SCÈNE V
DILAROCHR, RAPHAËL. (Raphaël entre un bouquet à la mai n. Il cherche Diane comme on chercherait ta canne ou ion mouchoir, dune un cotri, roue un meuble.)
ml* «« car.. Vaut cherches quelque chose, monsieur le comte?
raphaei.. Oui , je cherche madame de Bustiers*. iiEi-AKucMK. Ah 1... Sens doute pour lui offrir ce bouquet?
Raphaël. Oui. (IJ fait un pat pour sortir.) dvlarochr. Deux mots, s'il vous plaît RAPHAËL. Deux mou?...
bel t Route. J'ai à vous parler.
* Delaroehe, Diane.
** Raphaël, Delaroehe.
raphael. Parles. ( Il s'asseoit sur la table. l ,r plan.)
oh aiiochu. * J’irai droit au but : vous aimez madame de Uussières.
RArilARL. Oui.
DK la HOCHE. Et VOUS Voulez l'épOUSOT ?
Raphaël. L'épouser?
drlarociie. Ah ça. monsieur, ignorez-vous que l'on n’entoure une jeune femme de «unis et d'hommages que pour en faire sa femme ou sa maîtresse?... Et vous n'avcx sans doute pas rette dernière prétention ?... {Raphaël le regarde avec étonnement.) Vous ne répoudes rien?... Alors, monsieur, je dois vous dire que voire présence ici devient compromettante cl injurieuse pour ma nièce , et je vous prie de quitter la place à l'instant!... (JtapAqêl ne bouge pas.) Vous ne m'entendes donc pa», monsieur? Je vous disque je vous somme de sortir d ici, de mon droit de parente! d'ami, moi, Robert Delaroehe!
raphael, cherchant. Delaroehe? attendes donc! delà boche. Eb bien ?...
rapihel, à lut-méme,” Oui, c'est bien ça!...
Delaroehe. je le connais ; il a été chassé de Boston et de Saint-Domingue...
delarociie, tressaillant. Que dit-il ?
raphsel. continuant. Il ne rendait pas l'argent qu'on lui prêtait, et il volait au jeu.
oai.AKM:nt. Monsieur!
hapbael, impassible. J’ai vu à Boston un Jeo de cartes qu'il avait toujours dans sa poche ; elles ri'étaient pas droites; elles étaient coupées d’un cdté : ou appelle ça... bisa... biseau... c'est ça, biseautées; ues cartes biseautées.,.
nRAARortiB. Monsieur! cet homme que vous insultes, que vous calomnies, c’est moi !
RAPHAËL. Ab I
delà boche. Et vous n» •* rendrez raison...
RAFUAKL. Raison?
delà hoche. Quelles sont vos armes?
lurHARL. Mes armes ?... j’en ai beaneoup... des fusils albanais, des kaogiars, des yatagans... mais elle* sont à Paris.
drlarocbe. J'ai chez moi des épées, monsieur. rapbaei.. J'ai aussi une épée de toréador qui est toute ébréchée.,, je l'ai achetée à Séville. Etes-vous «lié b Séville ?
delà roche. Ah çâ, monsieur...
rapbaei. Une belle ville! c'est à quatre-vingtdix lieues de Madrid sur le Guadalquivir... un beau (leuvel... A propos de fleuves, j'ai vu aussi le fleuve Jaune... Il n'est pat jaune du tout!... il e»t vert!...
nrLAROcnK , stupéfait , à pari. Vais U déraisonne |...
raphael. C'est comme la mer Rouize... Pourquoi dit-on qu elle est rouge?... elle est toute bleuet
dki.arochk. l’observant avec attention. Mais II est fou l (Haut.) Pardon, monsieur le comte, vous avez beaucoup voyagé?
RAPHAËL. Oui.
mi.arochr. Vous aimez les voyages ?
RAPHAËL. Non.
DELARfKHE. Alors pourquoi ne restez-vous pas en Kranre?
Raphaël. Je ne tais pas... c'est ma mère qui m’a emmené uuand j'avais quinze ans.
’ delà roche, a part. Je comprends !... (Haut.) Bt pourquoi êtes-vous revenu ?
RAPUARL. Je ne «U pas... Mon oncle Àrnédée d'Alby est mort, le notaire a écrit el dous sommes partis.
delà roche. De sorte que vous ailes rester en France ?
raphael. Nous nous en irons quand le procès sera Oui... mais il ne faut pas le flirr, ma mère m’a défendu... Ah ! la voici 1 ne lui dites pas que je vous ai raconté mes voyages, elle me gronderait I... Elle me gronde toujours quand je raconte mes voyages!
DKLARnr.HE, ù part. Ah! madame de Buisières, voila l’homme que vous aimes !... Allons! rien n’est encore perdu I
* Bcltrocbe, Raphaël.
*’ Raphaël, Delaroehe.