ACTE PREMIER
LA BARONNE
Il est même distingué...
AIIMANDINE, bas.
Il est très bien.
LA BARONNE, bas.
Un million... (uaut, à Armandine.) IlestLlen entendu, ma fille, que nous te laissons absolument libre dans ton choix et que nous ne voulons pas t'imposer nos volontés. (A Louis Paciot.) A^ous Comprenez, mon gendre...
Louis Paciot salue comme s'il comprenait en effet. ARMANDINE, coup d'œil à Louis Paciot.
Je le sais, chère maman ! (a part.) Il m'est très sympathique.
LE BARON, à Louis Paciot en lui présentant un siège.
Maintenant que la présentation est faite, vous voilà de la famille. Eh bien, mon cher ami, comment vont les affaires ?. . . Qu'est-ce qu'il y a de neuf sur le marché?
LOUIS PAGLOT.
Pas grand chose... Les Hongrois...
LE BARON
Les Hongrois.
LOUIS PACLOT.
Les chevaux hongrois ont le charbon. Il ne faut pas en acheter. Quant aux bretons, ils ont la morve I
LA BARONNE
Il faut les moucher. Je vous dirais, mon cher gendre;, que je m'intéresse énormément à la race chevaline depuis.quelques mois... Je suis même en train d'acheter un cheval...
Vraiment?
LA BARONNE
Oui... je l'achète petit à petit... par demi livres... Le docteur m'a recomiiiandé la viande chevaline pour mon anémie...
LOUIS PAGLOT, lianL
Alors, ce n'est pas un cheval entier ?
LE BARON, rianl um-c exagéialiou.
Ah! très hon!... Jeune liomme, vous paraissez doué d'un bon caractère et d'une santé llorissante.
La baronne a ri au>si bruyamment LOUIS PACLOT.
Je me porte comme un étalon normand, et je n'ai jamais été malade. Mais, vous mêuie, monsieur...
LE BARON
Dites mon oncle...
LOUIS PACLOT.
Mon oncle, vous paraissez d'un vert...
LE BARON
Quel âge me donnez-vous ?
LOUIS PACLOT.
Rien de^plus facile à savoir. Souriez, je vous prie. . . Montrez vos dents... écartez les lèvres... (u appuie
;i\cc l'inilcx sur la lc\rc inférieure du baron pour mieux >oir.)
C'est cela!... quarante-huit ans!
LA BARONNE, riant.
Ah ! ah I ah I extraordinaire !
LE BARON
Prodigieux! C'est que c'est cela!... Comment pouvez- vous voir...