Ord. xx, p
ïl fut alors décidé que ces maisons seraient, à l'avenir, retenues pour l'accroissement de l'auditoire du Châtelet. Des lettres patentes à Blois, du 23 décembre 1506, attribuent le produit de toutes les amendes à la reconstruction du Cbâtclet, dont les audiences durent se tenir au Louvre. Il en résultait des inconvénients,
Tant à cause de la grande foule qui les suivait, que de la poudre déposée dans les caves de ce palais. {Archives judiciaires, vol. J. des Ord.)
Du 14 avril au 31 octobre 1202 (Paris). — Philippe Auguste donne à Pêne, son écuyer, des fenêtres sises sous le Châtelet, qui avaient appartenu à Rodrigue, son arbalétrier.
Vers 1204. — Liste de Juifs qui doivent rester au Châtelel, secundum pontem. (Catalogue des Actes de Ph. Aug. , par L. Delisle.)
Septembre 1206 (Paris). — Ph. Auguste atteste que Nicolas le Boucher, son sergent, a donné à l'église de Montmartre la voûte qu'il avait à Paris, devant le Châtelet.
Du 3 avril au 31 octobre 1211 (Melun). — Ph. Auguste cède à Eude Arrode deux maisons situées à Paris, près du Châtelet, et dont l'une avait appartenu à l'abbaye d'Hierre.
Le Châtelet s'élevait sur le terrain môme encore aujourd'hui appelé Place du Châtelet. Il existait déjà lors du siège de Paris par les Normands, en 884. Souvent modifié, presque enlièreraent reconstruit à l'intérieur en 1506, 1537, 1544, 1684, le Châtelet se composait de trois tourelles reliées par des constructions de diverses époques. Deux de ces tourelles, en pendentif d'inégale grosseur, protégeaient les deux côtés d'une voûte qui donnait
accès dans la ville. Au sommet de l'une des tourelles était une galerie entourée d'une balustrade en fer et surmontée d'un toit conique; cette galerie servait aux gaites ou gardes de nuit. La voûte supportait deux étages au milieu desquels était un cadran couronné d'un écusson aux armes de France. Une grande statue de la Vierge, tenant le Christ enveloppé dans son manteau, était sculptée sur la clef de voûte et donnait au Châtelet le caractère distinctif des autres portes de Paris. (Sauvai, Antiquités de Paris, t. p. 3i.)
Tel était au dehors l'aspect de ce monument célèbre qui, depuis le xn e siècle, devint le siège de la juridiction royale de Paris et la demeure du prévôt, institué par le roi pour veiller sur la ville; il a été complètement détruit au commencement de ce siècle (1802) *.
Un trophée y représentait des arcs, des flèches, une arquebuse (Arcusbusius in Castelleto, Par — 1480), avec cette légende :
Flamma simul, fulgor que simul, tonitruque sequuntur.
Le Châtelet retraçait ainsi la date de sa fondation, Arcis Parisiaca? origo :
Jàm propè lapsa novem redivivo Caesare saecla. Ex quo structa fui, quoad hune pervenimus annum, Quod superest vitœ Deus ordinet et regat œque.
Anno Incarnatione dccc in quo Karolus magnus imperatoret Augustus. Romse appellatus est.
I. M. Leroux de Lincy, Hugues Aubriot. (Biblioth. de l'École des Charles, 1862.)
Au-dessus de la porte de la buvette du Châtelet était ce vers :
Interpone tuis interdùm gaudia curis.
On lisait ces lignes au Châtelet sur une pierre rongée par le temps :
Anno mcccxvi mense Martis Philippus V Longus dictus hanc œdiculam seu Capellam inCastelleto extruxit ad honorem Dei et beata? Mariae et sancti Ludovici Régis et Saneti Desiderii episcopi ac martyris.
mcclxxxii. — Vacation ot deuil au parlement et au Chastelet pendant l'octave des x jors à la novele des Vespres siciliennes.
Les magistrats du Chastellet assistent au conseil teneu au Palais, en la grand'chambre, por adviser touchant la maladie de Charles VI.
