‹ Le chateau des Tilleuls drame en cinq actesChapitre 24 sur 48 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les Mêmes, M™ D'ALBY, ptmRAPIUKL.*

»*' d'alby. Vous m’avez fait demander, madame?

diane, s'oeanfonf vers elle, arec résolution. Madame, je viens a vous, la tête haute; car vous savez que je suis innocente, n'esl-ce pas?... et que j'ai été ta victime d'une odieuse trahison?

*“• d'albt. Oh! croyez bien!...

Diane. Je n'aecuse ni vous, ni votre fils... je sou qu'il n’a été qu'un instrument. ..aveugle, dans une main perfide et criminelle... lit je comprends trop l’orgueil d’une mere. pour vous reprocher l'erreur où vous m'avez laissée jusqu'ici. d'aLBT, terrifiée. Quoi!... vous savez?

tu anb, fui prenant la main. Remettez-vous, madame.

Juliette. Le malheur de votre fils ne nous inspire qu'intérétet pitié.

dianb. lit votre dévouement que de l'admira lion et du respect.

u"* d'aLBT. Oh ! vous êtes bonne et généreuse, madame!

IMane. Je suis calme et de sang-froid, voilà tout... lit je veux sauver mon honneur. (Raphaël parait à la porte de gauche et écoute tant être eu.) Madame, je vous ai mandée chez moi pour vous prirr de consentir à mon mariage avec le comte Raphaël d'Alby. (Mouvement d'étonnement de Juliette et de joie enfantine de Raphaël.)

Juliette. Que dis-tu?

u"* d'alby, arec un cri de joie. Quoi!,., voua si jeune et si belle, vous consentiriez à devenir la compagne... (Avec abattement.) Mais lion... ce mariage est impossible...

JULIETTE. Impossible!

Raphaël, te montrant.' • Pourquoi donc, ma mere ?...

M“* d'alby. Raphaël!

dianb et JULirrra. Le comte Raphaël t Raphaël. C'est si beau de se marier:.. -on va 4 l’église; la femme porte un voile et un bouquet blancs; son mari se met a genoux aupn-s d'elle, le prêtre réunit leurs mains, et alors. . uh ! alors ils ont l'air bien heureux!... Et ce n'est pas donnant, on est toujours heureux, dans les églises. . Vous souvenez-vous, ma mere, quand j’ai fait ma première communion? (A Diane.) Ah! c’était bien beau, madame! Nous étions trois cents petits enfants avec de beaux cierges dorés, noos chantions des cantiques et toutes nos mère* pleuraient en nous voyant passer... (Un temps.) Pourquoi doncideuraienl-dles? (Il remonte et va s'accouder à la fenêtre.)

JULIETTE. Pauvre jeune homme !

diane. Vous l'avez entendu, madame !

f d'albt. Mais, malheureuse enfant, vous ne savez donc pas à quelle existence v»u* vous condamnez ?

dune. Je sais que je m'impose un grand devoir. madame, ruais vous m'avez prouve qu'une femme peut le remplir.

u*» d’alby. Moi, je suis sa mère!... mais vous, pauvre enfant, vous vous la<sercx peu a peu de lui donner des soins dont il aura a peine conscience. Malgré vous, vous nourrirez *an» cesse un cvpoir inutile, qui, chaque jour dé^u, vous rendra. rhaque jour, la réalité plus pénible. Fl puis, n In longue, celte voix triste et monotone, ce sourire éternel, ce regard vague et indécis finiront par vous épouvanter I et alors vous maudirez le lien qui vous attacherait n ce malheureux. Vous voyez bien que ce mariage est iiii|ios»ih!e ! Diane. Mais vous oubliez donc qu'aux yeux de * M“» d'Albr, Diane, Juliette.

*' 31** d'Alby, Raphaël, Diane, Juliette.

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^ LE CHATEAU dIs TILLEOLS.

oui, je fuit déshonorée ? Que voulez-vous que je devienne?... Votriex-vous qu'après le scandale de celle nuit, je reste en bulle iui risée», aui mépris du monde t que j'épouse lemi*érnble qui ma perdue ? que j'aille cacher nia houle sous les mur» d'un cloître? mai» re serait m'enterrer vivante, et je »ui» jeune, madame t et j’aime la via, l'espace et la liberté! Vous voyez donc bien que ce mariage e>t mon seul refuge', que c’est pour moi l'honneur et le repos!

jULtiTTK. C’est vrai.

puis, El pui», faut-il vous l’avouer, votre fil*, je l'aimais .. Et si j'ai été frappée du» mon amour en apprenant la vérité, mon rieur :i gardé pour ce malheureux des trésors de pitié I Croyeinioi, madame, ne rcpou»»ex pas la compagne, la asur qui vient a luil..- Songe* dune, maintenant. nous serons deux pour l'aimer, pour lui faire la vie plus douce, plus facile. Nous serons deux pour partager le pend» de ce fatal secret et pour le dérober aux regards avides d un monde envieux et moqueur. El ce n est pas tout: si demain, Dieu tous rappelait à lui. que deviendrait cet infortuné, livré a de* mains mercenaire» «t brutales, lui qui n'a jamaia connu que vos sourires et vos baisera I

*“• d’almy Ah! cette horrible pensée m’a déjà coûté bien des larmes.

punk. Maintenant cette pensée vous ne Taure* plusjamni*, puisque je vousjure de consacrer ma vie au bonheur de votre enfant.

*“• d'alby, tris-émue. Diane!...

diaxi. Atal vous consentez, n'est-ce pu, ma mère ?

il”* d’alby, te jetant dans tes bras. Ma fille!.. rahiael, fut en redescendu frappant dant tes tes maint avec une Joie naître. Ah ! je Mils bien content I...

u*** d’alsy.’ Pourquoi donc, mon enfant?

rapuakl. Si tous embrassez Diane, c'est que vous voulez bien qu’elle soit ma femme. Et je l’aime bien... elle est belle... et puis elle a l'air si bon !... Quand je la regarde, (a me fait du bien la, et j'ai cnyle de pleurer. .- {A Diane.) A propos, j’ai eu bien du chagrin, tantôt ! c'est vrai... vous paraissiez si irritée contre moi !... Vous me disiez toujours de parler, je ne savais que dire, moi.. Qu'est-ce que j'avais donc fait? Je n'en aais rien ; nuis c'est égsl. je vous demande pardon, Diane. {Il te met âge nous et lut baite la nMtn.i Vous me pardonnez, n est-ce pas I

nu te- Oui, Raphaël, oui. mon frère; je vous pardonne et je vous aime, parce que vous êtes bon, et que vous m'aimez aussi, n'est-ce pas?

rapiiasl, arec bonheur. Obi oui... plus que tout !...

u** d’alry, d’un ton de reproche. Plus que moi, Raphaël?

Raphaël, arec embarras. Non... ma mère...

(Dus à Diane.) Plus que tout I itiLiKTTR. Oh ! c'est bien ce que tu as fait là!... Monsieur Delaroche...

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