‹ Le chateau de VersaillesChapitre 48 sur 56 · TOME PREMIER · texte numérisé non relu

TOME PREMIER

Page 244. — La cheminée de l'Qîil-de-Bœuf, chambre à coucher de Louis XIII et première chambre de Louis XIV, possède encore la plaque de fond qui s'y trouvait à l'époque de Louis XIII. Cette plaque, fort belle, représente des personnages costumés dans le goût de l'époque de Henri IV. robes à panier, collerettes en golilles, chapeaux à la Henri IV.

Page 269, ligne 6, ajouter en note. — L'oratoire de Louis XIV était au sud du salon des Bassans; sur le plan 5, il est en a; sur le plan H, c'est l'antichambre h des petits appartements de la Reine; sur le plan 14, c'est la salle o.

Page 292. — Après la mort de son mari (1765), la Dauphine de Saxe occupa l'appartement des Bains. M. G. Bapst, dans son bel ouvrage intitulé : Inventaire de Marie-Josèpke de Saxe y Dauphine de France (1883, in-4°), établit le fait d'une manière certaine, d'après une lettre inédite de la princesse Christine à son frère Xavier de Saxe, en date du 12 janvier 1766.

Page 293, ligne 13^ ajouter en note. ~ Ce long corridor était autrefois un portique à arcades; les arcades existent encore, mais bouchées par d'épaisses cloisons.

Page 303. — Le service protestant a cessé d'être célébré au château en 1882. Le 19 novembre 1882, le temple protestant de la rue Hoche a été inauguré.

Page 399. — Aux détails incroyables qui s'y lisent, sur les mendiants, il faut ajouter ceux qui suivent.

SUPPLÉMENT

Abandonné par Louis XV, le château était sans police, envahi par les mendiants et d'une épouvantable malpropreté, dont il faut lire leshonteux détails dans iaPolice des mendiants, ouvrage publié à Paris en 1764 par M. de la Morandière (in-42) avec permission de la censure et privilège du Roi.

« Le château, écrit notre auteur, le séjour du plus puissant monarque de TEurope, est le réceptacle de toutes les horreurs de rhumanité : ses bosquets, dont un tas de poliçons et de valets a fait fabriquer des fausses clefs pour y gâter tout, plutôt que pour s'y promener; le parc, les jardins, le château même, font soulever le cœur par les mauvaises odeurs. Les passages de communication, les cours des bâtiments en ailes, les corridors sont remplis d'urines et de matières fécales : il semblerait qu'on aurait abandonné le château, les jardins, les promenades et la ville à l'indiscrétion des soldats et de la plus vile populace, qui y font impunément et sans pudeur leurs ordures devant les passants. Il est certainement aussi nécessaire que décent de remédier à ces désordres : c'est le moyen de rendre au château et à la ville la propreté, la salubrité et l'agrément qu'elle n'a pas et qu'elle devrait avoir^ )>.

Au pied de l'aile sud des Ministres et au coin de la rue des Récollets, au milieu des baraques qui entouraient le château, un charcutier saignait et grillait ses porcs tous les matins\ L'avenue de Saint-Cloud était couverte d'eaux croupissantes, de chiens et de chats morts\ La place d'Armes était encombrée de pierres de taille. « La partie de cette place, en face du pavillon des Affaires étrangères*, est le lieu choisi par les mendiants et les vagabonds dont Versailles est inondé, par les ouvriers, par les palefreniers, par les soldats des Gardes françoises et suisses, pour y payer depuis quatre heures du matin jusqu'à la nuit le tribut de la nature. Les femmes des ministres ne peuvent se mettre à leurs croisées sans voir ces objets dégoiàtants et scandaleux, qui blessent la pudeur et le respect dû à leur état et à leur sexe. »

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2 Page 336.

3 Page 338.

Pavillon oriental de Faile sud des Ministres.

SUPPLÉMENT

On lit, page 346, que Ton était harcelé « par une foule de fainéants, qui mendient dans les appartements, les jardins, les cours du château, et qui exigent insolemment dans la ville »; que la sécurité faisait défaut non seulement dans la ville^ oii les vols étaient fréquents, mais dans le château même; qu'un personnage de grande distinction fut attaqué dans les passages du château et en fut quitte pour un coup de couteau qui ne perça que son habit; qu'un jeune cornette fut assassiné près de la cascade de Latone; que l'on avait mis dans le café du cardinal de Fleury des excréments^ !

La police était absolument nulle aussi dans la ville. On jetait tout par les fenêtres. Un jour on vida, d'une fenêtre du second étage du Grand-Commun, « un pot d'excréments sur la chaise à porteurs de la Dauphine, qui éclaboussa ses aumôniers et sa suite, et qui les obligea à l'abandonner pour aller changer d'habils. Les auteurs de ce délit ont été connus et impunis'. »

Cette absence de police venait lîe deux causes; l'une, le grand nombre de peisonnes chargées de la faire, Prévôté de l'Hôtel, Bailliage, Gouvernement, Bâtiments du Roi, chacun renvoyant aux autres le soin de faire le service; l'autre, la crainte des employés subalternes de se faire des ennemis, chaque délinquant trouvant toujours un protecteur pour le tirer d'affaire'.

Et cette absence de police, ces désordres, ces mendiants, ces vagabonds, ces repris de justice existent non seulement à Versailles et à Paris, mais dans toute la France; les campagnes sont à leur discrétion : et ce n'est que quand un Mandrin les rassemble et en forme une armée qu'on se décide à agir.

