‹ Le château de PauChapitre 35 sur 42 · DEUXIÈME ÉTAGE (MÊME DISPOSITION DES PIÈCES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ÉTAGE (MÊME DISPOSITION DES PIÈCES

Antichambre.

Tentures ; suite des Maisons royales :

Château de Monceau (chasse au sanglier).

2" Château de Vincenues (chasse au cerf).

3“ Château de Madrid (chasse au cerf).

Salon et chambre à coucher.

Dans ces deux pièces se trouvent les tapisseriesde Flandre, les plus anciennes et les plus intéressantes au point de vue de l’aiT, que possède le château. Ces tapisseries de haute lice rehaussées d’or, représentent la vie de saint Jean-Baptiste ; on suppose même, d’après un inventaire conservé dans les archives du département, qu’elles ont pu appartenir à Henri IV, et qu’elles proviennent d’un de ses châteaux.

Dans le salon on voit :

1“ Le baptême de saint Jean.

2" La prédication de saint Jean.

3“ Saint Jean béni par Notre-Seiyneur.

Dans la chambre à coucher ;

1° Ilérodiade demandant la tête de saint .Jean.

2» L'exposition de la tête de saint Jean sur un char.

3" La tète de saint Jean sur un plat.

La hauteur de panneau de ces tapisseries est de 0''’,80 environ. Elles sont entourées d’une bordure délicate de feuillages. 11 est regrettable que ces tapisseries, dignes par leur travail et leur ancienneté d’être placées dans un musée, soient reléguées dans les appartements du nord du château. Il en résulte qu’elles sont à peine connues, et l’on peut craindre que, par suite de l’exposition de ces bâtiments au nord, les couleurs, déjà très éteintes, ne viennent à disparaître complètement.

DOCUMENTS ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

DATES DE QUELQUES ÉVÉNEMENTS IMPORTANTS QUI SE SONT PASSÉS AU CHATEAU DE PAU

Parmi les événements qui se sont passés an château, nous ne citerons par ordre de date que les principaux :

En 1588, en présence des évêques de Morlaas, d’Oloron et des barons de Béarn et de Foix, Gaston VII de Foix y renouvelle les fors et coutumes établis par ses aïeux.

Gaston X, après avoir fixé sa résidence à Pau, reçoit saint Louis et sa cour au château, en 1463. C’est également à Pau qu’il reçoit, en 1479, l’ambassade qui lui apportait la couronne de Navarre.

Jean d’Albret, après son mariage avec Catherine de Navarre, prête serment aux États de Béarn (1491) ; le 6 mars, trois mois après sa naissance, Henri IV est baptisé dans la chapelle dont on ne peut aujourd’hui indiquer la place avec certitude.

Sous Charles IX (1569), Terride, à la tête des catholiques, s’empare de la ville et du château de Pau. Montgommery l’attaque et le force de se retirer àOrthez, où il est vaincu et fait prisonnier avec les seigneurs de Garderest, d’Aydie, de Sainte-Colombe, de Goas, de Sift, d’Abidos, de Candau, de Salies, de Pardies et de Favas.

Terride est échangé contre un frère de Montgommery ; les autres seigneurs sont conduits et enfermés au château de Pau, et, malgré la parole donnée, ils sont égorgés sur l’ordre de Jeanne d’Alhret. Ce massacre eut lieu le 54 août, un an avant la Saint-Barthélemy qui devait ensanglanter Paris et jeter dans le deuil la France entière.

Catherine de Navarre, sœur de Henri IV, fut proclamée régente en 1577; en 1599, elle quittait Pau, sur les instances de son frère qui la rappelait près de lui, ne voulant pas consentir à son mariage avec le comte de Soissons. Elle épousa le prince Henri, duc de Lorraine, en 1599.

En 1650. le 19 octobre, Louis XHI prononça, dans la grande salle du château, la réunion du Béarn à la France; il avait attendu à Arzacq que les préparatifs pour le recevoir fussent terminés. Il ne resta que cinq jours; il partit, après avoir dépouillé le château d’une partie de ses richesses qu’il donna aux églises et aux couvents.

M"'® de Maintenon logea au château lors du voyage qu’elle fit aux Pyrénées avec le duc du Maine dont elle était la gouvernante.

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Nous avons dit, plus haut, comment, vers la fin du règne de Louis XV, les habitants de Pau ayant ardemment désiré avoir en leur ville une statue de Henri IV, on leur envoya celle de Louis XIV, et nous avons reproduit l’inscription, en patois béarnais, qu’ils firent graver sur le piédestal.

Cette statue fut détruite sous la première Révolution. Lorsqu’on 1843, une nouvelle statue, mais cette fois de Henri IV, fut inaugurée sur la place Royale, le duc deMontpensier, qui assistait à cette inauguration, donna au château des fêtes brillantes dont les habitants conservèrent longtemps le souvenir.

En 1848, Lamartine obtint du gouvernement provisoire de faire transporter Ahd-el- Kader au château de Pau. L’émir vint l’habiter au mois d’avril avec sa famille et sa suite qui ne comptait pas moins de quatre-vingt-sept personnes. Ses femmes étaient au nombre de sept, dont trois légitimes. Sept enfants, son oncle et trois de ses frères, partageaient son exil. Sa suite, qui comptait trente-deux ménages, fut logée dans les appartements du deuxième étage. Fidèles à leurs- coutumes, ces Arabes continuaient, comme s’ils étaient sous latente, à préparer leurs aliments au milieu des chambres. Comme il pouvait résulter, de ces procédés culinaires très primitifs, de grands dommages pour les appartements, restaurés et décorés récemment des belles tapisseries tirées du Garde-meuble, le séjour de l’émir à Pau fut abrégé, et, en novembre 1848, il était transféré à Amboise où il resta jusqu’en 1852.

L’empereur Napoléon III vint plusieurs fois visiter les travaux de restauration.

Enfin, en 1868, lorsque la reine Isabelle fut forcée de quitter l’Espagne, fuyant la révolution, elle fit un court séjour au château de Pau avec le roi Ferdinand, le prince héritier (aujourd’hui Alphonse XII) et une faible suite.

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