SCÈNE PREMIÈRE M. DE SAINVAL, FERDINAND, DELPHINE, CASIMIR, déguisé
en domestique. H porte un earton qu'il dépose devant le parillon & gauche. M. DE SAINVAL.
Et pas un pistolet!... un pistolet de poche... Ou seulement d'arçon...
(a court à un cordon de sonnette et sonne.) DELPHINE, à Ferdinand.
Sans peur et sans reproche^ Mon féal chevaRer, donnez-moi votre main...
FERDINAND, avec tendresse.
Ce soir^ reconnaissante, oublieuse demain!...
DELPHINE
C*estune tyrannie!
Le baron DE SA FERDINAND D CASIMIR DE G Mme DELPHINL GOBLINA D'ALB
La s^c.
M. DE SÂINYAL,
Je vous l'avais bien dit : ces noires Pyrénées Sont pleines de voleurs depuis quelques années!... Mais Delphine a voulu partir avant le jour.
DELPHINE
Moi^ j'aime les brigands, mon oncle I
H. DE SAIMYAU
Tri3te amour l.< Or çà, verbalisons. Rédigepos notre plainte.
Nous sommes à f abri, je crois, de toute crainte Dans ce château; je vais, en mon nom seulement, Rédiger un rapport, c'est fait en un moment.
Écrivons. Casimir sera mon secrétaire ; Avant d'être valet, il fut clerc de notoire; il saura travailler ma requête, et, demain.
Nous verrons nos bandits pendus au grand chemin.
CASIMIB. (U s^asMit deTut la Uble.)
Voulez-vous bien dicter?
M. DE SAINVAL
Non, fais la procédure.
A ta guise, et j'appose au bas ma signature.
CASIMIR
Est-ce au con*égidor, & l'alcade?,..
M. DE SAINVAL
Je crois Que (c'est à l'alguazil qu'on parle...
CASIMIR
A tous les trois.
H. DE SAINVaL.
Bien !...
CASIMIB^ écrinnl,
a A l'autorité militaire et civile...»
M. DE SAINYAL.
Encor mieux.
CASIMIR, éerinnl.
« Résidant à la première ville.
Aujourd'hui, quinze juin mil huit -cent trente-deux, A dix heures du soir, quatre brigands hideux. Qu'on nous disait pendus depuis nombre d'années, Et qui, depuis leur mort, vivent aux Pyrénées, Une escopette en joue, un stylet à la main, Arrêtant par le bois et par le grand chemin, Dans un étroit vallon, formé par deux collines. Ont, au mépris dés lois, arrêté deux berlines Appartenant à moi, voyageur soussigné...
De ce grand attentat, justement indigné.
J'implore sur-le-champ votre haute justice; Je veux faire un procès qui partout retentisse Et serve de leçon et d'exemple aux bandits.
Soit de France ou d'Espagne, et surtout aux susdits... Ce qu'attendant, je mets entre vos mains ma cause. La présente, monsieur, n'étant pour autre chose. De votre tribunal, je suis, en finissant.
Le serviteur très-humble et très-obéissant. »
DELPHINE
Un huissier ne ferait pas mieux.
FERDINAND
Oui, c'est le style.
M. DE SAINYAL, signant U plainte.
Le style officiel... Tu vois qu'il est utile.
Ma Dièce^ d'amener toujours, en voyageant, Un domestique instruit..»
CASIMIR
Vous êtes obligeant.
M. DE SATNVAL, à Ferdinand.
Mon cousin Ferdinand, vu ce danger, je pense Que ta sœur a bien fait de demeurer en France. Ob I cette sœur n*est pas un dragon comme toi. Ma nièce, elle serait déjà morte d'effroi.
(sonnant.)
Ab çàl voilà bientôt une heure que je sonne l
FERDINAND
Sonnez toijgours...
CASIMIR
Sonnons!
DELPHINE
Ils dorment tous.. •
M. DE SAINVAU
Personne
(Emmenant Cuimir.)
Allons sonner partout.
(m. de Sainnl et Cuimir sortent par le fond.)