Page 466. — On trouve dans les Mémoires du duc de Choiseul (II, 172-173) une satire assez mordante contre Louis XV, la Reine et le Dauphin, intitulée: « Le Royaume d' Arlequinerie, ou Aidequin, prince héréditaire, devenu homme d'esprit par amour, comédie de M. de Choiseul, dans laquelle il y a des traits qui, s'ils sont entendus, pourront servir à l'histoire ». On y lit : « Savez-vous que si le Roi la voyoit (la Fanchon de son

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SUPPLÉMENT

fils), je suis persuadée qu'il la trouveroit mieux que tout ce train qu'il a là-haut. » Il n'est pas possible de désigner plus clairement ce que par euphémisme nous avons appelé l'appartement des petites maîtresses.

Le beau plafond de la chambre principale de cet appartement s'est effondré en janvier 1883, par suite du poids des plâtras dont il était couvert.

Page 478. — Notre savant ami, M. Vatel, dans son Histoire de Madame Dubarry (pages 158 et 315-16), dit que madame Dubarry a d'abord demeuré au château dans l'appartement de Madame Adélaïde, et il appuie son opinion sur les Anecdotes et sur quelques notes prises par M. Soulié dans les Registres des magasins^ notes qui lui furent communiquées par M. Soulié. M. Paul Favier* et moi avons vérifié avec soin ces curieux registres, et nous avons constaté que rien, dans lesdits registres, ne justifie l'opinion émise par M. Vatel et n'infirme ce que j'avais écrit en 1881. Madame Dubarry, le fait est absolument certain, n'a jamais demeuré, au premier étage, dans Tappartement royal de Madame Adélaïde. Elle fut d'abord logée chez Lebel, concierge du château, concierge, c'est-àdire régisseur et non pas portier'; elle y demeura jusqu'à là mort de LebeL qui fut remplacé en juillet 1769 par M. de Boucheman*, et alla occuper un des nombreux « petits appartements » de la cour des Cerfs, où les Registres des magasins^ nous la montrent établie provisoirement en attendant qu'on ait remanié, parqueté et disposé le logement des maîtresses, à fattique, où elle ne fut installée qu'après le 29 janvier 1770, car à cette date on lit dans les Registres : u Vieux plomb provenant de dessus le logement de madame de Beauvilliers où va demeurer madame Dubarry. » Or, la duchesse de

1 Conservés dans les archives du bureau de l'architecte.

2 Que je ne saurais trop remercier d'avoir bien voulu mettre, en toute circonstance, sa parfaite connaissance du château à ma disposition.

3 Les Registrès des magasins (août 1173) parlent d'une glace provenant de chez madame Dubarry dans l'aile démolie (par Gabriel); or, c'est dans cette aile que demeurait Lebel. Ce fait prouve certainement que madame Dubarry a demeuré dans cette aile, c'est-à-dire chez Lebel.

* Registres des magasins, 24 juillet 1769. 5 A la date du 12 novembre 1769.

SUPPLÉMENT

Beauvilliers, dame d'honneur de Madame Adélaïde, occupait une partie de l'appartement des maîtresses à l'attique.

Ce qui a trompé l'auteur des Anecdotes et M. Vatel, c'est que l'appartement des maîtresses était devenu en partie la bibliothèque de Madame Adélaïde et en partie l'appartement de la duchesse de Beauvilliers, et que l'on enleva à Madame Adélaïde sa bibliothèque à l'attique pour rétablir, à l'usage de madame Dubarry, l'appartement des maîtresses. Pour ne pas se tromper dans le dédale des appartements de Versailles, il faut suivre avec soin, et quand on le peut sans laisser de lacune, l'histoire de chacun d'eux et de ses habitants successifs.

Quand madame de Pompadour eut quitté l'appartement des maîtresses à l'attique pour aller demeurer au rez-dechaussée, cet appartement fut transformé; on en fit deux galeries : une grande, à l'ouest, éclairée de cinq fenêtres, et une plus petite (deux fenêtres et une en retour), dans lesquelles on plaça la belle bibliothèque de Madame Adélaïde' et son cabinet des cartes. Une partie de l'appartement fut donnée, comme nous venons de le dire^ à la duchesse de Beauvilliers.

Madame Adélaïde occupait donc deux appartements au château : l'un au premier étage, qu'elle habitait ; le second à Tattique, où étaient ses livres et ses cartes, et qui lui fut enlevé, mais celui-ci seulement, pour loger la nouvelle favorite. Mais il fallut alors, pour remettre ces galeries en appartement divisé en pièces séparées^ remanier tout l'ensemble, et c'est de cette époque que datent les désaccords dans les corniches que Ton remarque aujourd'hui dans cet appartement.

On voit sur un plan conservé dans les archives du bureau de l'architecte du château de Versailles", au nord des deux galeries, un appartement qui. bien probablement, était celui

1 La pièce où élait la bibliothèque de madame Dubarry existe encore telle qu'elle était ; c'est la partie conservée de l'ancienne bibliothèque de iMadame Adélaïde. Cette pièce est la plus orientale de l'appartement [Registres des magasins, 21 novembre 1770).

2 Plan de l'attique et galetas du corps du château de Versailles^ inventaire 1869, no 111.

SUPPLÉMENT

de la duchesse de Beauvilliers (son habitation ne pouvant être dans les galeries), et qui fut donné à madame Dubarry en même temps que les galeries de la bibliothèque de Madame Adélaïde.

Il n'y avait dans mon travail de 1881 qu'une erreur, que je m'empresse de rectifier. J'ai dit, page 482, avant-dernière ligne, que madame Dubarry occupa l'appartement des maitresses à l'attique en 1769; c'est en 1770 qu'elle est venue l'habiter. J'ignorais alors son séjour dans l'un des petits appartements de la cour des Cerfs.

Page 484; ligne 15. — Le roi montait aussi chez madame Dubarry par l'escalier de la cour des Cerfs et en traversant la bibliothèque qu'il avait à l'attique. La communication fut fermée à Tavènement de Louis XYV.

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