‹ Le château de Saint-Germain-en-LayeChapitre 4 sur 13 · n ...capellam materia et artificio venustiorem · texte numérisé non relu

n ...capellam materia et artificio venustiorem

qui existe, dans les dispositions intérieures, entre le collatéral droit de l'église abbatiale de Saint-Denis et l'oratoire de Saint-Germain. On trouve en effet dans les deux édifices divers éléments qui caractérisent le style champenois-bourguignon' et notamment le passage traversant les piliers auxquels s'adossent les faisceaux de colonnes qui reçoivent les ner^'ures de la voûte, cbemin de ronde que Villard de Honnecourt appelait « allée » et qui était placé au bas des fcnestragcs.

L'encorbellement que forme ce passage sur le nu du mur de soubassement est soulagé h Saint-Germain comme & Saint-Denis par des colonnettes placées sur un stilobate à usage de banc, colonnettes dont les délicats chapiteaux portent des arcatures trilobées et ajourées.

Or nous savons aujourd'hui que Pierre de Montereau, que la tradition désigne comme l'auteur de la Sainte-Chapelle du Palais & Paris, fut certainement le maître d'œuvre et ^^^^ orhant une clef de voûte l'architecte de l'abbatiale de de la chapelle Saint-Denis pour les travaux

entrepris sous le règne de Louis IX', et grâce aux encouragements de ce prince. De la comparaison de deux édifices bâtis à peu près & la même époque, offrant des détails identiques et présentant l'un et l'autre des carac- ' tëres étrangers à la région où on les élevait, peut-être pourrait-on conclure

1. Vîollet-le-Duc a remarqué [loe. eil.) que la cbapclle de Saint- Germain n'appartient pas au style de l'Ile-de-France.

2. Une pièce, découverte par M. Henri Stein dans un des cartulaircs de Saint-Denis, ne laisse aucun doute à cet égard. Cr. ■ Pierre de Montereau, architeete de l'abbatiale de Saint- Denis >, par H. Stein {Mémoires de la Société nationale de» antiquaire! de Fiance, t. LX\).

qu'ils appartiennent à un même artiste dont le roi et une abbaye jouissant du patronage royal auraient employé les talents. Cest là une hypothèse qui n'a rien d'invraisemblable, mais qu'aucun texte précis ne permet de vérifier. Les remarques déjà faites sur la sobriété des éléments décoratifs et sur Télégance de lignes de la chapelle fondée par saint Louis au château de Saint-Germain s'étendent à toutes les parties de Tédifice et notamment aux nervures de ses voûtes en croisées d'ogives qui aboutissent, comme il a été dit, à des clés portant des rosaces d'une belle exécution. Ici encore, on est amené à constater des analogies avec ce qui existe à Saint-Denis. A cette abbatiale de même qu'à Saint-Germain, des têtes qui attiennent aux rosaces se dressent entre les nervures; elles sont légèrement inclinées sur leurs bustes. Mais tandis qu'à Saint-Denis, ces têtes sont peu visibles du sol à cause de la grande hauteur de la nef, à la chapelle du château, au contraire, on les distingue parfaitement. La clé contre laquelle se butent les sept nervures de Tabside n'est ornée que d'une seule tête grande nature, le visage tourné vers le bas de la nef, le front ceint d'une couronne royale fleurdelisée, les cheveux longs, ondulés et bouclés, les traits du visage exprimant une grande bonté. L'artiste habile qui a sculpté cette figure a certainement travaillé d'après nature et nous sommes, à n'en pas douter, en présence d'un portrait. Il est peut-être permis de supposer qu'il a voulu fixer la physionomie du prince alors régnant, et si cette hypothèse était vérifiable, on aurait dans la chapelle de Saint-Germain un document très précieux pour l'iconographie de Louis IX encore jeune, puisqu'il était né le 25 avril i21S et que l'édifice dont nous parlons fut achevé aux environs de l'année 1238. A la croisée d'ogive suivante, nous rencontrons deux têtes de jeunes gens avec les cheveux ondulés et pendants sur les épaules ; elles portent des diadèmes perlés et fleuronnés tels que sont les couronnes princières ; ces figures ofl*rent comme la première tous les caractères de véritables portraits et l'on serait tenté d'y voir les représentations de deux des frères du roi, sans qu'il soit possible de les identifier avec l'un plutôt qu'avec l'autre des nombreux enfants issus du mariage de Louis VIII et de Blanche de Castille*. Quant aux quatre autres bustes engagés dans le

1. Nous ne connaissons point, en efTet, la dale exacte de la mort de plusieurs de ces princes, qui ne parvinrent pas à l'âge d'homme. Cf. le P. Anselme : Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, l. I,p. 82.

retroussis des rosaces qui ornent les clés des deux dernières croisées d'ogive, il n'y a point de raison de supposer que l'imagier ait voulu représenter des membres de la famille royale, car aucune de ces figures ne porte d'emblème indiquant une qualité princière : ce sont des œuvres sculptées d'après nature, ainsi qu'il était d'un usage courant au moyen âge. Trois sont des tètes de jeunes hommes aux longs cheveux ; la quatrième est une femme au type très délicat dont la chevelure est cachée par cette coiffe caractéristique du xui' siècle qui consistait « en une forme basse ou mortier et qui avait pour accompagnement ordinaire une bande de linon ou de mollequin qui se posait en premier lieu sur la chevelure et qui descendant le long des joues passait sous . le menton » '. Un dernier buste enfin, placé à l'extérieur de la chapelle, a été découvert en 1895 : il était englobé dans les maçonneries

du pavillon sud-ouest bâti ^^^^ oeha:.t une clbf de voùtb

par Mansart. Celte figure, de la chapelle

qui est celle d'un jeune

homme dont les cheveux sont retenus au-dessus du front par une bandeletle avait été altérée par les intempéries : on l'a reproduite et placée à l'endroit même qu'elle occupait. Elle était purement décorative et ses épaules soutenaient un encorbellement'. L'assise de pierre où elle était sculptée appar-

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