AMÉLIE, M. DAUBE
M. DAUBE, sans voir Amélie.
Buiïon, un ignorant, un radoteur!
Air Ue la Rol/c et des liolies.
D'un écolier coi>coil-<m ta œaoie?
Traiter aiast rel illustre écrivain,
Puiron, ce sohlime géuie,
Dont sMionorc l'esprit luimaia;
BufTun, ce foyer de lumière,
Qui conçut le vaste projet De peindre la nature entière,
F.t fut grand comme son sujet!
Ce M. Henri, parce qu'il a fait un peu le tour dumonde.sccroirerégal des Cook, des Bougainville, et soutenir que Buffon...
AMélLlB, paraissant.
C'est vrai qu'il en a parlé un peu lestement, et qu’il a eu tort de dire...
M. DAUBB.
Qu'en saMuT... Et depuis quand comprends-
tu quelque chose à des questions d’un ordre aussi élevé?... Après cela, quand il a été question de son père...
AMÉLIB.
11 a été un peu vif.
H. DAUBB.
Il ne l'a pas été assez; car, au bout du compte, je l’ai traité avec assez peu de ménagement... A sa place, moi, j'aurais éclaté.
AUBLIB.
Ainsi, vous trouvez qu’il a eu raison?
M. DAÜBI.
II a eu tort de ne pas se modérer en discutant avec un homme de mon Age, avec son oncle surtout... Mais le voiU parti, et je ne courrai pas I après lui. S'il a un peu d'amitié pour moi, un peu d’attachement pour toi, c’est à lui de venir me faire ses excuses.
AMÉLIE
S’il pouvait espérer qu'elles fussent bien reçues...
U. DAUBB.
Tu en doutes T
A.MÉt.lB.
Non, mon père; et la preuve, c’est que je n'bésite pas a vous montrer cetic lettre.
M. DAUBE
De lui?
AMÉLIE
Pas précisément, mais d'une personne...
M. DAUBE
De monsieur son père alors?
AMÉLIE
Oui.
M. DAUBE, prenant la lettre»
N'imporle, donne... ou plutôt...
La lui rrodaot.
Ali : Jadis et aujourd’hui.
Toi-mt'nic la Icclur**,
Car luii cli.*r unric a le dcfaul D'avoir une horrihie écriture Dont je oc puu lire un seul mot.
AMÉLir.
Mui,jo la alécliiflre sans peine.
M. DAUOG.
Je conçois, sans être liicn lin,
Que tu la lis tout irune lialcioo...
Qu.>ii(l il s'a;;it «lu ton cousin.
AMÉLIE, lisant,
« Ma chire nièce... » c'cit à mol que la leltre est adressée...
■. DACII.
Je le vois bien, puisqu'il y a ma ehêre nièce. Poursuis.
AMKLIE.
a Craignant, si j'écrivais dircctementà ton père,
» qu'il ne me renvoyât ma lettre sans la lire,
> comme cela lui est déjà arrivé. »
M. DACBB.
C'est possible, j'avais mes raisoni. Après?
AllliLIg.
. Je viens lui proposer, par ton intermédiaire,
« un moyen de conciliation...»
.^lAGASlN THEATUAL.
M. DADBB.
Its ont tous aujourd'hui une rage de conciliation l
AUKLIB.
H Qui peut mettre un terme aui discussions i> d'inu^rt^i qui nous divisent depuis trop long- > temps.-. M
M. DAUBE
A qui la faute? il est si t6tu, si obstiné!... Mais va donc!..*
AMÉLIE
« Sans chercher à me prévaloir du jugement D qui vient d’étre rendu, m
M. DACBB.
Ih ! il veut bien reconnaître que ce jugement n’a pas le sens commun, c'est heureux K. . Ma bonne amie, si tu fais une pause à chaque ligne, nous n'en huirons pas.
AMÉLIE
« Nous ferions donation, chacun par moitié, » à toi et à Henri, de la terre en litige, dans le » contrat de mariage qui unirait tes intérêts à » ceux de (on cousin. Si ton pere y consent, tout D est fini. »
H. DAUBE, se parlant.
£h mais! au fait, par ce moyen, la propriété ne serait ni à lui ni à moi ; elle serait à nos enfans, et je n'aurais pas cédé un pouce de terrain. {A Amélie.) £st-ce tout?
AMÉLIE
Oui, mon père. Que dois-je répondre?
M. DAUBE
Cela devient embarr.issaiil. Je me suis presque engagé avec M. de Châtoaurose.
AMÉLIE
Tous vous étiez engagé auparavant avec le père de Henri.
M. DAUBE
C'est vrai... Alors réponds que la proposition me parait assez raisonnable, que je me consulterai, et que je ne dis pas...
AMÉLIE
Voilà tout?
M. DAUBE
Pour le moment, oui. Va, mon enfant, va écrire (a réponse, et si raffairc ne se termine pas à ta satisfaction, ce sera la faute de ton onde et non pas la mienne.
Amélie sort.