Le Chastelet assiste à l'entrée solennelle à Paris, de :
Charles VII, 12 novembre 1437.
Louis XI, 31 août 1471.
Charles VIII, 5 juillet 1484.
Louis XII, 2 juillet 1498.
François I er , 23 février 1514.
Charles-Quint, 1 er janvier 1539.
Henry II, 16 juin 1549.
Charles IX, 6 mars 1571.
Louis XIV, 26 août 1660.
Et à Saint-Denys, aux funérailles de Henri IV, les 29, 30 juin, 1 er juillet 1610.
Régnante Ludovico grosso Castellum reedificatur,
Praeses erat Sugerus abbas Beati Areopagitas Dyonsii.
Li Chastellet estoyt encore en mccclvii li parlouer aux borjois qui fut par cy devant la hanse de Paris ou la maison de la marchandise de l'iaue.
Il LE CHATELET DE PARIS.
On démolit l'église de Saint-Leufroy et trois maisons pour agrandir le Chastelet. mdclxxxiv.
L'église collégiale de Saint-Germain-l'Auxerrois était la paroice du Chastellet. 1582.
Sous les murs du Châtelel se vendait le poisson, sur les pierres du roi, où étaient inscrits les noms de chaque espèce de poisson : la carpe, la raie...
Veiz ci li pierres à poissons ou jus nos murs la grant boucherie vent li poisson de mer et d'iaue doulce par congié de Philippe-Auguste, mclxxxii.
Sur le fronton de la porte de la chambre criminelle du Châtelet de Paris étaient inscrits ces vers de Santeuil :
Hic poème scelerum ultrices posuôre tribunal, Sontibus undètremor, civibus unde salus 1 .
On lisait cetlelnscription, gravée sur du marbre noir, dans la chambre criminelle du Châtelet de Paris :
Basilicam hanc capitalium causa™ m cognitioni dicatam a fundamentis excitavit Guillelmus Gelœus praefectus urbi. — Anno 1592.
Le Châtelet était donc la justice ordinaire de la ville, prévôté et vicomté de Paris 2 . La justice s'y rendait au nom
1. Cette sentence se trouve aujourd'hui au-dessus de la porte d'entrée de la chambre des appels de police correctionnelle, au palais de justice de Paris.
2. Pour preuve que le Châtelet était la cour du comte de Paris, voyez le procès entre l'abbé de Saint-Germain des Prés et Etienne de Macy (vers 1150), in curia domini régis Parisiis pertractata causa in presentia prœpositorum Guillelmi de Gornaio, Rainoldi de Bellomontis locum domini comitis tenentium (lieutenants du roi, en qualité
du prévôt de Paris, qui est d'épée; toutes les sentences de celte juridiction et tous )es actes des notaires sont intitulés en son nom. Lorsque le siège est vacant, ces actes s'intitulent au nom du procureur général du parlement, qui est garde-né de cette prévôté.
Les comtes qui rendaient autrefois la justice s'étant, dans la suite, uniquement appliqués aux fonctions militaires, laissèrent le soin de rendre la justice à des substituts ou lieutenants qui furent appelés viguiers en Languedoc et prévôts partout ailleurs.
Le comté de Paris ayant été réuni à la couronne sous Hugues Capet, on y établit un prévôt, c'est-à-dire un lieutenant préposé par le roi pour administrer la justice au nom du roi. On ne peut préciser la date de cet établissement, mais il existait dés 1060 et 1067, car deux chartes datées de ces années-là, et données en faveur de Sainl-Marlin des Champs par les rois Henri I" et Philippe I er , sont souscrites par Estienne, prévôt de Paris : Stephanus prœpositus Parisiensis.
Saint Louis et Philippe le Bel, ces deux rudes justiciers, s'appliquèrent à remédier aux abus qui se commettaient au Châtelet. (Olim, t. Il, p. 517; t. III, 1514- 1515. — Ord. de novembre 1302. — Ord. du 18 dé-
de comte de Paris). (Bouillart, Hist. de Saint-Gerrnain des Prés f Preuves, p. 39, u° 52.) Ailleurs, ou lisait cette inscription: