SCENE III FIRMIN, ANDROGYNE, LE COCHER
LE COCHER, entrant par le fond introduit par Androgyne. Il a le fouet dans la main gauche et la main droite enveloppée d'un chiffon.
Bonjour la Compagnie. (ll quitte ses sabots, ll est en
chaussons et essuie ses pieds sur le tapis.) MonsieUT le baron
Durand, c'est ici ?
FIRMIN
Vous auriez pu laisser vos sabots sur le paillasson de l'escalier de service...
LE COCHER, faisant claquer son fouet dans la direction de Firmin.
De quoi ? je connais la politesse. Ce n'est pas un larbin qui m'apprendra à me tenir en société.
Il pose son pied sur un fauteuil, frotte une allumette sur le derrière de son pantalon et allume sa pipe. FIRMIN.
Gomment, vous allez fumer ici ?
LE COCHER
Oui... ça chasse la vermine...
FIRMIN, à part.
Goujat! (Haut.) Je vais voir si monsieur le baron est visible.
Il se dirige vers la porte du cabinet à gauche. LE COCHER.
C'est ça... grouille-toi.
11 s'asseoit dans le canapé.
FIRMIN, luttant avec la porte qui résiste.
Pas possible !... elle est gelée, cette porte !
11 ouvre la porte et soFt.
ANDROGYNE
Eh bien, il ne se gêne pas celui-là dites donc.
LE COCHER, regardant Androgyne en souriant.
Grénom !... la jolie fille !... non, vrai, là, vous êtes un joli picotin d'amour.
ANDROGYNE, flattée.
Vous êtes bien aimable !
LE COCHER
Faites excuse, si, en plus du compliment, je ne vous passe pas la main sous le menton, mais y a pas mèche...