‹ Le chateau des loufoques; comédie burlesque en trois actesChapitre 118 sur 155 · SCÈNE lY · texte numérisé non relu

SCÈNE lY

Les Mkmes, moins LE FACTEUR.

LA. BARONNE, tombant sur un banc, déçue et attristée.

De chez l'huissier... encore!

LK DARON, avec un soupir, parcourant la lettre.

La dernière sommation avec frais... x\près ça la saisie !

LA BARONNE

Le malheur nous poursuit.

FIRMIN

Je suis vraiment désolé de voir M. le Baron et madame la Baronne si attristés.

LA BARONNE

Merci, mon bon Firmin. Ah ! comme nous t'avons mal jugé!... Nous avons eu bien des torts envers toi et envers Androgyne... nous nous sommes séparés de vous...

FIRMIN

]\rais dès que nous avons appris que monsieur et madame étaient dans la peine...

LA BARONNE

Oui... vous êtes accourus aussitôt... Jamais nous n'oublierons votre désintéressement.

LE BARON

Le jour où nous sourira la fortune, et ce jour- là n'est pas loin! nous saurons reconnaître...

Ah!... Monsieur le Baron!... ne parlons pas de ça...

LA BAIIOXKE.

Oui, parlons plutôt du déjeuner, du grand déjeuner d'aujourd'hui... Une petite fête commémorative ! Malgré toutes nos tribulations, tous nos malheurs, nous n'oublions pas les anniversaires; c'est une vieille tradition de famille.

LE BARON

Oui, mon ami. Il y a aujourd'hui vingt-cinq ans qucj'ai déposé mon bilan pour la première fois... Nous allons fêter mes faillites d'argent!

LA BARONNE, rêveuse.

La première banqueroute... Comme ce souvenir est lointain ! Ah ! c était le boa temps!... Bon petit Firmin, tu nous a promis de nous organiser un repas à la hauteur de la situation.

FIRMIN

Madame peut compter sur moi... Nous aurons d'abord Jojo, le doyen du clapier, avec quelques champignons autour.

LA BARONNE

Pauvre Jojo!... Un animal si sympathique!...

FIRMIN

Il n'en sera que meilleur! et puis, ma chasse aux pierrots va me fournir un joli plat d'allouettes en l)elle-vue, sur canapé. Avec cela une escalope et des épinards au jus... voilà un petit balthasar tout à fait présentable.

LA VOIX DE LAMONTAGNE, à Li cantonade.

Plus loin, que diable! tu sais bien que le der-

Page 1