‹ Le chateau de Versailles (volume 2)Chapitre 33 sur 76 · LE GRAND DEGRÉ OU L'ESCALIER DES AMBASSADEURS · texte numérisé non relu

LE GRAND DEGRÉ OU L'ESCALIER DES AMBASSADEURS

(liscalier et vestibule 26, salon 59, escalier 135 et salle 136. )

Le grand escalier, chef-d'œuvre de Dorbay et de Levau, 'fui commencé en 1671 et achevé en 1680. Au temps de Louis XIV, on l'appelait généralement le grand degré ; il était aussi appelé l'escalier des Ambassadeurs, parce qu'il était particulièrement destiné aux ambassadeurs des Cours étrangères lorsqu'ils allaient en cérémonie recevoir audience du Roi.

On y arrivait par trois arcades qui servaient d'entrée à un vestibule situé au-dessous de la Petite-Galerie. Les arcades étaient ornées de grilles en fer doré, forgées par Delobel2. Le vestibule était pavé et partout revêtu des marbres les plus beaux, disposés en grands compartiments, comme à l'escalier de la Reine ; sa voûte était enrichie d'ornements et de trophées en bronze doré. On passait ensuite trois autres arcades qui conduisaient à l'escalier, dont le vaisseau avait 21 mètres sur 10. Onze marches amenaient au premier palier, au fond duquel était une niche avec une fontaine ornée de statues en bronze doré. A droite et à gauche de ce palier, il y avait deux rampes, chacune de 21 marches, pour monter aux appartements du Roi.

1 Saint-Simon, XVI, 260.

* Comptes de 1674 et 1679.

Jusqu'à cette hauteur, dit Félibien, tout l'escalier est pavé et lambrissé de différens marbres ingénieusement mis les uns dans les autres. Les marches et les paliers sont aussi de marbre.

Les appuis ont outre cela des balustres et des ornemens de bronze doré, où l'on a représenté des chiffres et des devises du Roi \ Un soubassement de même hauteur environne tout le dedans de l'escalier au niveau des grands paliers. C'est de là qu'un ordre de pilastres ioniques, dont les bases et les chapiteaux sont de bronze doré, et le reste de marbre, soutient l'entablement, où l'or paroît encore avec éclat sur les ornemens de la frise et de la corniche.

Les quatre faces du vaisseau de l'escalier, à la hauteur du premier étage, étaient décorées, d'un côté, au-dessus de la fontaine, par un buste du Roi, en marbre blanc et placé au milieu de trophées, et en face par les armes de France. On trouvait ensuite d'admirables portes en bois sculpté et doré, œuvres de Caffieri2; quatre pièces de tapisseries feintes, peintes par Van der Meulen et placées dans de riches bordures3; enfin quatre loges, où des personnages de diverses nations, aux costumes variés et éclatants, s'appuyaient sur une balustrade couverte de tapis à fleurs d'or et semblaient regarder ce qui se passait.

Toutes les sculptures, ornements, trophées, vases, etc., avaient été exécutées par Tuby, Coyzevox, Caffieri et Lespagnandel4.

Au dessus de l'entablement, dit Félibien, s'élève le plafond de l'escalier. Il est fait en forme d'une voûte percée au milieu. L'ouverture a 35 pieds de longueur sur 12 pieds de large ar 5 ; elle est environnée de consoles et de festons dorés, et couverte de glaces de cristal; et par là l'escalier, qui jusqu'à cet endroit contient 54 pieds d'élévation 6, se trouve éclairé fort avantageusement dans toute son étendue.

Le plafond avait été peint par Lebrun. Félibien nous fait connaître la donnée générale de cette grande composition.

1 Ces balustres et leurs piédestaux étaient l'œuvre de Cucci {Comptes des Bâtiments de 1674, 1677, 1679, 1680). * Comptes de 1678.

3 Ces peintures représentaient la prise de Valenciennes, de Cambrai, de Saint-Omer, et la bataille de Cassel. — Les dessins sont au Louvre. '* Comptes de 1675, 1676, 1678.

E llm,36 sur 3m,88.

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