ACTE DEUXIÈME
LOUIS PACLOT.
Une combinaison financière... Cinquante mille francs que je devais toucher le soir même de la noce à condition que je disparaîtrais à jamais avant même d'avoir... chiffonné le voile virginal dont tu parlais tout à l'heure...
ARMANDINE
Mais pourquoi cet argent versé? pourquoi cette obligation de partir ?
LOUIS PAGLOT.
N'approfondis pas ce nij'stére... sache seulement qu'il s'agissait d'une fortune pour toi...
ARMANDINE
Eh! que m'importe la fortune!... Ainsi tu t'es prêté à semblable subterfuge ! Pour de l'argent, tu as joué près de moi la comédie de l'amour!... Ah! fi!
LOUIS PAGLOT.
Ecoute, je ne suis pas si coupable que je peux te le paraître... Dès le premier jour, je t'ai aimée, et c'est pour cela seulement que j'ai poussé les choses aussi loin. Je voulais divorcer. J'ai même fait la demande. Mais la procédure traînait en longueur. Ton père devenait pressant. J'ai perdu la tète. J'ai laissé marcher les événements, espérant je ne sais quelle heureuse péripétie... Un accident me débarrassant de ma première femme... par ce temps d'autobus, est-ce qu'on sait...
ARMANDINE, qui pleure.
Ah!
LOUIS PACLOT.
Mais le sort ne l'a pas voulu... Aussi, chère en-
fant, pour te rendre la liberté, je vais me démasquer, crier à tous : « Faites-moi arrêter ! je suis bigame! » Adieu !
Fauase s*rti*.
ARMANDINE, dans un criv
Non!... (il s'arrête étonné.) Reste... ne t'en va pas... je t'aime...
LOUIS PAGLOT.
Mais...
ARMANDINE
Eh! que m'importe ta bigamie!... je suis... je veux rester ta femme!...
LOUIS PAGLOT.
Impossible 1
ARMANDINE
Non... écoute... ne dis rien... Accepte les cinquante milles francs de papa et, ce soir, filons tous deux à l'étranger...
LOUIS PAGLOT.
Quoi!.,, tu ferais ça?... tu me suivrais...
ARMANDINE
Partout !
LOUIS PAGLOT, la prenant dans ses bras.
Ahl je t'adore !...
ARMANDINE
Je t'aime I
LOUIS PAGLOT.
Ah! Didine!
ARMANDINE
Ahl Loulou !
Embrassades éperdues.