I.R CONSEILLER
Est-il possible 1
M m ® VERDIER, à part.
A Paris !
LÉON, à part.
Tout est perdu I
LUCIE
D’abord j’ai cru que je m’abusais; mais, pressé par mes questions, il m’a avoué, en me montrant la bague que je lui avais donnée lorsqu’il avait refusé vos dons généreux, que c’était bien lui qui portait alors le nom d'Adrien, et que plus tard il me dévoilerait les motifs du mystère dont il s’était enveloppé.
M“* VERDIER, A part.
Adrien, a-t-elle dit!
LUCIE, à Léon.
Pardonnez-moi, monsieur, si je ne tiens pas la promesse que je vous avais faite; mais dans la position où nous nous trouvons l'un et l'autre, je serais indigne de la tendresse de mon père, si j’avais pour lui le moindre secret.
LE CONSEILLER, A Léon.
Eh bien, monsieur, le moment n’est-il pas venu de vous expliquer? Qu'avez-vous à répondre?
LÉON
Que je vais me couvrir de honte à vos yeux, monsieur le conseiller, et mériter voire mépris. [A purt.) Encore ce dernier sacrifice à mon père!
LE CONSEILLER
Parlez...
LÉON
Hier, monsieur, mais hier seulement, j'ai trompé votre fille... Celte bague ne m'appartient pas!
lucib, vivement.
Quoi ! ce n’est pas à vous-même que je l’ai remise ?
LÉON
Non , mademoiselle; le hasard seul m'en a rendu possesseur. Lorsque vous l'avez reconnue, lorsque vous m'avez pressé de questions . vous m’avez laissé entrevoir de quel prix elle était... alors j’eus la coupable pensée de m’en servir pour acquérir quelques droits à la tendresse de celle que j'allais nommer mon épouse, de celle qui déjà avait fait battre mon cœur : voilà mon crime . Reprenez donc cette bague ; maintenant je ne suis plus digne de la porter!
LUCIE
Hais alors, monsieur, expliquez-vous.
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