SCÈNE XXII
LE BARON , Mad. DERBOIS , LAURE.
MAD. DERBOIS.
Mon Dieu ! quel bruit ! Ah ! c'est vous , baron ?
LAURE
Bonjour , mon père.
LE BARON. I
Bonjour , bonjour , mon enfant.
Vous voyez que nous sommes exactes.
LE BARON
Et je vous en remercie ; mais dites-moi donc un peu , puisque vous êtes arrivées avant moi 5 quel est ce drôle qui s'enivre ici avec mon vin ?
LAURE
C'est le domestique de votre neveu.
LE BARON
Bon ! Belcour est donc arrivé ? ,
LAURE
Oui , mon père.
le baron , bas à madame Derbois, Eh bien î l'effet de l'entrevue ?
MAD. DERBOIS.
N'a pas été un instant douteux,
LAURE
Je n'aurais pas mieux choisi.
LE BARON
Ah ! ah î
Il est d'un enjouement !
LAURE
D'une folie!....
LE BARON
Que me parlez-vous d'enjouement, de folie! C'est le jeune homme du monde le plus réfléchi , le plus sage.
MAD. DERBOIS.
Lui!
LE BARON
Un vrai Caton. Je lui en ai même souvent fait le reproche.
MAD. DERBOIS.
Il paraît qu'il y a été sensible, car vous ne le reconnaîtrez pas.
LE BARON
Et d'une indolence , d'une lenteur....
LAURE
Dites donc d'une vivacité , d'une pétulance !
le baron , riant.
Belcour ! Si une chose m'étonne , c'est qu'il soit déjà ici. C'est la première fois qu'il ne se fait pas attendre.
MAD. DERBOIS.
Eh bien ! ce n'est plus le même homme.
LE BARON
Tant mieux ; je vais lui en faire mon compliment. Où est-il ?