‹ Le chateau en EspagneChapitre 10 sur 47 · SCÈNE VIII CASIMIR, FERDINAND · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII CASIMIR, FERDINAND

FEItDINAKD, panuinnt mjiicrteuMjnHni I la porte entr'ouverU a droite, et a voix bane.

Casimir!...

CASlKIfl, â toit blase*

Ahï... c'est toi!*,, ChuU.,. l'affaire va bien!.., De ce que nous dirons eîiû ne perdra rien.

FERDINAND, utriiiL en ioéae.

Est-elle soucieuse, enfin?,..

CASIMIB.

Ton équipée, Si je ne fais erreur, Ta fort préoccupée. .

Elle est là!...

FERDINAND

Bien!... dort-elle?...

CASIMIR

Une femme, dormir En pareil cas?... Oh! non!...

FERDINAND

Écoute, Casimir...

Pousse de longs soupirs, là, devant cette table, Et fais un monologue en style lamentable.

CASIMIR

Je comprends... Que dirai-je?

FERDINAND

Eh!... du vieux, du nouveau, Tout ce qui tombera dans ton vaste cerveau.

CASIMIR, après plusieurs soupirs et a haute voix.

Il ne vient pas !... J'attends !... j'attends !... Folle jeunesse !...

Encore, s'il parait avant que le jour naisse!...

Oh!... qui pourrait me dire en quel secret recoin

Il vit?... Fort près, peut-être, et peut-être bien loin!...

(La croisée du petit pavillon s'ouvre, et Delphine parait avec précaution et écoute. Casimir, bas à Ferdinand.)

Aimes-tu mon début?...

FERDINAND

Pas trop... mais continue...

Descends dans les enfers, et perds-toi dans la nue... Vise à l'effet!...

CASIMIR 9 bu>.

Suffit!

(Haut.)

Pauvre enfant 1... jeune fou!...

En ce nioment,.peut-élre, il erre, Dieu sait oui... Lui, noble et confiant, plein de feu, mais timide, il suit, comme Renaud, quelque nouvelle Armide, Ou bien quelque Andalouse au teint bruni, qui sort De Barcelone à l'heure où tout le monde dort; Quelque fée aux doux bras, amante souveraine, Qui le ravit encor de sa voix de sirène, Se penche à son oreille et lui dit : « Viens ! allons Écouler ce que dit le torrent aux vallons; Respirer ce qu'exhale au jardin que j'arrose La fleur qui fait aimer : le jasmin ou la rose; Puis, sous l'acacia qui chante aux environs, Me3 cheveux dans les tiens, nous nous endormirons. »

FERDINAND, bu.

C'est très-bien I... va toujours; va donc!...

CASIMIR, bas.

Mon camarade, Parle à ton tour, je suis à bout de ma tirade...

FERDINAND, bas.

Pousse un grand cri de joie!...

CASIMIR, haut.

Ah ! mon cher Ferdinand !

Tu t'es donc échappé des mains du revenant?

FERDINAND

Ami, je viens du ciel; j'ai rencontré mon rêve !... Sous l'arbre du ardin Adam a vu son Eve!...

Quelle femme!... Sa voix n'est rien, c'est sa beauté Qui m'a ravi, qui m'a séduit et transporté.

L.e peintre Murillo l'inventa pour ses vierges, Pour la faire adorer entre deux rangs de cierges, Pour la couvrir de fleurs, pour la faire bénir, Dans les jours du présent et ceux de l'avenir.

(ici, Delphine m retire de la croisée et la ferme.)

Je vais m'épanouir, là-bas, dans une allée;

Il faut, à l'air des nuits, que mon âme exhalée

D'un baume souverain rafraîchisse mes sens;

11 faut que je remonte aux cieux d'où je descends.

Ohl je veux répéter qu'elle est divine et belle.

Ici, j'ai rendez-vous dans une heure avec elle!

Quand elle paraîtra, viens m'appeler, j'accours,

Pour rendre les moments moins cruels et plus courts...

Je vais penser à l'ange et rêver bous son aile;

Toi, reste aux environs, et sois ma sentinelle.

(ils soi tent.)

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