SCÈNE XV
LAMONTAGNE, FIRMIN, ANDROGYNE, puis VIOLETTE, puis ARMANDINE.
Lamontagne entre, courbe, examinant allentivemenl le sol et semblant compter les pierres, c'est son rôle de Monle-Chrislo qu'il étudie.
LAMONTAGNE
Une... deux... trois... quatre... onze!... à la douzième pierre, les entailles mystérieuses et révélatrices disparaissent. Il ne reste plus rien. . . voyons. . .
(Regardant à droite et à gauclie.) Suis-je bien seul... (A ce moment entre Aiolette portant une botle de carottes, un paquet de tabac et une pipe. Lamontagne t'aperçoit.) Quelqu'un... Sans
doute un espion payé par le doge... (a Vioieiie.) Que viens-tu faire ici, mécréant !
VIOLETTE, naive.
J'apporte les carottes et le taljac.
LAMONTA(iNE.
Tu viens pour m'épier...
VIOLETTE, regardant les pieds de Lamontagne.
Pour VOS pieds... suis point pédicure...
LAMONTAGNE
Réponds... ou par Notre Dauie del i'ilar, ta dernière heure est arrivée.
VIOLETTE
Mais, j'vous dis... j'apporte le tabac... les carottes...
Tu en as menti par la gorge.
VIOLETTE, tremblante.
Et la pipe...
LAMONTAGNE
Si tu n'es pas un espion, crois-moi... fuis ces lieux... j'ai besoin d'être seul... Prends cet or et disparais.
Il lui présente une bourse, l'our la prendre, Violette met le paquet de tabac dans son tablier et se met la pipe à la boHclie.
VIOLETTE, la pixje aux dents.
Merci, monsieur... v'êtes bien honnête.
Enfin... je touche au but...
Violette sort par la porte du fond. Elle va se planter sur la route où elle se met à regarder Lamontagne d'un air étonné. VIOLETTE.
Que drôle de bonhomme !
LAMONTAGNE
Voici les gardiens du trésor.
VIOLETTE
Quoi qu'y veut à nos pauvres lapins ?
LAMONTAGNE, se retournant et apercevant Violette.
L'espion est toujours là I Donnons-lui le change... (11 regarde en l'air.) Le ciel est radieux ce matin! (violette regarde en l'air.) Il faut prendre Un parti... (a Violette.) Fais la prière I... (violette se met à trembler.) Et
demande pardon au souverain juge de tes trahisons et de tes méfaits.
il marche sur Violette.