I.R CONSEILLER
Pas le plus petit mot Le notaire a saisi on ne peut mieux nos intentions réciproques. Les intérêts de votre pupille, ceux de ma fille sont parfaitement garantis. (Souriant.) Je délierais le pro- Le Marquis, te Conseiller.
MAGASIN THEATRAL
cureur le plus habile de trouver dans cet acte I important matière au plus petit procès.
LIE MARQUIS
Je m’applaudis d’avoir conçu l’idée de resserrer par le mariage de votre tille avec Léon les liens de famille qui eiistent déjà entre ces deux enfans.
LS C05SSILI.RR.
ÏTeureuse idée vraiment, puisqu’elle confond leur fortune respective ; je me plais à croire qu’cux-mêines ils ne pourront aussi qu’y applaudir lorsqu'ils sc connaîtront.
LE MARQUIS, à part.
S’il savait qu’ils se connaissent déjà. Uai/f.)
Je me rends caution pour mon pupille, mon cher conseiller; son impatience est grande, je vous le jure. Vous ne sauriez vous imaginer comme il pressait mon départ pour Paris, et combien notre arrivée au château le comblera de joie; il compte les niomens.
LS CONSEILLER
Impatience bien naturelle et d'un oxrellentaugure pour l’hymen qui sc prépare... ( Avec un sérieux comique.) Nous ne ferons pas long-temps attendre notre jeune duc; le contrat est dressé, tous nos préparatifs finis; dans quelques heures nous montons en voiture avec Lucie et le notaire, et cette nuit nous serons au château de Verneuil. Mais pardon, monsieur le marquis, tout en nous entretenant de nos affaires, je n’ai pas remarqué où je vous conduisais.
le marquis, regardant autour de lui.
Nous sommes au Châtelet.
LE CONSEILLER
Oui, monsieur le marquis; j’y viens parce que, chargé de l’instruction relative a ce jeune homme qu’on a trouvé assassiné au Bourget, je ne puis m’absenter de Paris sans avoir obtenu au préalable la permission de M le premier président, et m'être fait suppléer par un autre conseiller au grand Châtelet.
LE MARQUIS
Ah ! ce jeune homme dont les gazettes se sont fort occupées, et qui n’a pas encore été reconnu? N’existe-l-il donc aucun indice qui puisse mettre la justice sur les traces d’un crime si horrible?
LE CONSEILLER
Aucun. Toutes les recherches faites jusqu’à ce jour ont été infructueuses. J’espère cependant pénétrer ce mystère d'iniquité, grâce à un prodige de l'art, dont ces mêmes gazettes ont donné les détails.
LE MARQUIS
En effet, j’ai lu que ses traits avaient été conservés d une manière presque miraculeuse.