R MARQUIS
Comment, misérable, lu as eu le courage de frapper un mallieurcux enfant sans défense!
MONTALAIS
Vous aviez bien eu le courage, vous, de l'envoyer s'éteindre dans un cachot de Bicétre. J’ai été moins cruel et surtout moins imprudent que vous, monsieur le marquis ; tdt ou tard, le jeune duc, s’il eût vécu, aurait reparu pour nous inquiéter: j’accorde que nous n'eussions pas à craindre une évasion ; mais ce jeune homme aurait parlé ; on l’aurait traité de fou, n'est-ce pas? je le veux bien encore; mais à force de répéter qu'il était duc de Verneuil, ne comprenez'vous pas qu’il aurait fini par le persuader à quelque officieux protecteur, lequel eût provoqué une enquête... Est-ce là ce que vous vouliez ?... Non, c’est ce qu’à tout prix il fallait éviter, et il n’y avait pour cela qu’un seul moyen, la mort du duc.
LK MARQUIS
Ainsi, dès le moment où tu asquiiléle château, eminenaDt a\ec toi le malheureux Léon...
MONTALAIS
Dès ce moment. Léou avait été condamné, et je D'emporlai qu'un cadavre.
LE MARQUIS
Horreur! mais pourquoi, malgré mes ordres, avoir de préférence imnmlé mon pupille, pourquoi avoir épargné renfant étranger?
MONTALAIS
Parce que cet enfant... c'était le mien.
LF. MARQUIS.
Ton fils !... lui 7
MONTALAIS
Lui. vers qui le hasard m’avait guidé, lui, mon fils, que je venais de retrouver dans l'incoROU de la place Royale.
LE MARQUIS
Quoi! le duc de Verneuil, l'unique héritier d’une noble maison, l'époux que je donne à la tille du conseiller d'Orbesson, n’est que le Ül.s d'un laquais!
MONTALAIS
Hélas! oui, monsieur le marquis. Mais pour vous consoler de ce désappointement, dites-vous que le vrai duc de Verneuil aurait peut-être trouvé quelque chose à reprendre dans les comptes de son tuteur; qu’il aurait au moins approuvé a cet égard le contrôle minutieux et sévere que pourra bien exercer le conseiller d Orhesson ; tandis qu'au contraire le tiU du laquais signera tout les yeux fermés, et que dût-il ne pas le faire par considération pour vous, noble marquis, il le ferait par égard pour votre complice, qui est ^o^ père.
LK OIIATKAL DK N KIWXKI II,.
LB MARQUIS, à lui-métne.
Tout cela est vrai... mais quel abtmc , grand Dieu! quel abîme!... Ft voila doue comme une première faute |>eut conduire au plus épouvaulable des forfaits !
M05TALAIS.
Silence! on vient.
SCENK \1.
Lrs Mèmbs, LOUISE.
LOUISB *.
Monsieur le marquis, un monsieur tout en noir vient de s*adre»ser à moi pour savoir si M. le conseiller d’Orbesson était au chAteau. Sur la ré* pooseqiie je lui ai faite que monsieur le conneiller n'était pas encore arrivé, il a demandé à parler à monsieur le marquis.
LB MARQUIS, à Montalais.
Sans doute un ami, un parent de la famille d’Orbesson, invité pour la signature du contrat de mariage. (A Louise.) Priez-le de venir me trouver.
LOCISB.
Oui. monsieur le marquis.
MORTAI.AIS.
Je vous quitte; j’ai besoin de parler au duc.
LB MARQUIS, iressoillanî, à pari.
Âu duc!
H05TALAIS, ba.1,
31. d’Orbesson ne peut tarder à paraître. Sa tille peut être frappée de la ressemblance qui existe naturellement entre le jeune homme qui lui a sauvé la vie et l’époui qu'on va lui pré** senter. Il est bon de rappeler à notre soupirant de la place Royale qu’il ne doit être que le duc de Verneuii.
It aorl.
SCEiNE VU
LOUISE, LE 3IARQUIS.
LOUISE. 7 NI allait sortir et qui revient sur ses pas.
31onsieur le marquis, j’oubliais de vous dire que ce monsieur m'a adressé beaucoup de questions sur monsieur le duc.
LB HABQDig, vivement.
Des questions sur le duc... Que voulait-il savoir?
LODISB.
Il m'a demandé si je connaissais M. Léon depuis long-temps, s’il avait toujours habité lechA* teau; et puis, il m'a parlé de sa maladie .. Ce n'est pas l'embarras, il y avait à jaser sur cetar. ticle-ià... C'est tout de même drôle que cette maladie ait pu le changer tellement que parfois je ne .«arhe pas trop si c'est bien le même qu'aupar* av.’ini.
Mt'n'alau, rt Marqiii», l.oiiisf tiit fond.
! I.K MARQUIS, qui a réfléchi, et a part.
Refuser de voir cct honiine serait peut-être dangereux , (/f /.okijic.) Allez prévenir ce monsieur ; que je l'attends.