CONSEILLER A LA COUR IMPÉRIALE DE PARIS
2 volumes in-8. — Prix : 16 francs
Avec les armoiries gravée» des premiers présidents des parlements de Paris «I da Toulouse, à partir du règne de Charles VII.
L'ouvrage que nous annonçons est un des plus intéressants parmi les nombreux écrits historiques que l'année qui finit a vu paraître. Cet ouvrage, fruit de longues recherches et d'études incessantes, et qui semble répondre à un des besoins du moment, se compose de deux parties bien distinctes. La première, sous le titre à? Histoire judiciaire, après quelques mots consacrés aux temps antérieurs aux Parlements, fait connaître l'organisation de l'ancienne justice parlementaire, les usages de la magistrature et du barreau, leurs traditions et leurs coutumes, souvent plus durables que la loi; la vie des magistrats, les grandes solennités judiciaires, la vénalité des offices de judicature, les examens et la réception des candidats. Elle nous montre la justice civile avec ses garanties ; la justice criminelle et ses sévérités que la législation moderne a fait disparaître. Elle nous fait pénétrer au sein de ces assemblées générales et secrètes, dans lesquelles se préparaient ces décisions souveraines, respectées par la royauté, qui y trouvait le modèle de ses ordonnances réformatrices, et qui ont servi de base aux lois qui nous régissent.
œ Ces souvenirs, dit l'auteur dans son Introduction, ont un t charme incontestable, lorsqu'on fait ressortir leur différence « ou leur similitude avec nos usages; et quand ils reçoivent de « leur ancienneté même le piquant de la nouveauté. Ils plaisent « et ils instruisent ; ils nous font respecter le passé et nous appren- « nent que nos règles actuelles y trouvent leur origine et leur o raison d*être. L'homme peu soucieux des institutions qui se « renouvellent tous les jours, s'attache à celles qui ont subi « l'épreuve des années ; et, comme le ministre des autels, le ma- <r gistrat, dans l'exercice de son sacerdoce civil, a besoin de « s'entourer de souvenirs et de traditions. »
Dans la seconde partie, dite Y Histoire politique, l'auteur retrace les causes qui entraînèrent les magistrats, si longtemps l'appui du trône, à se poser en adversaires persévérants et systématiques de la couronne. Il rappelle les luttes de la magistrature et du clergé à l'occasion des refus de sacrements et de la bulle Uniyenitus ;ic procès et la chute des jésuites, dont il explique les causes, et dont il fait connaître un des principaux épisodes ; les résistances opiniâtres des parlements au milieu du siècle dernier, leur suppression ; le débordement de la presse parlementaire que rien ne put arrêter, pas même le rétablissement des parlements sous Louis XVI.
La révolution à laquelle le chancelier Maupeou a donné son nom est envisagée à un point de vue tout nouveau, comme réforme politique et comme réorganisation judiciaire. Cette révolution, l'une des plus graves dont l'histoire judiciaire de France fasse mention, ne peut être bien comprise qu'en étudiant les circonstances qui l'ont amenée, et ne peut être sainement appréciée qu'en la comparant avec notre organisation moderne, qui n'en est que le développement.
o Les faits que nous racontons, dit l'auteur, mettent en lua mière les services de la magistrature, son esprit durant le a xvin e siècle, son attitude en face de la royauté, et font coma prendre de quel côté vinrent les erreurs et les fautes. »
L'ouvrage se termine par le récit des malheurs de la magistrature et les scènes des plus émouvantes du tribunal révolutionnaire, devant lequel comparurent tant de magistrats, déjuges devenus accusés. Dans ces jours terribles, où la gloire et la vertu étaient un titre à l'échafaud, la magistrature s'élèva jusqu'à l'héroïsme, et le récit de ses souffrances et de son courage termine dignement un ouvrage consacré aux souvenirs de l'ancienne justice de la France
Pwii.— Imprimé chu Bonatenture et Ducenoii , 55, quai des Aoguitini.
Publications de la Librairie académique DIDIER & C c .