LA MONTRE DBS OFFICIERS
peuesy et des mêmes marques d*honneur qae les huissiers à cheval.
Ces deux compagnies ne sont point en robe ni uniforme. La plupart sont habillés en noir^ les autres de diverses couleurs.
Les 120 huissiers priseurs viennent ensuite, en robe et sur des chevaux revêtus de housses noires. Les 20 huissiers audienciers marchent après eux habillés et montés de même.
Us sont suivis de 12 commissaires au Ghâtelet, députés d'entre les 48 qui composent la compagnie, lesquels sont en robe de soie noire ; d'un député de MM. les avocats du roi, de MM. les lieutenants particuliers et dé M. le lieutenant civil, qui sont en robes rouges. Les greffiers du Ghâtelet et quelques huissiers ferment la marche.
Toute cette cavalcade va chez M. le chancelier, M. le premier président, M. le procureur général et M. le prévôt de Paris.
Le lendemain, M. le lieutenant civil mande en la Chambre du conseil les huissiers contre lesquels il.y a quelque plainte pour malversation commise en leur office, et s'ils se trouvent coupables, il les interdit et les condamne en telle autre peine que le cas le requiert.
La cérémonie de la montre est si ancienne que l'on n'en trouve point l'établissement.
Quelques officiers du Châtelet conservent cette tradition qu'autrefois le prévôt de Paris parcourait la ville, avec ses officiers, pour recevoir les plaintes da peuple contre ses officiers, que Ton n'eût pas osé poursuivre. Cette version est invraisemblable, parce que depuis Etienne Boileau (1251), le premier prévôt de Paris, tous les prévôts se tiennent chez eux pour recevoir la cavalcade.
D'autres disent que la montre n'est qu'un devoir de bienséance pure et simple.
Le XII febvrier, jor de qnaresme prenant de l*an mggxiv, où le roi Philippes Auguste fu vainquierre, à Bovines^ li prevost de Paris feict por la première fois la monstre dou Ghastellet, guidon et musique en chief ; aulcuns portoient il heaulme et haubert^ li ganteiez, li baston de commant et la main de jostice.
Il paraît singulier que les officiers du Ghâtelet^ qui sont tous gens de robe longue, à l'exception des huissiers à verge et à cheval, fassent leurs visites à cheval. Peut-être est-ce un reste du temps où Paris boueux n'était pas pavé, et les carrosses inconnus. Mais pourquoi ators des timballes, des trompettes et ces attributs militaires ? et ce nom de montre, qui servait à désigner autrefois les revues de gens de guerre convoqués pour le ban et Tarrière-ban ?
Pour trouver la véritable origine, il faut observer que toute justice est énianée du roi, et que les rois rendaient la justice eux-mêmes. L'ancien style du Châtelet, imprimé en i5âl, dit sur la fin < qu'il faut noter que le roi notre sire est prévôt de < Paris, et icelle prévôté baille en garde. > Les rois rendaient la justice au Châtelet de Paris, d'où l'existence d'un dais en la chambre de Taudience du Châtelet, qui ne se trouve dans aucune autre Cour, sauf quand le roi y tient lit de justice.
Dans la suite, l'administration de la justice fut confiée aux pairs et autres grands, tous gens d'épée, id. pour les baillis et sénéchaux qui siègent encore (xviii® siècle), l'épée au côté et le bâton de commandement à la main. Les baillis commandaient les troupes de leur ressort^ et en avaient même à leur solde particulière. Ils choisissaient des serregens, ainsi appelés non parce qu'ils arrêtaient et exécutaient la contrainte par corps, mais parce qu'ils étaient employés à faire serrer les files des bandes que commandaient les baillis et sénéchaux. Ils servaient aussi à prêter main-forte à l'administration de la justice.
En 1192, Philippe- Auguste, étant en terre sainte, établit une compagnie de sergents d'armes, pour se garder du Vieux de