aventure de la Noue, fameux financier mis au Pilori.
Peu de jours des fermiers les familles fleurissent: Rarement de leurs biens leurs familles jouissent. Et par mille forfaits leurs trésors amassés Par eux-mêmes souvent sont bientôt dispersés. Nous n'en savons que trop des histoires tra^iqu. Et, sans aller fouiller dans les vieilles chroniques. La Noue en fournit seul un exemple à nos yeux, Ce misérable heureux, heureux, trois fois heureux. Si. comme en sa jeunesse, humble, sage, docile, Il fût toujours resté laquais d'Armenonville, Ou, de laquais enfin menuisier devenu.
Dans ce métier honnête il se fût maintenu :
(1) Tome III, p. 121.
12) Le Nouveau siècle de Louis XIV. ou poésies-anecdotes du règne et de la cour de ce prince, avec des notes historiques et des éclaircissements Ipar C-S. Sautreau de Marsy et Fr. Noël). Paris, Buisson. 1793. 4 vol. in-8v tome IV, p. 33 1 et s.
Mais, oubliant bientôt et varlope et mandille,
L'équipage paraît, l'or en ses meubles brille,
On voit sur son buffet éclater le vermeil,
Et le plus riche duc n'en a pas de pareil.
Non content qu'à Paris un palais magnifique
Attire du passant la maligne critique,
Pour rendre ses désirs pleinement satisfaits,
Il veut à la campagne un semblable palais.
Il en cherche partout, aucun ne peut lui plaire.
Quand un des Saunions, chanté par La Bruyère,
Vint offrir au faquin une maison, dit-on,
Que Le Clerc, si connu dans le Catholicon (i).
Fit bâtir autrefois, lorsque la sainte ligue,
Et d'hommes et de biens si follement prodigue,
Fit, l'on ne sait comment, d'un petit procureur,
De la triste Bastille un digne gouverneur.
Dès le marché conclu, le comte de Sagonne (2)
Met son art en pratique, abat, élève, ordonne,
Et fait tant, par ses soins, qu'en six mois Taverny (3)
Obscurcit Liancourt, Sceaux, Dampierre et Berny (4).
Son luxe, pour meubler la campagne et la ville,
Epuise de Guymont le magasin fragile.
Ce ne sont que miroirs, ce ne sont que trumeaux :
Ses cabinets sont pleins des plus rares tableaux
Qu'aient produits jusqu'ici la France et l'Italie ;
Aux ducs, aux grands seigneurs pardonnable folie !
Il a, pour contenter sa sotte vanité,
Appartement d'hiver, appartement d'été.
Son épouse, autrefois crasseuse cuisinière,
fi) Lcclerc, nommé dans le Catholicon, n'a aucun rapport avec les Le Clerc de Lesseville, que La Bruyère paraît avoir visés dans le portrait des Saunions. [Œuvres, édit. G. Servois, t. I, p. 280 et s.) —Voir à ce sujet les Historiettes Je Tallemant des Réaux, t. I, p. 496, et la Fin de l'ancien régime à Saint-Prix, p. 12.
(2) Jules Hardouin, dit Mansard, le célèbre architecte, fut fait comte de Sagonne en 1699.
(3) Lisez Saint-Leu-Taverny.
(4) Ces châteaux étaient, dans l'ordre où l'auteur les énumère, le séjour du duc de la Rochefoucauld, du duc du Maine, du duc de Luynes et du cardinal de Fur;-tenberg, comme abbé de Saint-Germain-dcs-Prés.
Sur elle.
Du peuple f •tuent I
Le faquin, oubliant sa première n Poui r invente des appi
I il des flatteurs une troupe île, Qu'il abreuve a longs traits d'un nectar délectai El le vin de Champagne, ■ flots précipit
De son riche buffet coule de tOUS - '
Parmi les doux plaisir ■. le lu molle se,
II sent naître en son cœur i'amour et la I De l'aimable Loyson éperdûment épris m.
Pour en pouvoir jouir, n'en lixe point le prix. L'or aisément à bout pousse les plus cruelles : Avant Danae même, on a vu peu de belles Tenir contre un métal si doux et si charmant. Enfin, pour faire court, à son nouvel amant La belle, dès longtemps au métier aguerrie. Re'siste quelques jours et fait la renchérît
Mais, pour vingt mille e'eus payes vite comptant. Elle le rend heureux, satisfait et content. Sa table, en peu de temps, ses plaisirs, ses maîtresses Auraient pu du Potose épuiser les riches- Mais ces vils partisans sont féconds en moyens De refaire aisément leur fortune et leurs biens: Du crédule public leur adresse se joue. Un bruit sourd se répand à Paris que la Noue Prend de l'argent de tous, et prend au denier six Ce que l'hôtel Séguier (2) ne prend qu'au denier dix :
in II y avait deux sœurs du nom de Loyson, célèbres par leur beauté eî leurs aventures galantes. Regnard, le poète comique, adressa de jolis couplets à la cadette, sous le nom de Tontine.
(2) C'était l'hôtel des Fermes générales.
Des avares leurrés la foule est à la porte ;
On y vient de tous lieux, on s'y presse, on s'y porte ;
Et, pour avoir l'honneur d'être son créancier,
Cet indigne voleur veut se foire prier.
Dans l'art de friponner notre homme peu novice,
En prenant votre argent, dit qu'il vous rend service;
Qu'à tout autre qu'à vous il le refuserait ;
Et, peu de jours après, il fuit, il disparaît.
Tout Paris, alarmé de la triste nouvelle,
Ne saurait croire encore à sa fuite criminelle (sic).
Mais il l'apprend enfin ; le peuple frémissant
Implore de Thémis le secours languissant.
On le suit, il est pris; la justice, avec peine,
L'envoie au pilori, le condamne à la chaîne.
Le croira qui voudra, que le public volé
Par un si bel arrêt se trouve consolé.