ACTE PREMIER
ARM A X DINE, à part.
Il a des moments réfrigérants.
PANCRACE
Nous autres médecins, nous fixons nos honoraires d'après les signes extérieurs de la fortune. De même fixerai-je la dot que j'attends de la générosité de vos parents. J'ai vu à la livrée de vos domestiques, au luxe de votre intérieur...
ARMANDINE
Tout ce qui brille n'est pas or.
Les billets de banque ne brillent pas.
ARMANDINE
Monsieur, vous verrez mon père à ce sujet.
PANCRACE
Ne vous influencez pas: nous sommes sur le terrain des affaires.
ARMANDINE
Le terrain du sentiment me plaisait infiniment mieux.
PANCRACE
Je n'irai pas par quatre chemins pour vous dire qu'une somme de trois cent mille francs m'est absolument nécessaire pour la création de mon institutpour le développementdesautopsies en France... avec maison de santé. Reste l'hygiène. Vos parents sont-ils sains de corps et d'esprit?
ARMANDINE
Mais, sans donte... (A part.) Quel drôle d'amoureux!
Et VOUS, voyons un peu votre état général. Oh ! soyez tranquille! je ne vous ferai pas déshabiller. Voyons votre langue... Voyons... (Eiie tire la langue, u
ajuste son binocle, met les poings sur les hanches et s'approche pour
mieux voir.) Parfait ! parfait! parfait! Voyons le pouls maintenant!
Il lui làlc le pouls et tire sa moalre pour le chronométrer. LA BAllOXNE, paraissant, à part.
Charmant tableau ! Il lui tient la main ! ça marche! ça marche!
Elle disparaît.
PANCRACE. Silence. Chronomètre.
Parfait!... Excellent, le pouls!
ARMANDINE
Rendez-moi ma main, monsieur... J'en ai besoin !
PANCRACE
Pourquoi faire ?
ARMANDINE
Pour bâiller!
Bâillement, main devant la bouche.
PANCRACE
C'est l'estomac. Voyons les bronches maintenant.
L'oreille .sur la poitrine de la jeune flUe. ARMANDINE, à part.
Charmant tête-à-tête !
PANCRACE
Respirez !
ARMANDINE, à part.
Heu... Il sent la pommade!
Elle tourne la tète et respire bruyamment.